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samedi, 30 juin 2007

La foi de mon charbonnier

      Georges Brassens dans une de ses œuvres intitulée « Le mécréant » chante ceci : 

« J’voudrais avoir la foi, la foi d’mon charbonnier,

   Qui est heureux comme un pape et con comme un panier ».

 

Voici en quelques mots, par le talent d’un auteur, décrite la foi dans sa compréhension la plus commune. La foi est pour les sots, les bornés qui n’en démordent pas. Le charbonnier vit un bonheur béat et illusoire ; sa foi le rend stupide. Aveugle et ancré dans ses certitudes, il refuse de réfléchir aux réalités. Ses comportements stéréotypés le rendent idiot.

 

Ce qui est frappant dans ce texte, c’est que Brassens voudrait avoir la foi, mais qu’il refuse d’être comme le charbonnier.

 

Débroussailler pour avancer…Balayer, dépoussiérer…On a tous un charbonnier en nous noir de suie, fatigué et usé, mais sous la suie et les vêtements crasseux, l’homme de foi sommeille. Il faut le réveiller.

 

J’ai toujours été frappé par la définition de la foi telle qu’on la trouve dans la bible, dans l’épître aux Hébreux, chapitre 11.

« La foi est la ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas ».

Ce qu’on espère, ce qu’on ne voit pas…Brassens aurait-il raison, la foi serait-elle pour les charbonniers ? La foi, un pari sur l’au-delà selon Pascal.

 

Un jour, mon amoureuse eut un accident de voiture avec une petite Fiat neuve. Elle est allée au fossé dans un virage, sans gravité apparente. Elle me demanda de ramener la voiture, il y avait une vingtaine de kilomètre à faire. Avez-vous déjà conduit une voiture qui roule en crabe ? La direction avait été faussée dans le choc. Une réparation était devenue indispensable pour conduire la voiture. 

Nous sommes tous en quelque sorte des accidentés de la vie. Notre compréhension de la foi est faussée et nécessite une réparation, un travail personnel qui commence comme ceci :

-          qu’est ce que la foi n’est pas ?

-          que serait la foi ?

Débroussailler n’est jamais facile, on se prend les bas de pantalon dans les ronces, des échardes entrent sous la peau ; ça fait mal. Mais supposez qu’un trésor riche en bijoux et en or soit enfoui au milieu d’un champ envahi de broussailles, d’orties, de jeunes poussent vigoureuses et épineuses, vous feriez le travail malgré sa difficulté.

Pour vous encourager à commencer ce travail si nécessaire, voici ce que dit l’apôtre Paul : la foi est un moyen, une arme qui délivre.

vendredi, 29 juin 2007

Dehors les intégristes !

Je ne souhaite pas jeter l’opprobre sur certains milieux chrétiens quelque soit leur origine. Mais puisqu’un silence convenu règne lorsqu’il s’agit d’évoquer les situations concrètes, la vraie vie ; puisqu’une omerta s’impose par la culpabilisation des soi-disant diviseurs, alors, pour réfléchir et avancer seule reste l’écriture et pour se faire entendre le blog.

Certes nous sommes tous dans une recherche sincère pour mieux vivre, et la bonne volonté des pasteurs, prêtres, gourous, et simples sans titres ni diplômes, doit pouvoir être appréciée à sa juste valeur. Nous « triturons » une matière délicate, l’être humain ; et nous sommes sur un chemin étroit. Alors oui, les échecs nous ramènent à notre modeste condition d’homme cherchant, pourvu que nous ayons l’honnêteté de reconnaître nos limites et nos insuffisances en ces domaines si complexes.

 

Le débat qui nous intéresse entre morale contraignante  et désir de liberté n’est pas nouveau. Les évolutions de la société occidentale au XXème siècle nous rappellent cette quête. Mai 68 est un symbole parlant à cet égard. Nous sortions d’une société empreinte de moralisme et d’ordre héritée du catholicisme et du républicanisme laïque. La jeunesse en cette période de prospérité retrouvée aspirait à des relations sociales plus vraies, débarrassées de toute morale apparaîssant comme une hypocrisie  à subir. Ce fut le commencement de l’éducation permissive, de l’amour libre, de la pilule en vente dans les supermarchés comme le chantait Antoine. C’est aussi à cette époque que commence à se généraliser l’union libre, après Sartre et Beauvoir, légèrement en avance sur leur temps…

 

On sait aujourd’hui que l’éducation permissive, sociologiquement, fut une erreur. On est revenu dans les années 90 à plus de rigueur, on sait qu’il faut une autorité, des repères, une règle de référence, une limite autour de laquelle s’articule l’axe séparant le bien du mal. Les évangéliques, pour une fois je prendrai leur défense, ne sont pas les seuls à être manichéens. Il faut un moment savoir que là, non, pas touche ! Stop, c’est mal ! La différence entre l’aventure sociologique et la loi de Dieu, c’est que l’une est changeante et varie avec les mœurs en fonction des époques, l’autre est immuable, c’est la loi parfaite de Dieu.

 

Ce que l’on constate sociologiquement cependant, c’est que la référence à la norme est incontournable, nécessaire et indispensable si on veut pouvoir vivre ensemble correctement. On le voit la loi est bonne, elle est un pédagogue, impossible de s’en défaire.

