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mercredi, 19 septembre 2007

Les prostituées vous devanceront

Jésus a dit : "...les prostituées vous devanceront dans le royaume des cieux" Matthieu 21 : 31.

J'ai souvent compris cette parole comme ceci : ce brave Jésus a compassion des prostituées. Comme elles sont underground dans la hiérarchie moraliste  et que Dieu est bon, il les placera devant dans le royaume des cieux. Humblement, nous, les dignitaires valeureux de ce monde, nous nous placerons derrière...mais par condescendance pour ces braves filles; cependant intérieurement, nous sommes ancrés dans cette certitude béate et évidente : nous valons mieux.

Si je singe un pasteur éclairé par des années d'étude du dictionnaire biblique, je vais comprendre que ce n'est pas du tout comme cela qu'il faut interpréter le texte. Il faut replacer les paroles de Jésus dans un contexte plus large et même dans le sens global du message biblique. Ca oblige à réfléchir, et moi réfléchir, je n'aime pas ça.

Et puis, on peut arriver à des conclusions absurdes : une pute sur un trottoir pourrait, si je lis bien ma bible littéralement,   (sous-entendu, en bon évangélique), une pute sur un trottoir pourrait être dans la volonté de Dieu. Ah la la, je tords le sens des écritures, pour ma propre perte, je déraille.

Bon, donc je replace le texte dans son contexte. Jésus parle de quelqu'un qui d'abord dit non, désobéit à son maître ou refuse d'entrer dans le labeur commun...puis finalement se ravise et fait le boulot. Il compare cette personne à celui qui dit oui j'y vais et qui reste planqué au lit. Lequel est entré dans l'oeuvre du Seigneur, celui qui dit oui ou celui qui dit non ? Puis il parle des voleurs et des prostituées... 

Un pasteur évangélique niais dirait immédiatement (qu'on se rassure, un pasteur niais, c'est rare, y compris dans ce milieu), oui, puisqu'elle obéit à son maître, elle a donc quitté le trottoir...logique. Donc elle peut passer devant, puisque toi tu y es alors que tu disais que tu ne le ferais pas...

Bon, tout est rentré dans l'ordre. Le bien reste le bien, le mal est identifié comme mal. On est dans le western américain : il y a les bons et il y a les méchants. Et à la fin, c'est le méchant qui meurt.

En fait Jésus a fait une faute, un lapsus peut-être. Il voulait dire : les ex-prostituées vous devanceront. Là tout s'explique. Comme elles ne sont plus prostituées, elles sont pardonnées, lavées, et donc elles peuvent entrer dans le royaume de Dieu. Oui, mais si je me souviens bien des chansons d'enfants qu'on apprend dans les écoles du dimanche : vrai, vrai, vrai ! tout ce que dit la bible est vrai, vrai, vrai !

C'est pourtant bien écrit : les prostituées vous devanceront. Bon, ne vous précipitez pas sur le trottoir pour passer devant ! un peu de sagesse que diable ! 

Mais au fait, à qui Jésus s'adresse t-il dans ce passage de la bible ? Verset 23, aux chefs religieux, c'est à dire à ceux qui sont chargés du culte, de l'ordre, de la morale, de l'enseignement, aux autorités responsables de l'organisation du système religieux qu'il faut maintenir en bon état de marche, système dans lequel les protituées n'ont pas leur place.

Mais pour Jésus, elles ont une place...non pas parce qu'elles sont prostituées et de ce fait mériteraient une attention plus particulière, mais parce que Jésus les considère à l'égal de toute autre personne : une conscience, une capacité à marcher devant Dieu en toute liberté, un coeur que Dieu voit, qui peut s'affranchir progressivement de l'esclavage des systèmes oppressifs.

