dimanche, 11 mai 2008

science divine et divine science

Bien que nous vivions dans un monde où la science a pris la place de l'autorité divine, !!!!

C'est ainsi que je commençais ma note hier, citant E. Roudinesco, comme mes lecteurs assidus le savent.

Je voyais déjà les fondamentalistes évangéliques s'exciter : "Le voilà qui fustige la science qui prend la place de Dieu, il revient dans le droit chemin ! C'est pas trop tôt...et patati et patata..." Et puis grosse déception. Non, il n'écrit pas pour décrier la science, non il ne perroque pas ce qu'il a entendu pendant des décennies dans les études bibliques du froid soir de janvier. La perdition, c'est ça !

dimanche, 25 novembre 2007

authentique !

Peut-on parler de sectes protestantes à propos des églises évangéliques. Laissons cela aux journalistes du"Monde".

Une chose est certaine, ces petites communautés, qui rêvent de devenir grandes vivent, ont leurs propres règles internes, leur système de pensée fermé et auto-centré. Chaque petite association cultuelle est chargée d'une conviction aussi forte que stupide : elle détient la vérité, et même chacune d'elle cultive par rapport à ses "soeurs" une ou plusieurs petites différences, qui fait d'elle l'église néo apostolique la plus authentique.

Ah ! l'authenticité. Si vous entrez dans le petit local qui rassemble les élus d'une de ces communautés, on ne manquera pas de vous jauger à l'aune d'un certain nombre de critères dont un jour je vous dresserai la liste , pour savoir si vous êtes un chrétien authentique.

samedi, 18 août 2007

Missionnaire, es-tu prêt ?

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Un de ces couples américains est arrivé un jour dans l’église. Manifestement, un accord, un « deal » avait été passé entre ce couple missionnaire et le pasteur, sans que l’Eglise en soit clairement informée, ni même le conseil. De temps en temps on les voyait venir à la tribune pour chanter, faire une petite animation et peu à peu ils prenaient de l’assurance. J’ai pensé à partir d’un certain temps que ce couple avait besoin de reconnaissance. C’est un sentiment normal, humain, surtout quand vous « travaillez » à plein temps pour le Seigneur, c'est-à-dire un ou deux dimanches par mois de dix heures à midi. Je m’imaginais le reste du temps ce couple passer des journées entières à genou et prier pour le salut des âmes. Que pouvaient-ils faire d’autres ?

 

Il était d’usage dans cette église de faire des appels lors des prédications. Les personnes présentes manifestaient à cette occasion leurs besoins spirituels en s’avançant, puis on leur imposait les mains en priant.

 

Notre couple missionnaire était donc dans le questionnement, le besoin de reconnaissance. La justification de leur ministère commençait à pâtir à leurs propres yeux d’une absence de résultat. (J’aurai peut-être un jour l’occasion d’écrire sur ce besoin de résultats qui fait partie des rudiments du monde dont un missionnaire ou un pasteur peut rapidement tomber esclave). Il était temps de se prouver à soi-même d’abord puis à l’Eglise toute entière que le Seigneur confirme par ses actions d’éclat, le ministère ainsi confié.

 

Notre couple américain était donc à la tribune pour un chant, puis la dame prend le micro. On la sent hésitante, mais on sent qu’elle va faire quelque chose. Un petit silence s’installe puis elle commence à parler : « Le Seigneur est venu pour nous délivrer, beaucoup de personnes souffrent d’une enfance blessée, certains ont souffert et ne sont pas encore guéris du mal que leur père ou leur mère leur a fait. Oh Seigneur ! Je te prie pour toutes ces personnes, Seigneur ! Délivre-les ». Toute l’assemblée est en prière, l’émotion gagne peu à peu, nul doute, le Saint-Esprit agit. La dame reprend, un regard d’angoisse dans les yeux (j’observais le « manège » et croyez-moi, je n’en ai pas cru mes yeux que je n’avais pas baissés pour regarder mes chaussures) : « Si quelqu’un souffre et veut être délivré, qu’il s’avance ou qu’il lève la main et je prierai pour eux ! ».