 

Ce n’est donc pas simplement l’individu qui est tiraillé en conscience entre morale contraignante et désir de liberté, mais c’est la société toute entière, qui, en de vastes mouvements de va et vient identifiables historiquement, soit se réfugie dans un ordre moraliste sécurisant, soit explose en une révolte libertaire. Ce jeu de yoyo entre soumission à l’ordre et révolte est permanent. Aujourd’hui, face au défi sécuritaire en France, par exemple, on aspire à un retour de l’ordre républicain : C’est le mouvement de Jean-Pierre Chevènement par exemple, porte parole de la bonne morale républicaine, nostalgique de l’école de Jules Ferry et de sa morale. Récemment  des débats sur « le retour de la blouse à l’école » ont alimenté les gazettes. On voudrait rouvrir les classes d’études le soir après l’école, les maisons de redressement. Bref, on puise dans un passé récent les bonnes recettes qui ont un jour marché…avant qu’elles ne provoquent révolte et désordre…et la boucle est bouclée, on recommence.

 

Mais de liberté, non. De réponse aux aspirations légitimes d’une vie authentique débarrassée de la morale contraignante, non !

 

La réponse à cette quadrature du cercle se trouve modestement dans l’Epître aux Romains. Elle présente cependant un ENOOOOOORME inconvénient ; elle ne peut pas être mise en œuvre par la contrainte car elle fait appel à la responsabilité individuelle, et par conséquent elle ne présente pas les garanties suffisantes d’efficacité. Le jeu de yoyo entre retour à la morale et révolte reste préférable, politiquement et sociologiquement, tant du point de vue collectif, que du point de vue individuel. La plupart des responsables d’églises eux-mêmes ne s’aventurent pas sur le chemin préconisé par Paul pour piloter leurs 50 à 100 âmes hebdomadaires. Ils préfèrent agir sur les croyants en faisant peser sur eux le lourd fardeau d'une morale contraignante; ils souscrivent volontiers à l’ordre visible plutôt qu'à la foi invisible. La démarche de foi demande en effet un engagement total, elle suppose un saut dans « l’inconnu » incompatible avec l'obligation de résultats qu'on demande à nos politiques et que certains hommes d'église veulent pouvoir comptabiliser.

Abraham marchait sans savoir où il allait…mais libéré de l’esclavage. La foi n'est pas du domaine du rationnel, ni du quantifiable. Allez donc évaluer une politique publique qui aurait la foi comme fondement...

Les évangéliques et religieux de tous bords qui seraient tentés de s'engager sur une voie politique (on voit de ces mouvements évangéliques notamment aux Etats-Unis qui souhaitent prendre le pouvoir politique), échoueraient de toute façon. On ne résout pas une question existentielle en s’inscrivant dans le temporel.

Le spectacle de l’intégrisme religieux est une plaie dont notre siècle ne sait comment se défaire. La foi est hors du temps; les églises et autres mouvances religieuses en mal de puissance et d’ordre moral, ne font qu’alimenter les désordres sociaux, politiques, et…les désordres dans les consciences.

 

L'intégrisme  religieux n'est que la suite aboutie et logique du légalisme religieux. Il rejoint les préoccupations du politique d'ordonner et sécuriser la société par la loi et la police.

Pour résumer, la fin ne justifie pas les moyens. La fin, c'est-à-dire l’éviction du mal et la paix, ne justifie pas l’utilisation de la contrainte, y compris et surtout la contrainte morale issue des religions. Le seul moyen qui nous est donné selon Dieu et dont parle Paul aux Romains et toute l’Ecriture en réalité, depuis l’annonce à Eve qu’elle sera sauvée en devenant mère, c’est à dire en donnant naissance à Jésus, (et non pas sauvée par la maternité en elle-même comme certains l’interprètent faussement), le seul moyen, c’est la foi.

 

La confusion est totale, et personne ne réagit ?

jeudi, 28 juin 2007

J'embrasse pas !

Lorsqu’un pasteur évangélique vous a amené à la foi en Jésus selon le message de la grâce, il se sent la lourde charge de vous protéger du mal, notamment pour tout ce qui concerne la sexualité, leur pire cauchemar.

J’ai connu une église qui a fait signer à ses jeunes (adolescents pour la plupart) un engagement par lequel ceux-ci s’engageaient à ne pas avoir de relations sexuelles avant d’être marié. On atteint ici le sommet de la bêtise et de l’absurdité. Après un long week-end studieux avec un « spécialiste » de ces questions, tous les jeunes ont signé le fameux papier, pleins d’enthousiasme et de sincérité dans leur désir de bien faire et de suivre le Seigneur.

 

Je n’entrerai pas dans le détail des résultats de cette louable initiative. Mais sachez, vous l’aurez deviné, que l’échec fut rapidement retentissant et manifeste pour tous.

 

L’épître aux Romains explique clairement ce qui se passe dans la conscience d’une personne placée sous la loi. La loi est bonne mais elle attise le péché, soit je me révolte, soit je me soumets, mais je ne suis pas libre !

L’expérience de ces jeunes fut terrible, à cause de l’absence de réflexion chez un certain nombre de responsables d’églises d’obédience évangélique (on trouve cependant les mêmes types de « solutions » par rapport à la crainte du péché dans les églises catholiques, notamment d’obédience intégriste, et les mêmes échecs…normal, les mêmes causes produisant les mêmes effets).

Ces églises, en plaçant les jeunes sous la loi d’un interdit imposé par la douce pression du gavage moraliste à connotation religieuse, échouent systématiquement dans le but qu’elles se sont fixées. L’intention est bonne, certes, tout comme la loi, mais le péché fait son œuvre.

 

On trouve les comportements suivants quand un(e) jeune est placée sous une loi d’interdit sexuel :

 

-          soit il (elle) se révolte contre l’interdit et finit par coucher, bien qu’il (elle) soit conscient(e) de mal faire,

-          soit il (elle) vit reclus(e) dans un cocon en souffrant silencieusement, là au moins l’honneur est sauf.

 

Dans les deux cas, la loi fait son œuvre et la conscience s’accuse ou se défend : pas de liberté.

