lundi, 20 août 2007
Enfin, une nouvelle église !
En passant en voiture dans une rue proche du centre ville, mon attention est attirée par une inscription en grosses lettres sur la vitrine d'un ex magasin. Pas de doute j'ai bien lu, il s'agit d'un église évangélique en cours d'installation.
Je fais demi-tour pour voir de plus près. J'ai la confirmation de la dénomination que je ne citerai pas, mais le certificat de bonne moralité est affiché en bonne place; il s'agit d'une dénomination rattachée à la fédération protestante de France.
On pourrait penser que tout va bien, gloire à Dieu, une nouvelle église, bravo ! il y a place pour tout le monde.
En fait, je savais que cette dénomination allait s'installer dans notre ville. En effet, le pasteur de mon ex église m'en avait informé et il craignait comme la peste la concurrence à laquelle il allait devoir faire face. Je m'en suis aperçu de la manière suivante.
Nous réalisions des week-end à thème et lancions des invitations dans une grande partie de la France, pour au final, nous réjouir de la participation d'environ 10 personnes.
Par bonheur, sur 10 personnes, 2 nous étaient inconnues et venaient de la dénomination dont je tais jalousement le nom et qui vient s'installer dans ma ville.
Attention, je vais calomnier ! Savez-vous ce que m'a dit le Pasteur. "Ces deux là viennent nous espionner, car ils projettent de venir s'installer chez nous..."
Quelle misère ! Je vous parlerai un jour de l'état de méfiance dans lequel vivent les églises évangéliques entre elles et à l'intérieur d'elles. C'est assez pitoyable.
18:20 Publié dans Combattre la religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : évangélique, eglise
jeudi, 02 août 2007
L'ELDORADO AURIFERE INVISIBLE
en rouge ce que Barth écrit, en vert mes commentaires.
(ce billet est la suite de celui d'hier)
...pour cultiver l'homme pieux (ce type le plus obstiné de l'espèce humaine!), en le confrontant inlassablement aux païens, aux péagers, aux Spartakistes, aux impérialistes, aux capitalistes et à tous autres individus antipathiques (par exemple, aux non-sociaux religieux), justifiés devant Dieu, une Eglise entièrement objective, entièrement axée sur le Dieu inconnu, sur le Dieu vivant, sur le Dieu libre, une Eglise entièrement concentrée sur la prédication de la croix, pourrait être, d'une manière invisible et inouïe, l'Eglise de Jacob, l'Eglise de la foi, l'Eglise de la justice de Dieu, et elle l'a été effectivement de tout temps. Cependant, pour ce faire, il faudrait qu'elle est l'audace de commencer dans la foi, dans les "ténèbres" de la foi (LUTHER). Et cela, une fois encore, elle ne l'ose pas, effectivement, en tout temps. Son agir vient "des oeuvres", de son orientation sur ce qu'on peut voir. Ce qu'elle nomme sa foi, ce n'est en aucun cas, la foi décrite dans Hébreux 11. Elle n'aime pas la solitude et le désert.
C'est terrible, tout le monde le sait. Barth n'a rien inventé, il décrit. Ce qu'il dit de l'Eglise, il peut le dire de l'individu. Le visible, le résultat, l'orgueil et la vanité du monde habitent l'Eglise et nous habitent chacun. Mais console-toi Pasteur, console- toi croyant, console-moi, il reste cependant l'invisible, ce qui se passe dans l'Eglise oeuvrante et qu'on ne voit pas, ce qui se passe dans le coeur invisble de l'humain...L'or, cet or pur qui s'épure lentement par l'action invisible du Dieu tout-puissant. Le visible disparaîtra, l'invisible subsistera, c'est bon de le savoir. Restons lucide et sans illusion sur nos oeuvres, ça donne plus de force pour agir.
Barth, malgré la violence mesurée de sa charge contre l'Eglise visible, le sait bien, puiqu'il écrit qu'elle a été de tout temps l'Eglise de la foi, l'Eglise rêvée, certes, après être passée au feu du fondeur.
10:40 Publié dans Avec Karl Barth : l'épître aux Romains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, eglise, barth, eldorado
mercredi, 01 août 2007
L'Eglise rêvée de Barth (modifié)
Voici ce qu'écrit Karl Barth :
En rouge, ce que Barth écrit; en vert, mes commentaires perso...