 

La phrase était lâchée. On sentait que la femme désirait ardemment que beaucoup manifestent leur besoin de délivrance, car pour une première, ça ne pouvait pas être un flop. J’observais toujours. « Oh, Seigneur, délivre les âmes de leurs chaînes, viens guérir les cœurs malades. N’ayez pas peur, approchez pour recevoir la bénédiction ». Une main se lève, puis rapidement, plusieurs personnes quittent leur rang pour s’avancer sur le devant vers la dame. Instantanément, je vois notre missionnaire chargée du fardeau des âmes pousser malgré elle un soupir de soulagement et regarder son mari comme pour dire : « ça marche ! ». Bien sûr, nous avons assisté à une jolie séance de prières. Des personnes pleuraient, sanglotaient ; on avait réveillé en elles de vraies blessures. Mais de délivrance, de guérison, nenni…car chaque semaine pendant plusieurs années, j’ai vu quasiment sans cesse les mêmes personnes s’avancer pour crier leur souffrance et recevoir la foudre délivrante du ciel par l’imposition des mains.

 

Comme le Seigneur avait joliment confirmé le ministère de ce couple sympathique ! Mais savez-vous ? Mettez cent personnes dans une salle, dans un contexte religieux, c'est-à-dire en situation d’ouverture du cœur, propice au réveil de toutes les émotions profondes. Chantez, priez, faites vibrer les âmes et lancez un appel comme celui que j’ai décrit, et invariablement vous verrez des personnes s’avancer. Oui, ça marche ! Parce que les souffrances existent et qu’elles sont tellement graves que la responsabilité de chacun dans l’Eglise c’est d’y répondre clairement et non par des artifices destinés à satisfaire le besoin d’autorité « spirituelle » de quelques uns.

 

Les souffrances subies dans l’enfance provoquent invariablement des dysfonctionnements chez la personne concernée. Plus les faits subis sont graves et plus les personnes sont perturbées et affichent aux yeux de la société une vie déréglée. Ce que les religions ne manqueront pas de nommer « péché » : alcoolisme, adultère, colère, vices en tous genres, pauvreté, errance pour les plus touchés.

 

Alors, face à ces dérèglements visibles, les Eglises, qui se sentent le lourd fardeau de sauver les malheureux perdus, répondent de deux façons qui sont à l’opposé du message de l’évangile tel que je l’ai lu dans l’épître aux Romains.

 

Pour répondre à la lourde souffrance de la conscience blessée, vous rencontrez :

 

1 - d’une part les églises qui agissent comme celle de notre couple missionnaire américain. On ne culpabilise pas le souffrant, on lui promet la guérison, et en promettant, on espère soi-même que le Seigneur va agir de façon miraculeuse, évidente et que les problèmes vont être réglés de manière éclatante et indiscutable.

 

2 – d’autre part, les églises qui elles sont sérieuses, rationnelles, qui ne se laissent pas atteindre par les émotions trompeuses ; ces églises après vous avoir enseigné le salut par grâce, vous avoir baptisé, s’attellent à la lourde tâche de vous faire rentrer dans le rang. Obéissez au Seigneur et à ses commandements maintenant que vous êtes sauvés ! Ne bois pas, ne drague pas, ne fume pas, ne, ne… Ces églises n’ont d’autre solution que vous replacer sous la dure rigueur de la loi. Or, que dit Paul au Romains, la loi ne sert de rien. Ces églises cherchent à s’améliorer par les œuvres. La foi sous la loi !