 

Certains chrétiens sont tout heureux de faire baptiser leurs enfants vers 12, 13 ans, l’âge de la majorité « spirituelle ». Ils reconnaissent ainsi la capacité pour leurs enfants de vivre en conscience, de choisir de suivre Jésus ; on sort effectivement de l'enfance vers 12 ans. Mais tout en leur reconnaissant ce droit, ils leur refusent le libre exercice de la marche par la foi en dressant devant eux des barrières d’interdits, ou en aménageant des tonnes de protections capitonnées.

 

On peut cependant constater d’expérience, qu’il n’y a pas de solution dans une voie moraliste, à défaut de le constater par la réflexion et l’étude de la signification du message de la grâce et de ses aboutissements concrets.

La seule manière de résoudre cette question de la victoire sur le péché, et donc de la liberté, c’est ce que dit Paul dans son épître aux Romains : il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Pourquoi Paul, après avoir décrit la grâce en Jésus de toutes les manières possibles dans les onze premiers chapitres de l’épitre aux Romains, refermerait-il le couvercle en enfermant les croyants sous la loi et les commandements à compter du chapitre 12 ? Ce serait un non sens…Ce n’est manifestement pas ce qu’il a voulu faire, mais c’est ainsi que le comprennent un certain nombre de pasteurs évangéliques, pour le malheur de leurs jeunes et de leurs églises.

 

Alors comment faire pour éviter le péché à mes enfants et à mes paroissiens ?

 

Faut-il que les pasteurs se chargent du lourd fardeau de la responsabilité d’éviter aux autres de pécher ? S’il en est ainsi, on comprend leur attitude de chien de garde dans l’église.

Faut-il énoncer chaque dimanche les règles et recommandations à suivre ? On connaît d’avance le résultat.

 

Le but et le rôle de l’Eglise, c’est :

-          découvrir ou redécouvrir ce que signifient les paroles de Paul : je vis dans la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi ;

-          apprendre ensemble ce que signifie CONCRETEMENT vivre par la foi, en étant délivré de la loi,

-          guider et accompagner les croyants dans la marche vers la liberté, jusqu’à la compréhension adulte des choses de Dieu.

lundi, 25 juin 2007

Tu ne pas !

Le légalisme évangélique est un poison mortel. Ce légalisme se manifeste notamment dans tout ce qui tourne autour du sexe. Les interdits dans ce domaine sont aussi puissants et nombreux que les commérages feutrés entre les bancs d’église à ce sujet. Sur ce point, l’église évangélique est en accord parfait avec le catholicisme, ainsi que me l’a dit fièrement récemment un pasteur fondamentaliste. Vous voyez, sur certains sujets comme l’unité peut se faire rapidement et sans condition ! Le sexe, ferment d’unité…On devrait commencer par là dans les réunions au sommet concernant l’unité des chrétiens, nul doute que tout ce monde qui s’ennuie autour de la table y trouverait un regain d’intérêt.

 

La loi de Dieu restera toujours la loi morale universelle et parfaite. Elle se dresse devant notre conscience :

-          tu ne commettras pas d’adultère,

-          tu ne forniqueras pas,

-          tu n’auras pas de relation sexuelle avant le mariage,

-          tu n’auras pas commerce avec la pornographie ni avec la prostitution,

-          tu ne violeras pas,

-          tu ne seras pas pédophile,

-          tu ne pratiqueras pas la zoophilie,

-          tu n’utiliseras pas de préservatif,

-          tu n’avorteras pas.

 

Concernant la masturbation, on ne sait pas trop ; tu ne te masturberas pas. L’homosexualité, n’en parlons pas.

Jésus ajoute que les pensées de convoitise sont assimilables devant Dieu à la consommation du péché. Le degré d’exigence de pureté est donc quasi inatteignable dans l’absolu.

Bien, il ne faut pas cependant relativiser et se jeter à corps perdu dans toute pratique déviante au motif que pour Dieu, convoiter et consommer c’est pareil. Certes le cœur est mauvais par-dessus tout, mais il y a tout de même une différence du point de vue de notre temporalité, entre la tromperie consommée et le regard.

 

Le législateur prend des mesures pour protéger les femmes, les enfants et les mineurs contre tous les abus qu’il convient de dénoncer aux autorités. Mon propos ne se situe pas sur ce terrain.

Laissons les administrateurs de nos cités faire leur travail, assurer la sécurité et punir les délinquants. C’est indispensable.

 

Que viennent faire les églises dans ce maquis ?

S’il est un domaine où elles se sentent à l’aise pour édicter des lois, juger et condamner, c’est bien celui du sexe ! Et que disent en chœur les Eglises ? Tu ne pas, tu ne pas, tu ne pas.

Et que font les Adam et Eve ? Je, je, je, je, je.

 

On constate des frontières difficiles à identifier entre ce qui relève de la loi de Dieu, de celle des Eglises et de celle des hommes.

 

Par exemple en France, l’adultère n’est plus puni par le code pénal. Par contre l’homophobie est un délit pénal. De même, l’usage du préservatif, condamné par l’Eglise catholique, n’est pas tabou dans le monde protestant en tant que méthode contraceptive. L’avortement est légalisé mais prohibé massivement par les églises, la masturbation décomplexée par la psychologie.

 

S’ajoute à la loi de Dieu la loi des commérages, des jugements, des doigts pointés sur les contrevenants, et dans ce domaine, le commérage n’est pas le seul fait des chrétiens bien-pensants.

 

Nul doute que devant autant d’interdits, il ne nous reste plus que les deux solutions classiques que nous avons identifiées : la soumission ou la révolte, avec tous les degrés qui accompagnent ces attitudes ;

-          la sexualité refoulée, cachée, contenue, culpabilisée pour les gens influencés par la religion, ou travaillés par leur conscience ; ceux qui ont honte, ou qui veulent bien faire, ceux qui essaient de faire taire leurs pulsions, leurs envies, qui ne veulent pas pécher,

-          la sexualité débridée, affichée, revendiquée, exposée.

