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samedi, 10 mai 2008
perversion ou perversité
Bien que nous vivions dans un monde où la science a pris la place de l'autorité divine, le corps celle de l'âme, et la déviance celle du mal, la perversion est toujours, qu'on le veuille ou non, synonyme de perversité. Et, quelles que soient ses figures, elle a toujours trait, comme autrefois, mais à travers de nouvelles métamorphoses, à une sorte de négatif de la liberté : anéantissement, déshumanisation, haine, destruction, emprise, cruauté, jouissance.
Mais elle est aussi créativité, dépassement de soi, grandeur. En ce sens, elle peut être entendue comme l'accès à la plus haute des libertés puisqu'elle autorise celui qui l'incarne à être simultanément un bourreau et une victime, un maître et un esclave, un barbare et un civilisé. La fascination qu'exerce sur nous la perversion tient précisément en ceci qu'elle peut être tantôt sublime et tantôt abjecte. Sublime quand elle se manifeste chez des rebelles au caractère prométhéen, qui refusent de se soumettre à la loi des hommes, au prix de leur propre exclusion, abjecte quand elle devient, comme dans l'exercice des dictatures les plus féroces, l'expression souveraine d'une froide destruction de tout lien généalogique.
"vous trouvez que j'écris bien ? vous avez tort, le texte ci-dessus n'est pas de moi, malheureusement. Je l'ai pompé dans le livre de Madame Elisabeth Roudinesco "La part obscure de nous-mêmes" (à lire absolument, sauf si vous êtes pasteur évangélique borné bien entendu)".
11:28 Publié dans Citation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pervers, christianisme, philosophie





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