En fait, le système ordonné les rejette. Il leur donne cet ordre : ne te prostitue pas, c'est la condition pour entrer dans le royaume. Ce n'est pas ce que dit Jésus. En réalité Jésus n'a rien  à faire qu'on soit prostitué ou pas, voleur ou pas. Lui, il dit : je ne te rejette pas. Si tu es prostitué(e), tu peux entrer chez moi, je t'accueille, on va même manger ensemble. Je ne te juge pas, je ne te condamne pas, je ne te demande pas d'être ceci ou cela. Il répond en cela à un besoin psychologique fondamental : être acepté, aimé. Point final et point de départ.

Ce message est incroyablement libérateur, c'est le message de la paix donnée. C'est pourquoi celui qui comprend ces choses, les assimile comme une logique de vie et commence à "organiser" ses pensées selon ce schéma, celui-là ou celle-là va pouvoir réfléchir posément, choisir en conscience, sagement, pourquoi ? parce qu'il sait qu'il a la paix avec Dieu, Adam et Eve est libre, aimé solidement, sans détour.

La conscience qui s'accuse ou se défend tour à tour, c'est fini ! Vivre dans la crainte et se justifier, c'est fini ! vivre dans le dégoût de soi et l'avilissement c'est fini !

Certains disent Dieu on s'en fout ! Qu'ils réfléchissent aux mobiles de leurs actes, à leurs craintes, à leurs esclavages et qu'ils réfléchissent aux moyens pour sortir de ces systèmes mentaux oppressifs.

Mais attention ! si vous allez dans une église évangélique (sauf celle de LionEl et d'autres encore certainement), pour avoir droit de prendre le repas (soi-disant le repas du Seigneur), il faudra montrer patte blanche; il y aura des gens religieux pour vous faire les gros yeux. Ils diront "met ta vie en ordre d'abord et prend ensuite le repas" et pour bien justifier leur attitude ils vous liront 1 corinthiens 11 (versets 23 et suivants). En conséquence, l'organisation du culte est contraire à la Parole prêchée. Il faut savoir ce qu'on veut : soit on se discrédite devant l'ordre du monde et on marche selon Dieu, avec des solutions visibles et vécues, soit on est crédible et on traîne des boulets toute sa vie.

Je ne suis pas clair ? tant pis, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois. 

 

dimanche, 09 septembre 2007

ROMAINS 2 : 14 et 15

 Ma réflexion se construit autour des versets de l'épître aux Romains chapitre 2 verset 14 et 15.
 
C'est un point de départ personnel, sachant que c'est l'ensemble de l'oeuvre biblique qu'il faut considérer pour avoir une compréhension globale.
 
Cependant, la lettre de Paul aux Romains est d'un apport exceptionnel pour comprendre les mécanismes de la conscience et le rapport à Dieu. 
 
 Romains 2 : 14 et 15
 
"Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes;
 
ils montrent que l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour."
 
En s'examinant soi-même, on peut constater qu'effectivement nos pensées, et les comportements qui en découlent, sont en permanence en situation d'accusation ou de justification.
 
C'est pourquoi j'ai écrit "un directeur de conscience pour moi tout seul" et "ni putes ni soumises".
 
J'essaierai de préciser et compléter ce point de vue. 
 
En attendant vous pouvez retrouver ces notes en cliquant sur les liens insérés. 

vendredi, 07 septembre 2007

Mode d'emploi et rolling stone

Aujourd'hui, je vais parler de moi, ça changera un peu.

Je ne sais pas pourquoi, ou du moins je ne vais pas vous dire pourquoi, mais à l'adolescence, je me suis retrouvé en grande difficulté. Manque de repères, errance sociale.

 

C'est à cet âge que, curieusement j'ai cherché le sens de la vie. La vie a t-elle un sens, un but, une explication, une finalité, un devenir ? En fait, je me suis dit "vite, le mode d'emploi...!".

Y a t-il un mode d'emploi ou bien suis-je la rolling stone ? mais on le sait, pierre qui roule n'amasse pas mousse. Et paf, un lieu commun, non un dicton de sagesse populaire, c'est selon.

La rolling stone dévale au gré de la pente, elle subit l'effet mécanique des lois physiques dont elle ignore tout, prend de la vitesse, renverse tout sur son passage et finalement s'échoue lamentablement au fond d'un ravin.