 

Je sais bien naturellement qu’entre ces deux attitudes, il y a la sexualité saine, bien vécue. Mais le chemin est étroit…Comme Jésus, modestement et selon mes moyens, je ne m’adresse pas ici aux biens portants.

 

Que la sexualité soit refoulée ou débridée, la loi de Dieu se dresse devant la conscience. Pas de liberté pour celui qui agit en étant sous la loi, car soit il essaie de s’y conformer et échoue fatalement (d’où les attitudes sommairement décrites : négation, refoulement, culpabilisation etc.), soit il agit en réaction pour tenter de se déculpabiliser et pour « vaincre » ses pulsions en les laissant agir (multiplication des aventures, rigolade sur le sujet, et parfois tous les excès malheureux qui viennent grossir les pages faits divers de nos quotidiens régionaux).

 

Alors, et l’Eglise dans tout ça ? Elle déroule son credo, sûre d’elle-même, à l’unisson : tu ne pas, tu ne pas, tu ne pas…la loi, la loi, la loi, rien que la loi. Elle n’est donc pas dans son rôle ; elle n’agit qu’en complément des pouvoirs publics pour contribuer à maintenir l’ordre, ce que la religion a toujours fait et continue de faire.

 

Messieurs les pasteurs évangéliques, je vous aime bien et vous avez raison, votre message est le même que celui du curé de mon village. Vous n’avez pas su traduire dans la réalité cette doctrine magnifique que vous affichez en grand aux frontons de vos temples : c’est par grâce que vous êtes sauvés, la loi ne sert à rien.

Comment amenez-vous les personnes à la liberté sexuelle, c'est-à-dire à l’expression parfaite de la sexualité selon Dieu, délivrés de la loi ? Tu ne pas, tu ne pas, tu ne pas… Vous n’avez aucune réponse et c’est pour cela que vous pouvez claironner fièrement : pour tout ce qui touche à la morale, nous sommes en accord avec l’église catholique. Et bien de même que j’ai quitté l’église catholique, je te dis pour ces raisons : adieu Pasteur.

 

(à suivre, j’essaierai prochainement d’apporter une solution à ces problèmes dont tant de personnes souffrent ; ceux qui lisent mon blog entrevoient certainement déjà quelle solution je préconise, modestement, pour vivre libre).

samedi, 23 juin 2007

MORT DE SOIF

J’avais 23 ans lorsque j’ai commencé à suivre les enseignements bibliques d’un responsable qui aujourd’hui se présente modestement comme formateur de « pasteurs ». Il enseigne dans un institut évangélique bien connu. Il porte donc une responsabilité évidente, qu’il assume avec d’autres de ses amis, en ce qui concerne l’état des assemblées évangéliques, l’enseignement qu’elles diffusent, leur impact sur la compréhension et la croissance des croyants dans une marche vers la liberté.

 

Là, pour le coup, concernant l’expression « marche vers la liberté », je ne suis pas certain qu’elle soit partagée. Je l’utilise car il semble que ce soit un thème fondamental lorsqu’on parle de la foi en Jésus. C’était en lisant bien les épîtres un enjeu majeur, un thème central pour les premiers dispensateurs de la foi.

 

Or, à ma connaissance, ce thème est rarement abordé. Paul pouvait écrire aux Romains : « je désire vous voir pour vous communiquer quelque don spirituel, afin que vous soyez affermis…Romains 1 : 11. Puis il tempère par respect pour ses interlocuteurs. Il reconnaît, lui le grand Paul, qu’il peut recevoir de ses amis chrétiens de l’Eglise primitive de Rome. Mais il n’est pas faussement modeste. Il sait qu’en réalité, il a beaucoup de « choses » à transmettre à l’Eglise. Qu’a-t-il pu enseigner pendant deux ans à Ephèse ?

 

Aurions-nous à dépoussiérer l’enseignement de la foi ?

Dans quel état sont les croyants dans les églises ?

Pourquoi tant de confusion et de divisions sur des sujets comme…allez, devinez !

Si toutes les personnes qui sont entrées un jour dans une église évangélique et n’y ont plus jamais mis les pieds étaient là, nous serions plusieurs millions en France. Où est le problème ?

 

Je vais donc vous citer une anecdote. Cependant, attention, il ne faut jamais généraliser. Une illustration ne reste qu’une illustration. L’exemple que je vais citer est un témoignage de ce que j’ai vécu. Il n’a qu’une valeur de témoignage ; Il suppose malgré tout qu’on réfléchisse bien à la question posée.

 

Un enfant dispose d’une excellente mémoire. On sait que les premières années de la vie sont déterminantes. L’entourage, les expériences, l’éducation, en somme, nous modèlent, et nous influencent. Il faut donc porter une grande attention aux jeunes enfants.

 

De même lorsqu’une personne se tourne vers Jésus et plonge ses regards d’ange dans la Parole, les premiers enseignements sont déterminants. Ils marquent toute une vie de chrétien et génèrent une orientation dans la manière d’appréhender les choses de Dieu. Jeune croyant, comme un enfant qui aime et idéalise ses parents, les pasteurs, évangélistes, qui vous ont amenés à la foi, disposent d’un capital confiance qui leur donne une grande autorité à votre égard, une grande responsabilité également. Nous parlons des choses de Dieu, du cœur du cœur de ce qui est le cœur de la vie…N’est ce pas ?