 

Les églises parviennent par ces moyens à organiser un semblant d’ordre. Certaines situations en apparence peuvent se rétablir. Mais vous voyez des gens, tristes, souffrants et n’osant l’avouer, attelés à paraître bon chrétien et à sauver les apparences. Un jour quelqu’un pète un plomb et on s’étonne, un autre s’en va…

 

Ainsi, on peut imposer les mains, invoquer le ciel et promettre et vouloir la délivrance, ou on peut rationnaliser, parquer, culpabiliser et contraindre : PAS DE LIBERTE !

 

Les églises vivent des échecs retentissants, car après avoir réveillé une grande soif, une promesse de grâce et de délivrance, les personnes souffrantes le sont toujours après plusieurs mois, voire plusieurs années. Pourquoi ?

 

Le principal problème que rencontre la personne, qui que nous soyons, c’est l’autonomie de la marche devant Dieu.

Chacun cherche le Père, pouvoir être consolé et guérir de blessures, être aimé, rassurés, sauvés pour employer le langage religieux. C’est à se niveau que se situe la pratique de la foi. Ce sont des besoins profonds de sécurité, d’amour qui sont contenus au plus profond de nos âmes. Ils prouvent si nécessaire notre attachement à Dieu.

 

Or, alors que les Eglises devraient être un lieu d'encouragement de l’Adam et Eve à une rencontre, à une relation personnelle avec le Père céleste, notre Père, elles apportent des réponses tronquées. Elles répondent en s'attribuant une responsabilité à être intermédiaire entre l’Adam et Eve et Notre Père. Ce qui est la plaie de tous les systèmes religieux. Au lieu de conduire la personne à une relation intime avec Le Père par la foi, les religions vous conduisent vers un directeur de conscience, un pasteur qui saura prier pour vous, une église qui vous imposera les mains, un autre qui vous édictera les normes à respecter.

 

mercredi, 15 août 2007

Les Coréens évangéliques seraient-ils un exemple ?

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Le pouvoir religieux est une réalité historique. Apparemment, les "nouvelles" religions prochent du littéralisme biblique peuvent subitement prendre conscience de la puissance que leur confère une emprise morale sur des fidèles de plus en plus nombreux
 
Après des années de frustrations, de travail patient de maillage, les fruits sont là, à récolter. On peut donc travailler à justifier bibliquement ce que d'autres ont fait avant, avec les résultats que l'on sait : se mêler des grands sujets de société, édicter les règles morales, se rapprocher des plus hautes sphères du pouvoir.
 
Ces églises vont tomber inéluctablement, si ce n'est déjà fait, dans l'escarcelle des mouvements religieux qui contribuent à l'ordre mondial, pour le bonheur du royaume de ce monde.
 
Ils auront acquis leurs lettres de noblesse, avec pignon sur rue.

 

Le "Courrier International" du mois d'août diffuse un article intitulé  " Tout le monde ne pleure pas sur le sort des otages", article lui-même paru à Séoul dans FREEZONENEWS et signé Chon Kyong-Ung.

 

Cet article est écrit dans le contexte malheureux de ces 23 Sud-Coréens, missionnaires évangéliques, enlevés par les Talibans d'Afghanistan.

L'auteur fait un rapide rappel des faits et notamment l'assassinat du Pasteur, membre de ce groupe.

 

Puis il s'étonne de l'absence de précautions prises par les missionnaires qui, apparemment, ont méconnu les risques d'un voyage dans cette région du monde. L'organisme protestant qui gère le voyage des personnes aujourd'hui otages aurait omis de prévenir les missionnaires des dangers encourus, leur église d'appartenance également.

 

Faut-il voir, concernant cette absence de précautions, une forme de naïveté ?

Plus intéressant, l'auteur interroge :" que pense aujourd'hui la population coréenne ? L'opinion publique semble avant tout montée contre les évangéliques....les internautes s'en sont pris à l'Eglise et aux victimes, aveuglés selon eux par le désir d'évangéliser".

 

L'auteur rappel que le protestantisme s'est répandu en Corée à partir du traité de 1882 avec les Etats Unis et qu'il a connu une progression fulgurante durant la guerre des années 1950.