L'Eglise pourrait s'emparer de la foi, si elle entendait commencer par la foi, par la foi au Dieu inconnu, au Dieu vivant. Elle pourrait obtenir la justice dans le jugement, si elle se courbait sans réserve devant ce jugement. (En général, nous fuyons le jugement, ce raisonnement de Barth paraît donc incongru; que signifie obtenir la justice dans le jugement ? Quel rapport Barth établit-il entre justice et jugement ? Et pourquoi faut-il se courber devant le jugement ? La religion ne propose t-elle que des systèmes de culpabilisation et d'humiliation ? Nous le savons un jugement mène le coupable à la condamnation. Notre conscience le sait bien. C'est pourquoi elle se défend et s'accuse tour à tour.
Cependant, Karl Barth semble indiquer que la justice doit être établie. Elle le sera nécessairement. La justice est une des valeurs universelles incontournables. C'est pourquoi nous pouvons dire : Dieu est juste ; il y a donc jugement. L'Eglise en tant qu'institution humaine est invitée à se soumettre au jugement, à reconnaître que sa justice ne procède pas d'elle-même mais qu'elle est déclarée juste en vertu de la grâce qu'elle obtient en Jésus.)
Elle ne serait pas contrainte de mourir, si elle ne luttait pas si opiniâtrement pour sa vie. (Le refus de passer en jugement mène à la mort, c'est pourquoi Jésus a dit :"qui veut sauver sa vie la perdra. ). Elle entendrait et prêcherait la Parole de Dieu si, sans prétendre être grande, elle-même, (Et oui, l'Eglise n'a pas renoncer à la puissance) grâce à la Parole de Dieu, sans se poser avec inquiétude la question : qu'en adviendra t-il ? elle ne se souciait que de la vérité de cette Parole.
Elle pourrait être le lieu de la connaissance, si elle entendait être un lieu d'adoration, en présence précisément du Dieu incompréhensible devant qui aucune chair n'est juste. Une église assez humble pour comprendre de nouveau la communion des saints (une petite précision : la communion des saints chez Barth ne se réfère pas à un culte des morts canonisés au sens catholique, il s'agit ici des relations entre personnes vivantes qui croient en JC) comme la solidarité des pécheurs qui n'ont d'autres ressources que le pardon, et pour renoncer, pour cette raison, à fonder désespérérément des communautés, (il ose l'écrire...) assez humble pour ne pas se laisser dépasser par un Kant dans le maintien prudent des limites de l'humanité, pour supporter avec indifférence l'opprobe du rationalisme et, par conséquent, pour craindre et aimer Dieu, une Eglise assez hardie pour renoncer, eu égard à son thème, à toute tentative pour chercher à atteindre, pour atteindre et pour démontrer des buts et des succès visibles, (et voilà ! la recherche des résultats tangibles et mesurables, un véritable esclavage ! Où est la spécificité du message de vie si l'Eglise se comporte en puissance concurrente des autres systèmes de pouvoirs. Elle s'invente pour parvenir à ses fins toutes sortes de légitimités, mais en réalité, du point de vue de la foi, elle est morte). assez hardie pour cultiver l'expérience vécue de Dieu, en critiquant vigoureusement toute expérience pure et simple, pour cultiver la religion, en rendant, sans crainte, toute religion relative, pour cultiver l'homme pieux (ce type le plus obstiné de l'espèce humaine!) (il ose l'écrire... je sais je ne varie pas beaucoup dans mes commentaires).
Karl Barth L'épître aux Romains éditions Labor et Fides page 351.
DEMAIN J'ECRIS LA SUITE, CA VA DECAPER ENCORE UN PEU. (PS / âmes sensibles s'abstenir, ça peut gâcher les vacances)
21:09 Publié dans Avec Karl Barth : l'épître aux Romains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, eglise, barth
mercredi, 18 juillet 2007
Un pécheur récurrent
Quelqu’un est entré sur mon blog en tapant l’expression suivante sur un moteur de recherche : « délivrance du péché récurrent ». Il s’agit presqu’à coup sûr d’une personne esclave d’une pratique que la bible nomme « péché », et qui voudrait être délivrée. Je ne sais pas si cette personne est tombée sur le bon blog en entrant chez moi (locataire gracieux d’hautetfort.com), mais elle cherche dans le bons sens, du côté de Jésus.
(Je précise à cette occasion que je ne peux pas savoir qui entre sur mon blog, mais par des statistiques qui me sont fournies par hautetfort, je peux savoir comment vous êtes entrés sur mon blog. L’anonymat de votre visite est totalement respecté).