Y a t-il un mode d'emploi ? Autrement dit basiquement et un peu vite, l'éducation a t-elle une raison d'être ? est-elle nécesaire ? Faut-il se structurer pour exister ?

La grande découverte qu'il nous faut bien admettre (pourquoi dis-je grande ? grande à mes yeux aujourd'hui...), donc la grannnnnnnnde découverte, c'est celle-ci. La norme ne sert à rien en dehors du sens donné et vécu. Autrement dit, le mode d'emploi est tout sauf un mode d'emploi.

Et là, la quasi totalité des bloggeurs de passage ont fichu le camp de mon site. Je poursuis seul, avec toi, l'unique lecteur qui persévère encore un peu.

 La norme, l'éducation, je les avais reçues : famille, école, société.

Mais le sens ? la valeur des choses ?

L'insatisfaction provient de l'absence de sens. L'insatisfaction produit des désordres. L'insatisfaction pousse à la recherche du sens. C'est pourquoi tous peuvent trouver et tous trouvent un jour, s'ils s'en donnent la peine. Il ne faut donc pas lacher dans la difficulté, l'insatisfaction guide vers la satisfaction car celle-ci est inscrite. La quête du sens, c'est une signature du sens. Le sens est inscrit, indispensable, incontournable : il est.

 

Bon, finalement, j'ai peu parlé de moi. 

synthèse

Pour ceux qui découvrent mon blog, je propose une forme de synthèse, un résumé des principales "idées" que j'aborde, avec lien pour renvoyer sur les principales notes archivées.

Ainsi ceux qui le souhaitent pourront avoir une compréhension plus complète de ma pensée. (peut-on parler de pensée...disons mes pensées pour les puristes). Lorsque j'ai commencé, je n'avais aucune idée de ce que j'allais écrire, ce qui explique le désordre apparent et la difficulté pour s'y retrouver.

De plus, mes notes sont écrites à toute vitesse. Je ne passe pas des heures à peser mes mots, ce qui peut expliquer des imprécisions, des dérapages, voire parfois des contradictions. Je ne suis pas dans la recherche scientifique, je suis dans l'émotif, le coup de coeur, l'idée émergente subite. Je ne suis pas non plus dans l'improvisation totale, je commence à avoir de la bouteille, pas mal d'années derrière moi passées à réfléchir, observer, essayer, renoncer, repartir, déraper, re repartir, lire, rencontrer, parler, ce qui ne me donne aucun droit, ni aucune autorité. Je vis à l'heure du blog, alors comme pas mal d'anonymes ou faux anonymes, j'y vais de mon petit ego...Si j'avais le temps j'écrirais un livre pensé, structuré, pesé à l'aune de recherches savantes, mais je n'ai pas le temps, alors, le travail de défrichage, de critique, de modération, je vous le laisse, ainsi, nous sommes devenus des bloggeurs interactifs, modestes, libres, responsables, francs, modérés, perfectibles...Et puis, la liberté de parole et de ton que donne le blog permet de sortir des idées convenues. Si ce que je dis ne plait pas, on peut tout jeter à la poubelle et le bonhomme avec, je n'ai rien à perdre ni à gagner. C'est l'avantage qu'a l'anonyme sur celui qui dévoile son identité, sur celui qui a un statut à préserver ou à conquérir.

A partir de maintenant je travaille pour vous mettre une synthèse en ligne, ça sera un peu long, alors patience.

Top départ ! 

mercredi, 05 septembre 2007

L'Eglise obligée (2ème essai...)

Un ami visité récemment dans l'Est de la France, très engagé dans l'Eglise, m'a posé cette question : Je constate que je trouve la fraternité et le partage en dehors de l'Eglise. Je sens bien que ma vie de croyant se développe et trouve son épanouissement ailleurs, et pourtant je me sens obligé d'aller au culte le dimanche.

Point barre, ai-je envie d'ajouter. La messe est dite...