 

Les Coréens sont excédés par le prosélytisme excessif des évangéliques, la destruction de statues du Bouddha, la diabolisation des autres religions, le simplisme affiché : le paradis pour les croyants en Jésus, l'enfer pour les autres.

 

Voici intégralement le paragraphe qui conclut cet article :

 

"La répulsion vis à vis des non-croyants s'est accrue avec la multiplication des affaires de corruption et des délits impliquant des personnes appartenant à ces églises. Trop de temples, des pasteurs obsédés par le pouvoir, le sentiment de supériorité des fidèles, leur ignorance et leur mépris à l'égard des autres religions et une évangélisation digne d'une croisade : les anti-protestants Sud-Coréens ne semblent pas manquer d'arguments. Mais leurs attaques verbales sont d'une extrême virulence et ignorent la modération. Heureusement, ils ne semblent pas être aussi violents dans la vie que sur la toile."

 

lundi, 16 juillet 2007

Le fouet pour les marchands du temple !

A chaque fois qu’un pasteur évangélique passe la corbeille dans les rangs de l’assemblée, je pense au fouet qui le menace.

L’église catholique au moins dans ce domaine est en avance. Elle expose ses besoins, et totalement décomplexée, expédie une enveloppe à chaque foyer français pour le denier du culte ! Un petit dépliant pas mal fait du tout accompagne le courrier. Pour un peu, je me laisserais guider par ma bonté naturelle. Il faut bien que tous ces gens puissent vivre…et puis, ils ont des œuvres à financer, des bâtiments…

On n’est tout de même plus à l’époque où Rome finançait la construction de la Basilique Saint Pierre grâce aux indulgencesEh oui, les temps changent…

 

Je me demande si dans les églises évangéliques on ne serait pas un peu en retard sur ce sujet. Certes on ne pratique pas le système des indulgences pour obtenir de l’argent, mais d’autres moyens de pression à connotation religieuse sont bel et bien employés pour payer les salaires, amortir les bâtiments et faire tourner un business continuellement sur le fil du rasoir.

 

Suite à la mise en place en 1995 d’une commission parlementaire sur les sectes, les pasteurs, subitement, ont revu leur théologie concernant la dîme. Il n’est question que très rarement aujourd’hui dans ce milieu d’exiger la dîme, c'est-à-dire 10 % de ses revenus. Subitement, heureux hasard du temps, l’interprétation littérale, biblique, concernant la dîme qu’Abraham versa à Melchisédech a été revue.

Le monde évangélique, sous la douce pression du pouvoir politique, a eu le courage de l’avouer : l’enseignement biblique de la dîme n’apparaît pas capital au point de se mettre en situation d’illégalité vis-à-vis des autorités politiques de notre pays.

 

Quel contraste, quel choc, quel étonnement, quel retournement ! J’ai envie de crier, remboursez !!! Ben oui, j’ai versé ma dîme à une certaine époque. Trop tard, hop, c’est dans la poche.

 

Melchisédech était donc au temps d’Abraham, sacrificateur du Dieu Très-Haut. Il reçut d’Abraham la dîme après que ce dernier eut vaincu ses ennemis, des rois puissants.

 

Il s’agit bien entendu de comprendre que nous pouvons grâce à l’appui du Dieu Très Haut vaincre les dominations, les puissances qui nous oppressent, comme je l’expose dans d’autres billets sur ce blog.

 

Jésus fit un miracle étonnant lorsqu’il vivait sur terre. Il guérit plusieurs lépreux. Mais un seul revint pour le remercier. Par ce geste, il rendit gloire à Dieu. Il était dans l’attitude d’Abraham. Jésus pouvait dire de lui « Celui-ci également est un fils d’Abraham ».