Je vais essayer de répondre à cette question : comment être délivré d’un péché récurrent.
Normalement cette question est du ressort d’un ecclésiastique formé et payé pour cela, ce que je ne suis pas. Cependant, si vous cherchez sur le web, c’est que vous êtes comme moi, vous savez que les spécialistes dans ce domaine sont rarement compétents.
La réponse pourrait être lapidaire, du type, « si ton bras est une occasion de chute, coupe-le ! ». Mais voilà je ne voudrais pas offenser mes lecteurs en prétendant présenter des solutions qui ne seraient que des raccourcis infranchissables. Imaginez-vous par ce beau mois de juillet en randonnée dans les Alpes. Soudain, votre chemin est coupé par un précipice. Pour poursuivre la promenade, il faut franchir 2 ou 3 mètres avec le vide en dessous. Que faites-vous puisque vous n’êtes pas un professionnel de la haute montagne ? Vous vous tournez vers votre guide qui vous répond : c’est simple, il suffit de passer par-dessus !
Est-ce à dire que Jésus donne des réponses lapidaires puisque ma citation vient de lui ?
Ce n’est pas non plus ce que je pense. Jésus a réalisé l’œuvre la plus importante dans l’histoire de l’humanité et pourtant il n’a jamais écrit un livre, encore moins blogué. Sa vie nous est connue grâce à des témoignages de ses contemporains ; la compréhension globale de son œuvre nous est offerte par la lecture de la bible dans son intégralité. Et comme chacun sait (ou devrait savoir), si le message est accessible à tous, il n’en est pas pour autant simpliste, et ce serait une sottise d’apporter des réponses simplistes à des questions graves, ce qui est trop souvent le cas dans les églises. Extraire une phrase, fut-elle une citation de Jésus, sans la situer dans l’œuvre globale qu’il accomplit peut vite devenir frustrant.
Evidemment la question de l’interprétation des paroles de Jésus se pose immédiatement. En effet, nous avons le choix :
- soit de nous en remettre à des spécialistes revêtus de l’apparat des vêtements sacerdotaux (attention, comme je l’ai écrit par ailleurs, les vêtements sacerdotaux ne sont pas toujours visibles, certains les ont dans la tête),
- soit d’être intelligent. Paf, pour le coup, je suis lapidaire.
La bible n’est pas un livre de recettes, Jésus n’a pas écrit de recettes ; il a accompli une œuvre qui fait appel à notre intelligence et à notre volonté. C’est pourquoi il a dit « cherchez et vous trouverez » et ces simples mots ne vont pas dans le sens de ce que certains voudraient croire, à savoir que des réponses simples, pratiques et reproductibles à l’envi sont possibles. Il n’y a pas d’aspirine universelle pour le mal de l’âme. Chacun est différent, chacun doit chercher la réponse, tout simplement parce que chacun est unique. Je vois d’ici les découragements…C’est trop compliqué, trop vaste. Non, il faut persévérer patiemment. On peut être dans un tunnel, dans le noir total, mais en marchant avec espérance, on arrive forcément à la lumière du jour. C’est pour cela qu’il faut continuer à lire mon blog…Non pas que j’aie des solutions simples et efficaces, mais j’ai des pistes de réflexion qui peuvent t’aider à avancer plus vite par toi-même.
Lecteur, lectrice, il va falloir que tu sois patient, parce que plus je réfléchis en tapotant sur mon clavier, plus je délaye. Je me demande si la mayonnaise sera réussie. Es-tu seulement encore là ?
Evidemment, me direz-vous, si j’attrape le cancer, je ne vais pas me lancer dans la recherche médicale, je vais plutôt foncer chez un spécialiste. Oui, mais si possible, le meilleur. De plus, un médecin dans son code de déontologie se fait un devoir de vous laisser la maîtrise du choix de votre traitement. Il propose et vous disposez. Votre détresse n’annihile pas votre capacité de jugement et de consentement concernant le meilleur moyen de vaincre la maladie.
Bref, imaginez que je sois le Schwarzenberg du « péché récurrent » ! Quelle audace !
Tout d’abord, je dirais que le péché est la conséquence d’une situation. C’est très important de comprendre cela, parce que pour vaincre une difficulté, mieux vaut en comprendre la cause.
