jeudi, 02 août 2007

L'ELDORADO AURIFERE INVISIBLE

en rouge ce que Barth écrit, en vert mes commentaires.

(ce billet est la suite de celui d'hier)

 

...pour cultiver l'homme pieux (ce type le plus obstiné de l'espèce humaine!), en le confrontant inlassablement aux païens, aux péagers, aux Spartakistes, aux impérialistes, aux capitalistes et à tous autres individus antipathiques (par exemple, aux non-sociaux religieux), justifiés devant Dieu, une Eglise entièrement objective, entièrement axée sur le Dieu inconnu, sur le Dieu vivant, sur le Dieu libre, une Eglise entièrement concentrée sur la prédication de la croix, pourrait être, d'une manière invisible et inouïe, l'Eglise de Jacob, l'Eglise de la foi, l'Eglise de la justice de Dieu, et elle l'a été effectivement de tout temps. Cependant, pour ce faire, il faudrait qu'elle est l'audace de commencer dans la foi, dans les "ténèbres" de la foi (LUTHER). Et cela, une fois encore, elle ne l'ose pas, effectivement, en tout temps. Son agir vient "des oeuvres", de son orientation sur ce qu'on peut voir. Ce qu'elle nomme sa foi, ce n'est en aucun cas, la foi décrite dans Hébreux 11. Elle n'aime pas la solitude et le désert.

 

C'est terrible, tout le monde le sait. Barth n'a rien inventé, il décrit. Ce qu'il dit de l'Eglise, il peut le dire de l'individu. Le visible, le résultat, l'orgueil et la vanité du monde habitent l'Eglise et nous habitent chacun. Mais console-toi Pasteur, console- toi croyant, console-moi, il reste cependant l'invisible, ce qui se passe dans l'Eglise oeuvrante et qu'on ne voit pas, ce qui se passe dans le coeur invisble de l'humain...L'or, cet or pur qui s'épure lentement par l'action invisible du Dieu tout-puissant. Le visible disparaîtra, l'invisible subsistera, c'est bon de le savoir. Restons lucide et sans illusion sur nos oeuvres, ça donne plus de force pour agir.

Barth, malgré la violence mesurée de sa charge contre l'Eglise visible, le sait bien, puiqu'il écrit qu'elle a été de tout temps l'Eglise de la foi, l'Eglise rêvée, certes, après être passée au feu du fondeur.

 

mercredi, 01 août 2007

L'Eglise rêvée de Barth (modifié)

Voici ce qu'écrit Karl Barth :

 En rouge, ce que Barth écrit; en vert, mes commentaires perso...

L'Eglise pourrait s'emparer de la foi, si elle entendait commencer par la foi, par la foi au Dieu inconnu, au Dieu vivant. Elle pourrait obtenir la justice dans le jugement, si elle se courbait sans réserve devant ce jugement. (En général, nous fuyons le jugement, ce raisonnement de Barth paraît donc incongru; que signifie obtenir la justice dans le jugement ? Quel rapport Barth établit-il entre justice et jugement ? Et pourquoi faut-il se courber devant le jugement ? La religion ne propose t-elle que des systèmes de culpabilisation et d'humiliation ? Nous le savons un jugement mène le coupable à la condamnation. Notre conscience le sait bien. C'est pourquoi elle se défend et s'accuse tour à tour. 

Cependant, Karl Barth semble indiquer que la justice doit être établie. Elle le sera nécessairement. La justice est une des valeurs universelles incontournables. C'est pourquoi nous pouvons dire : Dieu est juste ; il y a donc jugement. L'Eglise en tant qu'institution humaine est invitée à se soumettre au jugement, à reconnaître que sa justice ne procède pas d'elle-même mais qu'elle est déclarée juste en vertu de la grâce qu'elle obtient en Jésus.)

Elle ne serait pas contrainte de mourir, si elle ne luttait pas si opiniâtrement pour sa vie. (Le refus de passer en jugement mène à la mort, c'est pourquoi Jésus a dit :"qui veut sauver sa vie la perdra. ). Elle entendrait et prêcherait la Parole de Dieu si, sans prétendre être grande, elle-même, (Et oui, l'Eglise n'a pas renoncer à la puissance) grâce à la Parole de Dieu, sans se poser avec inquiétude la question : qu'en adviendra t-il ? elle ne se souciait que de la vérité de cette Parole. 