 

Alors, quel est cet enseignement si important à apporter aux jeunes croyants ? Si important que l’apôtre Paul était prêt à braver les tempêtes de la méditerranée pour les offrir en cadeau, ces dons spirituels nécessaires pour être affermis ?

S’agissait-il d’un catalogue de commandements et d’observances à pratiquer pour être un bon chrétien ? Dans ce cas, les quelques conseils de bonne conduite qu’il donne dans ses écrits ne suffisent-ils pas ? Toutes ses épîtres finissent par des conseils que pour ma part j’ai soulignés en bleu foncé. « Que la charité soit sans hypocrisie, Ayez le mal en horreur, attachez-vous fortement au bien…Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures…etc. » Romains 12, pour citer mon épître préférée, vous l’aurez remarqué !

 

Courage, j’arrive à mon anecdote.

 

L’enseignement qu’on reçoit dans les églises évangéliques, pardon pour les inconditionnels, outre bien sûr l’œuvre de Jésus sur la croix et la doctrine de la grâce, porte essentiellement sur les commandements et les observances empreintes de bonne moralité certes, que des choses bonnes ! Après donc avoir découvert le salut par grâce et trouvé une forme de libération soudaine, ponctuelle, inespérée, joyeuse, au lieu de travailler à compléter cette libération, de la faire grandir dans tous les aspects de notre vie intime, sociale, familiale, on la considère acquise une fois pour toute, on referme le couvercle, puis, sincères et convaincus, on s’engouffre dans la pratique d’une religion qui pour résumer se réduit à la pratique du décalogue, sous la grâce j’en conviens... Or, j’y vois une contradiction, un but bien identifié, mais un moyen qui n’est pas celui de la foi. Peut-être serait-ce là l’enseignement de l’apôtre Paul concernant ce don spirituel à transmettre. Car s’il s’agit de pratiquer des commandements, QU’Y A-T-IL DE NOUVEAU ?

 

Et ton anecdote ?

 

Et bien la voici, un des premiers enseignements que j’ai reçu est le suivant : l’homme, me dit-on, est mauvais par nature. Je ne vous citerai pas la pelletée de versets qui montre que le cœur de l’homme est mauvais par-dessus tout. (Vous aussi mesdames) J’ajouterais même, vous aussi, mes chers enfants. Car c’est de cet enseignement que parle mon anecdote. Notre pasteur enseignait avec beaucoup d’autorité, dès les premières études bibliques, qu’un enfant est mauvais et qu’il ne faut pas craindre de le corriger ; mais attention, on ne frappe pas directement avec la main, car en frappant avec la main, on ressent soi-même une douleur, et ça énerve. Il faut donc corriger cette graine d’enfant mauvais par-dessus tout avec un objet. Moi, j’ai utilisé la cuillère de bois, et comme je ne l’avais pas toujours à portée de main et qu’il me semblait essentiel de redresser mes enfants, je les ai tapés directement avec la main. Non mais ?

 

Voyez-vous, la société a besoin d’ordre ! Et la religion ça sert à ça. Moi personnellement je me demande ce que la croix de Jésus vient faire dans cette affaire. Toute morale sensée sait qu’un enfant doit de temps en temps être corrigé, cadré, guidé et encouragé à prendre confiance en lui. Tout observateur sait également qu’il est plus facile de taper, et de se laisser aller à ses penchants mauvais, quitte à trouver des justifications morales à sa propre colère. J’eusse apprécié que l’enseignement de mon Pasteur si influent dans le monde évangélique commence par cet aspect des choses. Comment être libéré de ma colère ? Comment ne pas irriter mes enfants ? Comment guérir de mes propres souffrances ? Comment la doctrine de la grâce va t-elle pénétrer au coeur de moi-même pour me libérer du mal ? 

  

Si cet enseignement n'existe pas, où est l'originalité de la foi en Jésus, mis à part le fait que je sais intellectuellement et historiquement qu'il a donné sa vie pour moi. Et je m'efforce d'y croire de tout mon coeur !

Grattez-vous la tête messieurs les pasteurs évangéliques, vous êtes loin, loin, très loin de mériter la traversée en galère d’une méditerranée déchaînée pour apporter votre don spirituel aux morts de soif.

Une bonne claque pour l’insoumis.

Puisqu’un des sujets qui m’ « obsèdent », c’est le thème de la soumission, j’ai décidé de faire comme l’OM : droit au but !

Bien d’autres avant moi ont réfléchi sur ce sujet, notamment Dietrich Bonhoeffer, mort par pendaison en 1945 pour s’être opposé au nazisme. Il sera intéressant pour ceux qui ne connaissent pas son œuvre, de le découvrir.

Jésus était-il soumis ? Oui, sans aucun doute. Puisqu’il représente la réalisation parfaite de la volonté de Dieu sur terre, il a obéi en tout point à la saine doctrine paulienne inspirée, dans toute sa rigueur.

On le voit présenté au Temple, répondre à une demande de sa mère à Cana, payer l’impôt et…vivre sa « matérialité » d’homme : manger, boire, dormir, prier, pleurer, discuter, souffrir. Il était en ce sens soumis, c’est à dire ni résigné, ni révolté, mais debout.

L’exemple le plus frappant à mon sens, c’est l’attitude de Jésus devant les tribunaux qui vont le condamner à mort.  Evangile de Jean : 18 : 22 « A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna une baffe à Jésus, en disant : est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur ? ».

Combien de femmes prennent des baffes pour cause d’insoumission ?

Combien d’enfants également pour la même raison ? Ne réponds pas à ton père ! PAF ! Non, mais je sais, cette baffe était justifiée car il a mal répondu et c’est écrit dans la bible : il est bon au jeune homme de porter le joug dans sa jeunesse. Tiens, une autre, paf ! Bon, j’exagère à peine….Il est des versets bibliques que j’applique avec plus de facilité et de zèle. Par exemple Proverbes 22 : 15. Pif paf, celle-là n’est pas volée.