La relation à Dieu mobilise ce qu'il y a de plus intime dans l'Adam et Eve. Développer une relation personnelle avec Dieu serait incompatible avec la vie d'Eglise s'il y avait confusion dans mes pensées concernant le rapport entre libre marche devant Dieu et nécessité de se joindre à l'assemblée.

Je m'explique ou du moins vais-je tenter de m'expliquer sur ce point fumeux. 

Nous devons prendre garde à la manière dont nous envisageons notre rattachement à l'Eglise. S'il s'agit de s'inféoder ou de s'infantiliser, de se soumettre à un système sécurisant, nous sommes dans l'erreur.

L'Eglise a pour vocation de nous mener vers Dieu et non pas à le remplacer. Elle doit nous aider par l'enseignement, la relation aux autres, à mieux comprendre ce que signifie marcher avec Dieu.

C'est pourquoi nous devons toujours nous interroger sur nos motivations, quoi que nous faisions. Et si nous allons à l'Eglise, nous devons nous examiner et nous interroger, dans le seul à seul, sur les raisons parfois contradictoires qui nous y mènent.

 Les dirigeants des Eglises doivent s'examiner et ne pas tomber dans la facilité. Personne n'est à l'abri.

Ce qui signifie pour le croyant lambda que je suis se poser ce type de questions, et d'autres auxquelles je ne pense pas à l'instant :

- ma sécurité est-elle en Jésus ou ai-je dans un coin de ma conscience la superstition selon laquelle le fait d'aller à l'église m'apporte cette sécurité éternelle ?

- ma responsabilité personnelle se camoufle t-elle derrière l'illusion que représente un système religieux qui me prendrait en charge en ce qui concerne la conduite de ma vie ?

Pour ma part je suis quasiment certain d'être inconsciemment ou consciemment sans m'en rendre compte...tombé dans ces travers, plus ou moins gravement.

Ce qui explique par ailleurs la "violence" de ma réaction ou du moins sa radicalité.

J'aimerais bien retourner à l'église, voir mes amis et chanter avec eux, mais j'ai peur de retomber dans cette sorte d'infantilité que je ne peux supporter de moi-même.

 

Ah, la liberté, l'autonomie, que c'est dur à trouver... 

  

Je connais des croyants très engagés dans des Eglises officielles multi-centenaires, qui en même temps, vivent une relation personnelle avec Dieu très intense. On pourrait croire en lisant mon blog que les deux sont incompatibles, or ce n'est pas vrai et ce n'est pas ce que je souhaite exprimer. Certains, plus avancés que moi, sont parvenus, tout en développant une forte relation personnelle à Dieu dans la liberté, à mener une vie d'Eglise avec ses carcans apparents. Tout simplement, ces personnes ont développé au fil du temps une forte capacité d'autonomie. Ils savent que l'appartenance à l'Eglise visible, terrestre, humaine, officielle, normée, etc, n'est pas la condition d'une bonne relation personnelle avec Dieu. Ils peuvent donc d'autant mieux développer une vie sociale dans ce milieu.

samedi, 01 septembre 2007

Ne vous inquiétez de rien !

Ne vous inquiétez de rien ! Philipiens 4 : 6.

 

Si je fais le point des inquiétudes en tous genres qui traversent mes pensées, je m'aperçois combien je suis encombré.

 

Je ne vais pas faire ici la liste de toutes les inquiétudes qui sont miennes, mais elles sont nombreuses.

 

Or, que produit l'inquiétude ?

 

Refouler l'inquiétude, c'est à dire lutter contre l'oppression et la pensée négative qu'elle produit, ne signifie pas vivre dans l'insouciance et l'irresponsabilité face aux problèmes.

 

C'est une manière d'affronter les difficultés quotidiennes dans la confiance.

L'inquiet s'agite énormément, il se démène pour échapper à son inquiétude. L'inquiet ne sait pas attendre patiemment le temps de Dieu. Ce temps de Dieu qui vient forcément avec la solution au problème posé.

Oui, je suis un inquiet, mais je me soigne. 

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