C’est ce Jésus là que je cherchais dans les églises évangéliques, un Jésus puissant, qui pouvait me guérir des dominations intérieures, ou extérieures, qui pouvait m’apprendre à vaincre grâce au Dieu Très Haut, puis reconnaître que c’est lui le libérateur et lui donner tout ce que j’ai ou suis.

 

Mais au lieu de cela, les pasteurs, préoccupés de faire tourner la boutique, détournent les enseignements de leur objet principal : la délivrance ; de ces écrits magnifiques de la genèse ils en tirent une conclusion heureuse pour payer le loyer du Temple : la dîme est une institution antérieure à la loi de Moïse puisqu’Abraham la versait. Elle s’impose donc à tout bon chrétien. C’est une coïncidence heureuse pour les finances de l’église. Engagez-vous qu’y disait…

 

Le jour où Jésus reviendra, il va leur asticoter les côtes avec son fouet.

 

samedi, 14 juillet 2007

les artifices du 14 juillet : le feu du ciel

Je m'excuse auprès de mes lecteurs assidus, mais je manque de ma verve habituelle actuellement pour écrire. Non pas que je n'aie rien à dire, j'ai bien une petite idée du thème que je voudrais aborder, mais rien à faire, les idées ne s'enchaînent pas.

Je réfléchis actuellement à ce feu du ciel que les disciples de Jésus voulaient commander comme jugement sur la Samarie. Et pas les moindres des disciples puisqu'il s'agissait de Jacques et de Jean...Luc 9 : 54.

 

Ah, si seulement le feu du ciel pouvait tomber sur les incrédules, les infidèles, les calomniateurs...Nous qui avons cru, qui sommes du bon côté de la barrière. Si le feu du ciel pouvait s'abattre sur ceux qui nous font du tort, qui nous ont blessés, qui nous poursuivent de leur haine venimeuse !

 

Ce serait légitime n'est ce pas ? Oh Jésus, viens nous délivrer des incrédules. Viens démontrer que c'est nous qui sommes dans la vérité et les autres dans l'erreur. Qu'enfin nous puissions règner avec toi et recevoir l'honneur qui nous revient et que tous les opposants puissent enfin avoir le bec cloué.

Patience, un jour ça viendra.

 

Vous pensez que je délire ? Non, alors que certains en se rasant le matin pensent à devenir président, d'autres, plus modestement pensent à ce jour de vengeance auquel ils seront associés. Les méchants et les pervertis seront anéantis, et nous qui avons la vérité pour manteau, enfin nous serons en pleine lumière à faire des pieds de nez à ceux qui nous ont méprisés parce que nous étions des petits bénis oui oui du dimanche matin, des coincés qui ne rient pas quand quelqu'un raconte une vanne pour étouffe-chrétien.

Pas de bol les amis, si vous vous rasez en rêvant à ce jour, écoutez la réponse de Jésus : "Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés !". 

 

Quand Jésus a donné cette réponse, il était en route vers Jérusalem. Il allait bientôt montrer le chemin en mourant sur la croix.

Samarie ne souffre pas Jérusalem ? Donne ta vie pour Samarie. Paul pouvait écrire "Et quand même je me glorifierais un peu trop de l'autorité que le Seigneur nous a donnée pour votre édification et non pour votre destruction...".

 

Mon Dieu, qu'il est difficile d'être chrétien, on ne peut même pas en profiter pour écrabouiller les méchants et les opposants.

mercredi, 04 juillet 2007

QUE TA GLOIRE REVIENNE DANS L'EGLISE

Je pense à un chant : « Que Ta gloire revienne dans l’Eglise ! ». On chantait ces paroles à s’égosiller dans mon église charismatique, il y a quelques années. Bah ! Tout cela, c’est du passé.

 

Ce chant est l’illustration d’une théologie fortement développée dans les églises évangéliques. Cette théologie se manifeste différemment selon qu’il s’agit d’une église charismatique ou qu’il s’agit d’une église anti-charismatique. (« Anti » est employé sciemment, car il y a un véritable antagonisme, voire une hostilité entre ces tendances dans les milieux évangéliques).  Cette théologie concerne le rôle de l’Eglise : refléter la gloire de Dieu ! De ce concept découle tout le fonctionnement de ce milieu.