Je m’égare. Jésus était donc soumis, mais insoumis il prit une baffe ! Ah, si seulement l’enseignement biblique était simple ! Soyons soumis et n’en parlons plus. Vite, page 112, la recette du bon chrétien soumis.

Relisez bien les textes relatifs au jugement de Jésus, devant les autorités religieuses puis devant les autorités politiques. Puis demandez-vous si Jésus était soumis. Oui, il l’était, à n’en pas douter puisque telle est la volonté de Dieu. Et pourtant…

J’en conclus que la soumission, c’est bien autre chose que ce qu’on pense par facilité et paresse d’esprit. Mais bien entendu, replacée dans le contexte de la religion et de la puissance d’autorité que celle-ci procure au monde en quête d’ordre et aux hommes en quête de pouvoir, la soumission dans l’église, détournée de son sens, est un instrument très efficace  pour parquer et contenir les  croyants, dans l'attente du retour du Christ, n'est-ce pas ?

Où sont les originaux des peintures de l’apôtre Paul ? Où sont les copies maladroites ? Galates 3 : 1

vendredi, 22 juin 2007

Un américain à Paris

Il y a de nombreux missionnaires évangéliques américains dans le monde et notamment en France.

L’un d’eux, (il était issu de la minorité noire, exceptionnellement), m’a expliqué comment on devient missionnaire américain. Il suffit en général d’être chrétien assidu dans une église évangélique. Un jour, vous annoncez que vous ressentez un appel pressant du Seigneur pour la mission. Puis, vous vous mettez à la recherche de vos soutiens financiers, en général faciles à trouver. En effet, les dons aux églises, aux Etats-Unis sont déductibles des impôts. Les évangéliques américains, plutôt que payer des impôts, soutiennent les nombreuses et diverses missions. Ce n’est pas plus difficile que cela. Il vous suffit de passer un entretien de recrutement auprès d’un de ces nombreux organismes missionnaires, puis les dollars arrivent. Vous pouvez alors vous inscrire à l’université en France, louer une jolie résidence, rouler avec votre 4X4, et prêcher de temps en temps lorsque vos progrès en français deviennent manifestes. En général, les aspirants missionnaires ont suivi un cycle dans un institut biblique mais pas tous, il leur suffit parfois d’être « recommandé », ce qui est une pratique courante dans ce milieu.

J’ai vu des dizaines de couples américains débarquer en France avec femme, enfants et chien. J’ai habité en effet une ville de province dotée d’une école d’apprentissage du français. J’ai donc eu tout le loisir d’observer et de dresser le portrait robot du missionnaire américain type. Plus tard, ayant changé de ville, j’ai à ma grande stupéfaction retrouvé ces mêmes prototypes de missionnaires dans plusieurs églises.

Tout d’abord, on note une forte dominante du mâle dans le couple. C’est l’homme le missionnaire, lui qui a reçu l’appel. La femme soumise, chrétienne modeste, assidue et dévouée, suit son mari et l’admire. En général, elle est heureuse de s’occuper de deux bambins fraichement éclos. Le dimanche matin au culte, vous la voyez sortir pour garder les enfants. De temps en temps, elle vous dit bonjour en souriant. En général, elle est très gentille, discrète, et a bien compris son rôle : soutenir son mari dans sa mission. A la longue, après quelques années, il n’est cependant pas rare de la retrouver dépressive ; c’est ce que j’ai pu constater, mais il ne faut pas généraliser.

 

L’homme est beaucoup plus en vue. Il a une stratégie simple et efficace. En tant que missionnaire évangélique américain, il sait qu’il peut facilement être grillé si par malheur le pasteur de son église de rattachement à son arrivée en France ne lui apporte pas son soutien. Une lettre aux Etats-Unis pourrait être catastrophique et remettre gravement en cause l’appel qu’il a reçu. Il est donc très rapidement en très bons termes avec son pasteur et ne dévie pas d’un millimètre de la ligne que celui-ci trace. Jamais, je n’ai vu un missionnaire américain contredire un pasteur, ou même nuancer un propos ou une manière d’agir. Il soutient mordicus le pasteur qui le lui rend bien.

 

En général, le missionnaire américain n’a pas un projet clairement défini. Il annonce un projet personnel à son arrivée, évangéliser un pays d’Afrique francophone par exemple, puis, au fil du temps, il modifie ce projet. Lentement, au fil des mois, et devant la déchristianisation de la France, le Seigneur a modifié son appel. Désormais, il ressent un lourd fardeau pour la France. Ce cas n’est pas rare, je l’ai vérifié à plusieurs reprises. En général, et très rapidement, il trouve un accord avec un pasteur dans une église en France. Il devient l’adjoint obéissant et fidèle. S’il est patient et doté d’un certain sens stratégique, un jour, il deviendra le Pasteur d’une église. C’est son but. En effet, rapidement lui aussi est préoccupé par les contingences et nécessités matérielles : donner une éducation à ses enfants et donc stabiliser sa situation.

 

Lorsqu’il est en poste, soit comme adjoint, soit comme principal, vous verrez souvent le missionnaire évangélique américain ou sa femme prendre des photos lors des réunions de Noël, ou lors d’autres réunions qui attirent un peu de monde. Soyez certains que ces photos partent aux Etats-Unis accompagnées de lettres de nouvelles exaltantes. Regardez ce que le Seigneur fait en France avec l’argent que vous envoyez, n’est-ce pas formidable ? Le Seigneur nous bénit, soyez bénis en retour !