Dans un traitement, il y a toujours deux sortes de médicaments : ceux qui luttent contre les effets immédiats, par exemple la douleur, et ceux qui s’attaquent au mal, par exemple, les antibiotiques.
Pour illustrer, si quelqu’un boit, le mieux c’est d’arrêter tout de suite. On traite ainsi des effets, la douleur immédiate cesse. Mais pour guérir durablement, il faut traiter la question du pourquoi je bois, c’est plus long mais sur la durée, c’est efficace.
Non, tu n’es pas un sale pécheur perverti. Tu es une personne créée à l’image de Dieu. Jésus t’aime alors que tu es encore pécheur ! Il n’a pas attendu que tu sois parfait pour donner sa vie en rançon pour toi. Il l’a fait alors que tu es pécheur (ou pécheresse). Ce qui signifie que tu as en toi un potentiel de développement extraordinaire, quelque soit ta situation, ta condition sociale ou intime. Il faut simplement te mettre en marche ! C’est cela la foi, se mettre en marche. On ne passe pas directement de l’obscurité à la lumière, on n’arrive pas directement à Canaan en quittant Babylone, on n’arrive pas à la Terre Promise directement après être sorti d’Egypte. Il y a un désert à traverser, et ça il faut bien le comprendre. Certains ont préféré l’esclavage de l’Egypte plutôt que la traversée du désert et parvenir à la liberté. Lecteur, mets-toi en marche, quitte ton Egypte natale et va vers le pays promis ; engage-toi sur le chemin de la liberté.
Seulement prends bien garde aux églises qui te présentent des solutions simplistes. A peine viens-tu de quitter ton Egypte, qu’on te demande d’être parfait. Comme tu ne l’es pas, tu commences à te cacher derrière les apparences. Tu deviens religieux, tu es comme la bouteille de champagne, il faut bien serrer le bouchon pour éviter l’explosion. Non, si tu es fils d’Abraham, tu es en marche, bravo, il reste des victoires devant toi, des territoires à conquérir. Tu n’es pas encore parfait.
Si tu es atteint par un péché récurrent, et que de plus tu as conscience de cet état de mal dans ta vie, ce qui est le cas puisque tu cherches une solution, la première pensée à combattre c’est le regard mauvais que tu portes sur toi-même. Comment regardes-tu le pauvre type ivre dans la rue, mal rasé et titubant ? Comme ce qu’il est en apparence, un pauvre type. Et c’est comme ça que nous nous regardons quand nous prenons conscience de notre état de péché, surtout s’il est récurrent. Nous avons cette pensée dans notre tête : je suis un pauvre type ! Et hop, on reprend un verre pour aller mieux. Certains vont voir le pasteur qui leur dit : sois parfait mon gars : et hop, un deuxième !
Non, ce n’est pas comme ça, même si tu es le pire des poivrots, Jésus t’aime et tu as de la valeur pour lui. Et si tu es un violeur de petite fille aussi…En écrivant cela, je mesure toute la souffrance que cela peut représenter pour une victime. Le péché est horrible mais Jésus est venu pour délivrer. Il n’est pas venu pour excuser. Si tu es conscient d’un péché récurrent, petit ou grand, tu peux commencer à regarder les choses en face pour en sortir. Il y a une solution au mal, si tel n’est pas le cas, refermons la bible.
Le péché récurrent n’est donc que l’apparence de ta situation d’homme séparé de Dieu, la conséquence du fait que tu as été livré au mal à cause de ta méconnaissance de celui dont tu pourrais être le reflet, l’image. C’est ce que dit l’épître aux Romains.
Le fait d’employer l’expression « n’est que l’apparence » n’a pas pour objet de minimiser la gravité du mal. J’essaie simplement d’amener le lecteur à la racine du mal.
Il nous faut donc réapprendre à connaître Dieu.
La difficulté est énorme parce que je le dis comme je le pense, les églises ont travesti l’image de Dieu. Elles dégoûtent et découragent de chercher Dieu, uniquement parce que dès lors qu’on prononce le mot de Dieu, on regarde non pas à Dieu, mais à ce que l’humanité a fait de Dieu. On voit dès lors les croisades, les superstitions, les cultes idolâtres, les guerres, les intolérances, les autodafés et tutti quanti Et pour ceux qui font l’effort de passer par-dessus ces a priori, elles cherchent à les récupérer par esprit de puissance. Les églises en général n’ont rien à foutre des croyants, elles voient dans le croyant premièrement le bénéfice qu’elles peuvent en tirer pour elles-mêmes ; puis elles font du recensement.