Elle pourrait être le lieu de la connaissance, si elle entendait être un lieu d'adoration, en présence précisément du Dieu incompréhensible devant qui aucune chair n'est juste. Une église assez humble pour comprendre de nouveau la communion des saints (une petite précision : la communion des saints chez Barth ne se réfère pas à un culte des morts canonisés au sens catholique, il s'agit ici des relations entre personnes vivantes qui croient en JC) comme la solidarité des pécheurs qui n'ont d'autres ressources que le pardon, et pour renoncer, pour cette raison, à fonder désespérérément des communautés, (il ose l'écrire...) assez humble pour ne pas se laisser dépasser par un Kant dans le maintien prudent des limites de l'humanité, pour supporter avec indifférence l'opprobe du rationalisme et, par conséquent, pour craindre et aimer Dieu, une Eglise assez hardie pour renoncer, eu égard à son thème, à toute tentative pour chercher à atteindre, pour atteindre et pour démontrer des buts et des succès visibles, (et voilà ! la recherche des résultats tangibles et mesurables, un véritable esclavage ! Où est la spécificité du message de vie si l'Eglise se comporte en puissance concurrente des autres systèmes de pouvoirs. Elle s'invente pour parvenir à ses fins toutes sortes de légitimités, mais en réalité, du point de vue de la foi, elle est morte).  assez hardie pour cultiver l'expérience vécue de Dieu, en critiquant vigoureusement toute expérience pure et simple, pour cultiver la religion, en rendant, sans crainte, toute religion relative, pour cultiver l'homme pieux (ce type le plus obstiné de l'espèce humaine!) (il ose l'écrire... je sais je ne varie pas beaucoup dans mes commentaires).

Karl Barth L'épître aux Romains éditions Labor et Fides page 351. 

 

 DEMAIN J'ECRIS LA SUITE, CA VA DECAPER ENCORE UN PEU. (PS / âmes sensibles s'abstenir, ça peut gâcher les vacances)

jeudi, 31 mai 2007

Toi qui juges autrui

"Toi qui juges autrui, tu te condamnes toi-même".  Epître aux Romains 2 : 1 et 2.

Après la condamnation, constat dramatique de notre état, vient de la part de Dieu le cadeau : Il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Romains 8 : 1.

 

Voici le commentaire partiel de Karl Barth.

"...En affirmant que tu connais le mystère de Dieu, tu te sépares de tes frères, sans doute avec la meilleure volonté de leur venir en aide après les avoir dépassés,...et, pour cette raison même, tu ignores tout de ce mystère et tu es le moins apte à leur venir en aide. Tu conçois la folie d'autrui comme une folie étrangère,...et ta propre folie, en cela même crie jusqu'au ciel." Page 60 éditions Labor et Fides de l'Epître aux Romains.

 

Voici mon commentaire, moins élaboré certes et partisan...

On voit fleurir dans les systèmes religieux, une caste d'ecclésiastiques qui "savent". Jésus, à ces hommes de religion qui savent, rétorque sévèrement :"non, seulement vous n'entrez pas...mais vous barrez la route à ceux qui veulent entrer". Luc 11 : 52

Les systèmes religieux se pensent comme investis d'une mission : contenir les désordres moraux et sociaux. Ils n'hésitent pas à mailler le territoire de paroisses, églises, communautés, dont le but est de rassembler sous leur bannière le troupeau dont ils auront la garde.

 Pour y parvenir et imposer leur domination, il faut que les représentants de ces systèmes religieux portent des signes distinctifs : les vêtements sacerdotaux par exemple, le pouvoir sacramentel etc.

Certaines organisations religieuses sensées revenir aux Ecritures ne sont pas exemptes des mêmes comportements. Les vêtemens sacerdotaux, elles les ont dans la tête.

 

Comment peut-on arriver à une telle aberration en ce qui concerne le domaine de la relation à Dieu, aberration qui consiste en la hiérarchisation des hommes et des femmes selon des critères humains (de jugements selon des normes), hiérarchisation qui mène au développement de systèmes de cooptations, de nominations, d'ordinations...?

Ces hommes tout à coup investis d'un pouvoir qui viendrait de Dieu, se posant en intermédiaires, et remisant de facto les autres catégories humaines en sous castes, dépendantes des systèmes ainsi créés par les hommes, pour la bonne cause de Dieu !

Ces surintendants de Dieu, qu'on appelle même parfois "Homme de Dieu" !!! , se complaisent à venir en aide aux faibles. Plus il y a de faibles, et plus ils sont valorisés.

Si d'aventure, vous ne demandez pas d'aide, ils sont démunis, ils perdent leur raison d'être. Pour finir, vous devenez suspect.

Ne comptez pas sur eux pour vous conduire et vous mener à la liberté de la relation personnelle avec Jésus.

On rencontre dans ces lieux des personnes formidables, parfois en habits de clergyman, et je me suis fait piégé par mes propres jugements sur l'apparence.  Ce n'est pas parce qu'on est en danger d'être esclavagiser par un système qu'il faut s'interdir de regarder à l'intérieur.

C'est ainsi que je me suis censuré moi-même il a plusieurs années en m'interdisant de lire le livre de Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix, uniquement parce qu'il porte une robe d'évêque.

Je suis bien assez grand pour m'emprisonner tout seul. En jugeant, je me condamne.