 

Ces gens ne travaillent pas. Ils vivent au-dessus des possibilités matérielles du français moyen grâce aux dons en dollars. Malheureusement pour eux, depuis l’euro, ils sont un peu moins avantagés. On se demande ce qu’ils font toute l’année. Pas grand-chose en réalité. Leur seule préoccupation consiste à soutenir le pasteur en place et de le suppléer. Ils préparent donc quelques messages et études bibliques et font de temps en temps des visites. Mais pas trop, il ne faut pas qu’ils donnent l’impression de prendre trop d’importance.

 

Le missionnaire américain est doté d’un puissant sentiment de supériorité. S’il est gentil avec vous, ne vous méprenez pas, vous êtes un indigène. Il vous écoutera toujours avec condescendance, vous invitera parfois à sa table, mais attention, vous serez toujours pour lui l’objet de son appel : quelqu’un qui a besoin de recevoir, qui a besoin d’être transformé et patiemment modelé. Non seulement il est porteur du message chrétien, mais en plus, il est américain, et regardez comme Dieu bénit l’Amérique !

 

(à suivre)

jeudi, 21 juin 2007

La femme de mon pasteur

Avez-vous déjà assisté à la prédication d’un pasteur concernant le rôle de la femme en notre société ? Moi oui et même souvent, c’est en effet un thème récurrent, dont raffolent certains, qui s’en délectent avec un plaisir gourmand.

En général, le Pasteur arrive cravaté, chargé d’une grosse bible bourrée de références, l’œil pétillant de malice ; il sait qu’il va délivrer LE message qui va transformer la face du monde. Il va de plus gagner des galons de persécuté car il sait qu’à contre courant de la pensée dominante, il sera critiqué pour ses propos rétrogrades. Mais qu’importe, le message de la bible est clair : « Femmes, soyez soumises ! ».

Je n’entrerai pas dans toutes les subtilités et précautions qui étayent les propos tenus en général sur ce sujet. Ce serait barbant. J’irai donc à l’essentiel, je vais faire dans la caricature, bref, je vais calomnier.

 

Comme toujours dans ces cas là, « Ames sensibles : quittez mon blog ! ».

 

Un pasteur fondamentaliste interprète la bible de manière littérale. Tout est simple et facile à comprendre. Lorsqu’on lit « Femmes, soyez soumises à vos maris…car le mari est le chef de la femme » Ephésiens 5 : 22. On entend immédiatement que Dieu a établi une hiérarchie, un ordre des choses, qui place la femme SOUS le mari. Parfois, ces propos sont accompagnés de gestes pour que tout le monde comprenne bien.

On trouve un texte dans le livre des Proverbes relatif à la femme vertueuse, dont ce verset : « elle pense à un champ et elle court demander à son mari la permission de l’acheter  elle l’acquiert ! ». Proverbes 31 : 16. Je cite ce verset car il illustre assez bien le fait que notre pensée se laisse facilement entraîner vers les bas fonds des caniveaux. Comme il est facile pour un homme de se dire : c’est moi le chef ! Avec tous les abus qui accompagnent cette pensée vertueuse. Car qui n’a pas gueulé sur sa femme ? Or, la soumission dont il est question dans la Parole de Dieu ne se rapporte pas à la hiérarchisation militaire des rapports hommes-femmes, ni d’un ordre voulu pour compenser et pallier aux défaillances. Il s’agit au contraire d’un idéal, dont la barre est placée très haut. Dans ce monde idéal, pour ne pas dire idyllique, la femme est soumise au mari comme l’Eglise est soumise au Christ, le mari aime sa femme, comme le Christ a aimé l’Eglise. Soumise, c'est-à-dire dans une relation de respect et d’amour mutuels, qui n’admet, ni même n’envisage ni la contrainte, ni l’autoritarisme.

 

Tout cela, je sais, est barbant. Que signifie « Aimer l’Eglise », « Eglise soumise au Christ » ? On n'en finirait pas de réfléchir à ces questions. On passerait la moitié de sa vie à vider les tonnes de poussière qui règnent dans nos pensées eu égard à la représentation que l’on se fait de l’Eglise telle qu’on la connaît historiquement et temporellement.

 

On imagine mal cependant une relation d’amour, puisqu’il s’agit tout de même du thème central (Dieu est amour), fondée sur des relations bilatérales infantilisantes. Peut-on imaginer une relation saine hiérarchisée, teintée d’autoritarisme pour l’un, de soumission obéissante pour l’autre. Non, mais je sais, ce n’est pas du tout ce que le pasteur a dit ! Très bien, que dit-il d’autre alors ? Personne ne sait. Car il n’en démord pas. Le mari est le chef de la femme, c’est clair n’est ce pas ?

Il peut même aller plus loin et sortir l’arme fatale : 1 Timothée 2 : 9 à 15. Que la femme se taise, ne prenne pas de l’autorité sur l’homme, car elle est coupable de s’être laissée séduire par le serpent. Qu’elle devienne mère et cela ira bien.

Ce texte est brutal, révoltant. Mettez-le dans les mains d’un fondamentaliste, il va en tirer un code, une règle qu’il va s’appliquer à enseigner et à mettre en œuvre dans son église et chez les couples qui ont le malheur de venir lui demander conseil.

Cependant, le pasteur fondamentaliste est un homme sage. Citez-lui les paroles suivantes de Jésus : « si ta main est une occasion de chute, coupe-là ! » Matthieu 5 : 30 ; il vous dira qu’il ne faut pas exagérer, un peu de bon sens, que diable ! Vous voyez ? Un relativisme sournois s’instaure dans l’église, quelle peste !

mercredi, 20 juin 2007

Le pasteur et le proxénète

Fadela AMARA devient Secrétaire d'Etat. Elle est fondatrice de "ni putes ni soumises".