 

Il y a un avant, l’homme pécheur, un après, l’homme sauvé, qui entre par profession de foi dans l’église.

Avant, l’homme pécheur est l’objet de toutes les attentions du missionnaire ; c’est un perdu qu’il faut sauver.

Après, c’est un chrétien, assujetti au lourd tribu de la responsabilité du témoignage de la gloire de Dieu dans l’Eglise.

 

Lourd, très lourd…A cause de cela, j’ai toujours regretté d’avoir mentionné que j’étais devenu croyant en Jésus, car à partir de ce jour, les missionnaires attentionnés sont devenus exigeants. J’étais entré dans l’armée de Dieu, assujetti à la dîme, à l’obligation d’aller aux réunions de l’Eglise, à faire du porte à porte, à la fraternité du regard des autres sur ma vie personnelle, accessoirement à leur jugement sur mes choix. Je suis directement passé de la foi en Jésus à la pratique de ma nouvelle religion : j’étais sauvé !

 

Je vais démontrer dans ce billet qu’au-delà des différences  qui nourrissent les divisions et les confusions dans le monde évangélique, la théologie du rôle de l’Eglise, bien commune aux deux tendances, découle de principes savamment tirés d’une interprétation ultra littérale de la bible et entraîne les mêmes conséquences. Finalement, nous verrons que dans la pratique, les différences théologiques avec l’Eglise Catholique s’estompent jusqu’à se confondre dans un idéal commun : le devenir de l’humanité par l’affirmation des valeurs morales.

 

Ce qui m’intéresse, ce qui compte, ce sont les conséquences de cette théologie sur l’individu.

 

Que l’on soit évangélique, charismatique ou non, catholique, intégriste ou non, l’Eglise, pensée comme siège de la gloire de Dieu, et organisée pour cela, pose la question des moyens pour y parvenir et s’y maintenir. La défense de l’ordre et la discipline imposés comme moyen pour ce motif louable, mènent à l’enfermement légaliste et donc au désordre.  Le système religieux devient l’enjeu, l’objet de toutes les attentions ; les individus qui le composent deviennent secondaires, instrumentalisés au service d’une cause supérieure. Alors que Jésus met l’individu au centre de ses préoccupations, la notion d’église, détournée de son sens, surexposée, idéalisée, broie l’individu, le renvoie dans l’enfermement de la loi.

 

Souvenons-nous simplement des paroles de Jésus : « mon royaume n’est pas de ce monde ». Puis réfléchissons aux objectifs assignés aux églises, d’être un vecteur de transformation du monde, une micro société en développement, un modèle destiné à engloutir le monde pour le sauver. Cette théologie de l’Eglise reflet de la gloire de Dieu est la racine de tous les intégrismes, elle prépare le lit de tous les excès menant au fantasme moraliste de la conquête du pouvoir politique, dans l’attente du retour du Christ.

 

 

C’est donc par une sorte de perversion intellectuelle que les Eglises, puisant dans la Parole de Dieu les ingrédients nécessaires, vont édifier une théologie de la gloire de Dieu :

 

1 – description de ce qu’est la gloire de Dieu,

2 – découverte du lieu où cette gloire veut se manifester :

            - au milieu du peuple d’Israël, sous l’ancienne alliance,

            - dans l’Eglise, sous la nouvelle alliance.

3 – conditions pour recevoir la gloire de Dieu

4 – conditions pour la garder et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

 

 

1 – La gloire de Dieu est intimement liée à la notion de perfection.

 

Ce Dieu parfait ne peut pas être approché ni même regardé en face. C’est le buisson ardent avec Moïse, la montagne sacrée d’Israël dans le désert, qu’il ne faut pas toucher.

