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vendredi, 14 mars 2008
Parole de Dieu ou livre inspiré
La bible est une somme de livres plus ou moins anciens, regroupés dans un ensemble.
Les livres écrits avant la venue de Jésus Christ sur terre appartiennent à l'histoire du peuple juif.
Après la vie de Jésus sur terre, d'autres livres ont été écrits par des témoins oculaires, d'origine juive également, pour résumer l'essentiel de ses oeuvres et laisser un témoignage; ce sont les évangiles ou pour enseigner et encourager les premières communautés qui se réunissaient autour de la personne de Jésus-Christ.
Des religions officielles se sont formées et se sont accaparées l'ensemble de ces écrits pour prendre de l'autorité. Même la plus petite communauté évangélique est marquée du sceau de cette prétention qu'elle partage avec d'autres plus puissantes : elle détient la vérité, l'interprète, en est dépositaire et responsable.
On peut constater le manque d'humilité de ces religions face à un texte qu'elles appellent "Parole de Dieu". En réalité, ce sont des écrits "inspirés" de l'Esprit de Dieu, ce qui n'est pas exactement pareil. La preuve en est, la cacophonie concernant le sens à donner à ces écrits démontre qu'un travail de compréhension dans l'esprit reste nécessaire en permanence.
Ceux qui s'arcboutent autour de la notion de Parole de Dieu voudraient pouvoir tirer du texte des doctrines claires, tranchantes comme l'épée et édicter des normes, mettre de l'ordre.
L'esprit religieux habite non seulement les systèmes religieux, mais également les individus religieux. Face aux souffrances morales parfois insupportables, l'incertitude de l'avenir notamment, le besoin de sécurité est tel qu'il peut conduire à rechercher dans le livre la réponse à des problèmes concrets. On voit ainsi des croyants ouvrir le livre au hasard en demandant à Dieu de répondre lorsqu'une décision difficile est à prendre. C'est à peu près la même attitude qu'observe le pasteur qui, pour conduire son église et justifier de ses choix, triture le texte jusqu'à le déformer. Il peut ensuite justifier l'abaissement de la femme au second rôle, demander la soumission, prélever la dîme et culpabiliser les récalcitrants en les menaçant implicitement de s'opposer à la Parole de Dieu.
C'est ainsi malheureusement que l'esprit religieux conçoit le livre comme Parole de Dieu, dont le fondamentalisme est la forme la plus aboutie.
Les systèmes cherchent des réponses à l'organisation du monde, les Eglises élaborent des liturgies et des modes d'organisation de leurs assemblées et de leurs cultes; les individus attendent des réponses concrètes pour résoudre leurs problèmes.
C'est pour cela que je préfère considérer la bible comme inspirée de l'Esprit de Dieu plutôt que Parole de Dieu. Le livre ancien et nouveau contient un témoignage de l'Histoire, appréhendée du point de vue d'une relation d'Esprit par rapport à Dieu. C'est de cet Esprit qu'il convient de se nourrir pour vivre selon l'Esprit.
09:45 Publié dans Combattre la religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bible, christianisme, religion
mardi, 11 mars 2008
Les prisons du fondamentalisme religieux
Appréhender la bible comme "la" Parole de Dieu est un exercice redoutable pour un religieux fondamentaliste.
La lecture du texte perçu comme sacré est un évènement objectif qui vient heurter la conscience et l'intelligence. Tous les ressorts qu'inspire la crainte religieuse se mettent en mouvement. En effet, comment appréhender le texte, être certain de bien comprendre la pensée de "Dieu", s'il était possible... Car bien entendu, la représentation que l'on a de Dieu augmente le trouble. Cet être souverain, immense, puissant, qui observe d'en haut et peut jeter l'infidèle dans les affres de l'enfer autorise t-il l'interprétation au lecteur fondamentaliste ? Comment ne pas se tromper ? Dès lors, la réduction du texte à son acception la plus littérale joue comme une protection vis à vis de soi-même. Une fausse sécurité, une oeuvre compensatrice de la conscience pour déjouer la crainte se met en place. Dès lors l'intelligence se tait, et avec elle la liberté. L'Homme est réduit à rien, il devient objet craintif devant son sujet.
Cet impératif absolu d'une juste interprétation du texte sacré est renforcé par toutes sortes d'avertissements effrayants contenus dans les épîtres de Paul et de Pierre concernant les faux docteurs. Le fondamentaliste qui reçoit au premier degré ces avertissements se réfugie toujours plus dans le littéralisme le plus primaire. Il s'interdit le voyage pertinent de la pensée, et s'il le peut, il l'interdit tout court, pour le bien d'autrui.
Cette folie religieuse fait des ravages.
11:34 Publié dans Combattre la religion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, fondamentalisme
samedi, 01 mars 2008
On refait le match !
Un jour , quelqu'un m'a dit "tu veux ré-écrire la bible !"
Je me suis senti bête, j'avais l'air d'un prétentieux, moi ! écrire la bible. Alors j'ai rétorqué "toi, tu préfères qu'on te la dicte !" Je savais que j'avais tapé dans le mille.
Voyez-vous, dans le domaine de la religion, il est mal aisé de réfléchir. Lorsque vous rentrez dans une église, peu importe la dénomination, vous êtes là pour gober. Certes de temps en temps, on vous autorise un avis, par condescendance. Mais très vite on vous rappelle à l'ordre :vos questionnements sont dérangeants, vos cheminements intellectuels sont des hérésies, bientôt vous êtes voués à l'enfer.
Ré-écrire la bible voulait dire : tu prends la liberté de réfléchir et de t'affranchir des dogmes bien mitonnés et préparés comme un bon plat pour que tu le goûtes sans rechigner".
Se faire dicter la bible signifie " ne pas oser, étouffer au plus profond de soi les questions qui remontent inlassablement à la conscience, ceci afin de rester dans les clous".
C'est une des plaies de la religion. Elle touche un domaine où la peur l'emporte sur la raison, où le dogme s'impose plutôt que l'intelligence, où le besoin de sécurité conduit à la fuite de soi-même.
Refaire le match à la télé ne change pas le résultat, de même les méandres du cheminement personnel ne changent pas le texte.
Mais qu'est ce qu'on s'amuse à refaire le match...et comme il est bon de penser...de se sentir vivre...
20:15 Publié dans Combattre la religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, football




