mardi, 13 novembre 2007

Secret sunchine, encore et encore

Le thème du pardon est récurrent sur mon blog. Le livre de Desmond Tutu "Il n'y a pas d'avenir sans pardon" et mes commentaires encenseurs concernant le film "SECRET SUNSHINE" en sont une illustration.

Aujourd'hui en écho, j'ai envie de dire, sans avenir, il n'y a pas de pardon. Jolie pirouette. Le monde fini renvoie à la dead line. Depuis la nuit des temps la question de la primauté de la cause ou de l'effet nous renvoie au poulailler métaphysique. Qui a fait l'oeuf, c'est la poule, qui a fait la poule c'est l'oeuf.

Alors, notre coréenne de Secret sunchine, d'accord, elle ne pardonne pas, mais elle ne pardonne pas parce qu'elle n'a pas reçu le pardon, ou bien n'a t-elle pas reçu le pardon parce qu'elle ne pardonne pas ?

Et si la mort ou l'idée de mort est une prison d'enfermement par exemple dans la rancoeur, peut-on penser que l'abandon de la rancoeur ouvre à l'éternité. Faut-il sortir des prisons, c'est à dire être au bénéfice du pardon pour pardonner à son tour, ou faut-il pardonner pour espérer sortir des prisons et bénéficier du pardon ?

Puisqu'il n'y a pas de réponse à ces questions, en dehors des polémiques sans fin, une chose est certaine, c'est donc une fausse question, ou bien ce sont des enfermements desquels on ne peut sortir sauf à bénéficier d'une ouverture vers autre chose, une nouveauté inattendue.

dimanche, 11 novembre 2007

Humble, par force !

Mes lecteurs savent que j'ai beaucoup apprécié le film "Secret sunchine". Pour peu, j'en aurais écrit des pages et des pages de commentaires. Je me voyais faisant une thèse. Un film tellement riche, de mon point de vue, qu'une vie entière pouvait être consacrée à le commenter.

J'ai dit à la personne qui m'accompagne sur cette terre, va le voir, tu verras, c'est bien. Je l'ai tellement serinée qu'elle l'a fait. Du coup je l'ai accompagnée, et j'ai donc revu ce film.

Elle l'a trouvé très bien, comme moi, mais j'ai été obligé de lui poser des questions. Y a des trucs que j'avais pas bien compris, j'avais besoin de son point de vue. Du coup, elle m'a expliqué. J'étais passé à côté de quelque chose d'essentiel et sa conclusion sur la "morale" de l'histoire est à l'opposé de la mienne.

 J'ai la trouille, la trouille qu'elle ait raison. Le film est bien mais mes commentaires sont discutables. Dieu, que les femmes sont redoutables ! La mienne surtout.

dimanche, 21 octobre 2007

SECRET SUNSHINE, histoire d'une désillusion

C'est l'histoire d'une personne qui vit un premier drame personnel, mais qui le surmonte en quittant sa famille et sa région natale. Pour combler l'absence de l'être aimé, elle s'installe dans la ville de celui-ci avec son enfant qu'elle chérit plus que tout. Cette situation géographique et relationnelle nouvelle lui procure un sentiment de bonheur. Elle se sent bien. C'est alors que survient un second drame, horrible. Quelqu'un lui procure une souffrance, lui fait du mal. Ce mal est tellement grave, qu'elle ne peut pas le surmonter. Sans cesse sa souffrance l'habite. C'est alors qu'elle rencontre des chrétiens évangéliques (ou une secte protestante, c'est selon, d'après les journalistes).
 
L'amitié qu'elle trouve dans ce milieu, la gentillesse et l'attention qu'on lui porte, le message d'espérance qu'elle entend, lui permettent de trouver une solution à sa souffrance. Elle se convertit, c'est à dire qu'elle participe aux réunions, chante, prie, retrouve le sourire, évangélise.Un sentiment de bonheur l'habite à nouveau.
 
Un moment, elle comprend, à tort ou à raison (à débattre), qu'en bonne chrétienne, elle doit pardonner à celui qui lui a causé un si grand mal. Elle se rend à la prison où il purge sa peine et là, elle rencontre le monstre pour lui dire qu'elle lui a pardonné.
 
Mais le monstre lui assène un message qui la rend folle. "Dieu m'a pardonné" lui dit-il, "il m'aime, je suis sauvé et lavé de mes péchés". Peu importe pour lui ce que cette femme avait à lui dire, ce qu'elle ressent et vit. Réfugié dans une coquille qui le sauve, au mépris de sa relation à autrui, il trouve ainsi une raison pour continuer à vivre, et s'inventer une nouvelle réalité.
 
La femme devient folle, elle est privée du seul moyen de guérir sa souffrance si possible, d'au moins réparer ce qui peut l'être. Alors qu'elle ose affronter sa propre humanité et celle de son boureau pour tenter de rétablir un lien humain, se dresse face à elle une religiosité désincarnée, une verticalité illusoire et méprisante.
 
 
Finalement, elle surmonte sa folie, en effet, il faut vivre. Elle a bien essayé le suicide comme porte de sortie, mais en fait, non, elle ne veut pas mourir. Les mèches de cheveux coupés que le vent emporte se mêlent aux détritus de ce monde.

jeudi, 18 octobre 2007

SECRET SUNSHINE

Ce soir je vais au cinoch ! gare à mes sous...J'ai lu une critique dans "Le Monde" et j'ai du coup une pulsion, il faut que je voie ce film. Si je suis déçu, je ne renouvèle pas mon abonnement au journal, et justement, c'est la période de renouvellement. SECRET SUNSHINE... non je ne suis pas un bobo, mais j'irai voir ce film coréen.

vendredi, 01 juin 2007

Le shérif et Jesse James

Les chrétiens évangéliques ont un problème avec la théorie du salut. Frappés qu’ils sont par le syndrome du western américain (d’un côté les bons, de l’autre les méchants, les sauvés et les perdus, eux et les autres), il leur faut à un moment donné pouvoir dire : je suis sauvé, il est sauvé.

 

Se pose alors la question qui leur fait se tirer les moustaches : peut-on perdre son salut ?

 

Bien évidemment non, disent-ils, bible en main. Cependant, leur intelligence anesthésiée les taraude. Qu’en est-il de ceux qui retournent se vautrer comme des porcs dans la boue qu’ils avaient quittée ?

 

Ce qui est bien avec les évangéliques, c’est que tout est simple. Ils créent pour résoudre cette question épineuse, la catégorie des faux convertis, et le tour est joué. D’autres créent le purgatoire…

 

Tel le personnage de Jesse James dans le film de Nicholas Ray « Le brigand bien aimé », on peut un jour vouloir se ranger, vivre comme tout le monde, mais on finit par retourner à ses premiers égarements. Alors le shérif met votre tête à prix et un gars vous descend dans la rue pour toucher la prime. Il avait l’apparence et le gout du bon, mais c’était un méchant ! Personne ne pleure sur votre cadavre.