Cette notion de gloire de Dieu est donc invariablement mise en corrélation avec l’exhortation de Paul « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».

Sous la pression des églises, cette exhortation devient un ordre qui, par effet de boomerang, se mue en système de culpabilisation, et par un mécanisme que je décris par ailleurs, contribue à la domination perverse des systèmes religieux sur les croyants. La gloire de Dieu, mise entre les mains des religions, devient un motif de perversion et de domination des consciences.

 

2 – Toute la théologie du christianisme repose sur l’idée d’un Dieu qui veut habiter parmi les hommes.

 

Sous l’ancienne alliance, la gloire de Dieu repose sur le tabernacle, sorte de temple portatif utilisé pendant la pérégrination d’Israël dans le désert. Exode 33.

Il est utile de noter ici que le terme « tabernacle » est employé par l’église catholique pour désigner l’armoire dans laquelle est contenue l’hostie consacrée, sensée contenir, par pouvoir sacramentel des prêtres, la présence de Dieu ! On va alors jusqu’à adorer l’objet précieux…

 

Sous la nouvelle alliance, la gloire de Dieu est comprise comme devant se manifester dans l’Eglise. On trouve peut de justifications bibliques concernant ce thème. L’essentiel de cette théologie repose sur une transposition du culte décrit dans l’ancien testament, appliqué dans un sens renouvelé au travers de la notion d’église et de ses symboles, au culte néotestamentaire.

 

Il est ainsi convenu dans le monde évangélique que Dieu manifeste sa gloire au travers des croyants par le Saint Esprit. La notion d’Esprit Saint et son action est différemment développée selon les tendances. Cependant, quelque soit la théologie concernant le Saint Esprit et l’importance qui lui est attribuée, le croyant reste le vecteur principal de la manifestation ou non de la gloire de Dieu dans l’Eglise.

 

Cependant si Dieu veut habiter parmi les hommes, il peut en être empêché.

L’ancien testament montre comment la désobéissance d’Israël mène à la perte de la gloire de Dieu et par suite à la défaite devant les ennemis.

 

Par transposition, l’obéissance dans l’Eglise devient un thème essentiel, ouvrant ainsi, dans la prédication de la grâce, la porte au légalisme et à toutes ses conséquences, dont notamment le retour dans la vie du croyant du sentiment de culpabilité et donc, de l’enfermement que ce sentiment contient en lui-même : désir d’en sortir, efforts pour s’améliorer, révolte : tout sauf la grâce…

 

3 – Pour recevoir la gloire de Dieu, il faut donc être parfait ! La gloire de Dieu est incompatible avec le péché. A partir là, toutes les confusions sont possibles : si Dieu n’agit pas, si sa gloire n’est pas visible dans ce monde qui se perd, c’est à cause de l’Eglise pécheresse. Il faut donc débusquer les responsables…et mettre en place tous les systèmes de protection utile à la préservation de la gloire de Dieu.

 

On n’en finirait pas de décrire les conséquences de cette superstition effrayante dans les églises évangéliques.

 

Dans les églises charismatiques, une action forte et visible de l’Esprit Saint est attendue. Lorsque ces signes ne se manifestent pas, une énorme pression s’exerce sur les croyants. J’ai vu des croyants quitter leur église parce qu’ils se croyaient un obstacle pour l’action du Saint Esprit dans l’Eglise. Je peux citer des noms, car j’ai visité ces personnes et entendu de leurs propres aveux les motifs de leur éloignement. Je n’invente rien.