J'ai écrit il y a quelques jours un billet que m'a inspiré ce -ni putes - ni soumises-.

 

Ce nom associatif en forme de slogan, de révolte m'inspire une pensée assez horrible, je l'admets. Le pasteur qui prêche le dimanche à la femme d'être soumise (à son mari), est-il à ranger dans la même catégorie que le proxénète ? 

J'aurais tendance à dire oui. Je sais que c'est choquant, mais je m'en suis expliqué.


mardi, 19 juin 2007

COMMENT ETRE LIBRE ?

De quelle liberté parlons-nous ?

Esclavage – délivrance – liberté, tels sont les enjeux de la démarche autour de la foi.

Esclavage du péché

Délivrance du péché

Liberté par rapport au péché

Comme tout paraît simple. Tellement simple qu’on peut se demander si une personne vit libre du péché sur cette terre. On peut toujours sauver les apparences ou se placer sous une loi d’interdit ou s’enfermer dans la révolte et faire n’importe quoi. Pas de liberté.

Ce constat effraie les croyants sincères ; ils lisent et relisent « le sermon sur la montagne de Jésus », les exhortations de Paul dans ses lettres : « que chacun fasse ceci, cela » ; puis ils se demandent s’ils sont sauvés. Leur doctrine lapidaire et simpliste concernant la grâce ne répond pas à la quête principale de l’Adam et Eve « cherchant de liberté ». La doctrine semble parfaite mais la réalité du vécu, du ressenti de la conscience, contredit cette connaissance théorique.

En abordant le chapitre 12 de la lettre aux Romains, on peut se demander valablement pourquoi le problème de la morale ressurgit tout à coup, après ces longs et passionnants passages relatifs à notre incapacité à satisfaire aux exigences de la loi, à la révolte que celle-ci suscite, et au message de salut par grâce annoncé : « il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ», « c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ».

Je sais bien que certains pasteurs ont la réponse, mais j’ai comme l’impression qu’ils la gardent pour eux…

La question paraît stupide, elle est pour les ignorants, pas pour ceux qui fréquentent les églises et écoutent prêcher "le Sermon sur la montagne". Aujourd'hui je parle sur le verset 1, dimanche prochain sur le verset 2, et ainsi de suite. Vous ouvrez le dictionnaire biblique et vous êtes admiratif : le pasteur le connaît par coeur ! 

« Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés… ».

L’action de Dieu, réponse adéquate pour notre psychologie en mal d’affection et de relationnel vrai, sincère, épanouissant, total, c’est la possibilité du rétablissement de la relation par un effacement gratuit des effets de la séparation d'avec Dieu : la condamnation dont on connaît les prémices par la conscience accusée, qui se défend ou se justifie. Il ne suffit d'ailleurs pas, à mon avis, face à cette mauvaise conscience, de se répéter chaque matin : mes péchés sont effacés, je suis sauvé par grâce, pour être sauvé. Où est la liberté s'il n'y a pas la délivrance ? où est la sortie de l'esclavage ?

Certaines églises charismatiques, conscientes de ce problème, cherchent des délivrances miraculeuses. Les démons sont partout pensent-elles et pour guérir,  on "chauffe" la salle, on impose les mains, l'émotion gagne l'assemblée, on voit des gens tomber évanouis, ce dont certains médias se délectent. Y a t-il délivrance, victoire sur le péché, ces manifestations sont-elles le signe visible d'une action dans les coeurs menant à la liberté ? Pourquoi pas ? Nous savons distinguer la forme du fond. Car ce qui compte c'est ce qui se passe dans le coeur. Et d'aucun ne voit visiblement lorsqu'une personne manifeste sa foi publiquement, quelle qu'en soit la forme, la situation, le moment, ce qui se passe dans son coeur.

Le non-croyant qui lira ces lignes doit comprendre que nous qui avons cru, avons expérimenté un jour ce que signifie le mot Esprit-Saint. Vous passez du temps dans le silence de la prière matinale et une pensée s'impose à vous. Vous pensez à un projet qui en apparence semble bon et une certitude vient vous saisir que non, ce projet n'est pas le vôtre. Vous priez pour rencontrer quelqu'un et vous le rencontrez... Il faut bien comprendre que Dieu est vivant. Nous ne sommes pas dans la théorisation d'un processus psychologique. Nous sommes dans une relation vivante avec un autre que nous-même. Et cette relation n'est pas dans la tempête mais dans la brise légère.

Malheureusement, il faut être très solide pour vivre cette relation. Peu y parviennent, les pièges sont nombreux et ceux qui pourraient s'encourager mutuellement à vivre dans la dépendance au Dieu invisible ne le font pas. Ils sont préoccupés à faire tourner l'église, ils sont en réalité préoccupés par les rudiments du monde, bien qu'ils s'en défendent.

 

Pendant ce temps Pasteur, le troupeau dont tu as la garde meurt. !

 La relation est le fait de la volonté de deux « partis ». Le parti de Dieu, fidèle, présent, et le parti de l’Adam et Eve, doutant, infidèle.

C’est ce doute et cette infidélité qu’il faut combattre; pas chez les autres, mais en soi-même !

La foi ne se nourrit pas d’un code de loi à respecter et à mettre en œuvre par une intelligence éclairée de la juste doctrine; la foi se nourrit d’une relation au quotidien, elle est une marche.

La foi sous la loi - si une telle expression peut avoir un sens - ne peut que procurer insatisfaction, révolte ou soumission. La foi en œuvre dans une relation avec une personne satisfait, délivre et rend victorieux.

La vie chrétienne n’est pas une théorie, une doctrine savante, c’est une relation retrouvée ou à retrouver.

« Comme ils connaissent Dieu, ils ne sont pas livrés… » Et connaître, c’est vivre avec.

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