 

Dans les églises anti-charismatiques, on ne parle pratiquement pas du Saint Esprit. Du moins, la notion se veut-elle plus subtile…on n’en parle pas, pourtant on en parle toujours…Peu importe, dans ces églises, le témoignage du chrétien va devenir très important. C’est par le témoignage de l’Eglise que le monde va se tourner vers Jésus. Comme on ne trouve pas de conversions en masse en France comme dans d’autres pays, où est le problème ? Chez les croyants bien sûr, qui n’obéissent pas suffisamment à la Parole de Dieu ! Qui ne sont pas assez consacrés, qui ne vont pas à toutes les réunions, qui prennent la Sainte Cène alors qu’ils en sont indignes etc. Comment voulez-vous dans ce contexte que la gloire de Dieu agisse ? Soyez parfaits !

 

4 – A partir de là les pasteurs et responsables (pas tous, j’en connais des biens… faut pas exagérer) mettent en place des systèmes légalistes qui produisent les effets contraires à ceux recherchés. La boucle est bouclée.

La promotion de la gloire de Dieu, vue sous cet angle, est la porte ouverte à tous les abus au nom de Dieu !

Dans l’histoire de l’Eglise catholique, les conversions forcées, les inquisitions, pour la bonne cause de l’ordre moral et de l’action de Dieu sur terre ne sont plus à démontrer : tuons les tous et Dieu reconnaîtra les siens.

 

Dans l’histoire du protestantisme, et plus proche de nous, dans le milieu évangélique on trouve les mêmes racines justifiant les mises au bucher sous Calvin, les exclusions de la communion, la mise à l’index et j’en passe.

 

La gloire de Dieu est un joli sujet ; associé à l’esprit religieux, c’est un instrument redoutable pour les systèmes en mal de puissance et de domination. Continuez, Messieurs, ne vous gênez pas !

mardi, 22 mai 2007

LA FOI TRIOMPHE DU MONDE - Commentaire autour de Karl Barth.

Une connaissance théorique de la Parole de Dieu, bien consensuelle par rapport au milieu que nous fréquentons, peut nous leurrer sur la réalité de ce que nous sommes et de ce que nous vivons.
 
La Parole nous exhorte cependant à nous examiner nous-mêmes, pour savoir si nous sommes dans la foi.
 
La difficulté lorsqu'on veut "servir" Dieu ou marcher selon Dieu, c'est de ne pas confondre nos intentions avec la réalité de nos "engagements".
 
En effet, nos intentions ayant placé la barre très haut, "servir Dieu", nous pouvons être rapidement enclins à tout justifier de ce que nous réalisons et pensons.
 
Ainsi au nom de Dieu, on peut finalement tout justifier.
 
Observons l'état des religions dans le monde et nous pouvons constater l'ampleur de la confusion, les guerres au nom de Dieu, les haines, les exécutions. Tout ceci, nous le savons bien est abjecte.
 
Bien que... lorsqu'il s'agit du Dieu chrétien...les intentions et les actes qui en découlent nous paraissent déjà plus justes... Surtout lorsque ces guerres défendent nos intérêts. Que faire d'autres d'ailleurs ? Au moins notre religion nous donne t-elle une raison supérieure d'agir.
 
Les églises chrétiennes sont éclatées en de nombreuses communautés. Certaines extrêmement puissantes et médiatisées, d'autres toutes petites.
 
Toutes sont engagées dans la défense de la foi...Quel but magnifique mais quel horrible spectacle !
 
Chaque religion, chaque église, est engagée au nom de Dieu dans une forme de conquête du monde. Nous concourons...On crée des communautés, on essaime, on se regroupe dans des fédérations et des groupements, on devient puissant. On participe ainsi au nom de la religion, au nom des principes supérieurs inattaquables que nous donne notre foi, à la grande bagarre générale du village gaulois que représente notre monde. 
 
Ainsi, nous sortons sans même nous en apercevoir de la sphère de la puissance de Dieu. Effectivement, les philosophies et politiques de ce monde sont bien mieux armées pour mener le combat des puissants. Qu'avons-nous à entrer sur ce terrain, à mener les mêmes combats, à nous méprendre nous-mêmes de notre christianisme ?
 
La victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. Mort, où est ta victoire ?