Jésus est venu pour délivrer Adam et Eve de l’esclavage du mal. C’est la priorité des priorités ; il n’est pas venu pour bâtir une Eglise. Il y en a marre de tout ce légalisme construit autour des paroles de Jésus ! Si Jésus avait voulu écrire un traité sur la société parfaite et ses codes de bonnes conduites, il l’aurait fait. Oui, diront certains, c’est l’enseignement qu’il a donné dans ce qu’on a appelé « le sermon sur la montagne ». Et puis il y a Matthieu 18, les lettres de Paul etc. Toutes ces personnes qui se triturent les méninges pour trouver les recettes de l’église idéale, ce sont les mêmes qui, lorsque vous les interrogez sur l’épître aux Romains chapitre 8, vous rétorquent : « Jésus est mort sur la croix ». Alors vous reposez votre question et la même réponse revient : « Jésus est mort sur la croix ». Mais cette réponse est donnée uniquement pour vous la faire boucler, parce que vos questions dérangent et que dès lors vous devenez un adversaire qu’il faut réprimer par l’épée de l’esprit : la Parole de Dieu. Pardonnez-moi, mais il y a beaucoup de crétins à la direction des églises.
Pécheur récurrent, es-tu toujours là ? Prends courage, lève-toi et marche. Mais fuis les charlatans comme la peste.
Tu as donc maintenant compris plus précisément qu’il te faut entrer dans une connaissance personnelle de celui dont tu es appelé à être l’image. Quel programme n’est ce pas ?
Comment en effet, pourrais-tu être le reflet de celui que tu ne connais pas ?
Nous sommes tous marqués par des airs de famille. Nous sommes fiers parfois de ces marques d’appartenance au clan familial, parfois honteux d’autres traits dont on se passerait bien. Pourquoi avons-nous des ressemblances ? Parce que nous avons vécu ensemble, nous nous connaissons au point de parler le même langage, d’utiliser le même accent, d’avoir les mêmes gestes et mimiques.
Pour ressembler à Jésus, il faut le connaître, vivre avec lui. Et là, que faites-vous ? Vous vous précipitez dans une cathédrale pour adorer le Saint Sacrement…Vous voyez comme la religion est pervertie. Elle détourne un besoin humain fondamental, connaître Dieu, pour vous attirer dans un système et vous faire croire que la présence de Dieu est contenue dans un morceau de pâte à crêpe : l’hostie ! Des millions de gens, voire des milliards croient cela ! Des gens très intelligents ont écrit des tonnes de livres pour l’expliquer et le justifier. Ce sont les mêmes qui s’offusqueront de toutes ces sectes protestantes qui pullulent sur terre.
Comment vas-tu faire pour rencontrer Jésus, puisque Jésus n’est pas sur terre ? Et bien la réponse est à la fois simple et complexe. Toi qui crois en Jésus, tu as reçu le Saint Esprit.
Si un incroyant a lu mon blog jusqu’ici, cette fois, s’il est normal, il va quitter, car c’est certain, je délire !
Un pécheur récurrent pourrait donc être habité par le Saint Esprit. OUI, c’est d’ailleurs ce que dit l’apôtre Jean dans ses lettres. « Si nous disons que nous sommes sans péchés, nous sommes des menteurs. Petits enfants, je vous écris afin que vous ne péchiez pas ».
Ces paroles m’ont longtemps fait manger mon chapeau. D’un côté il y a l’ordre donné : soyez parfaits ! Ou encore, ne péchez pas ! Et de l’autre, si vous dites que vous êtes parfait vous êtes un menteur. C’est à devenir fou. Non, tout simplement Jean parle à des gens qui ont déjà reçu un enseignement clair. Un chrétien, c'est-à-dire un croyant en Jésus, c’est quelqu’un qui est en marche vers la perfection de Dieu. Certes nous ne devons pas pécher, mais si nous avons péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ, Le Juste, qui intercède pour nous. Nous sommes sauvés par grâce, c’est un cadeau gratuit, alors que nous sommes encore pêcheur. (Non, messieurs, le salut n’est pas réservé aux parfaits). Dès lors nous pouvons commencer à nous mettre en marche pour commencer à ressembler de plus en plus à Jésus, non pas parce que nous craignons le bâton et la déchéance de notre statut d’homme sauvé, mais parce que nous avons choisi de nous mettre en marche sur le chemin de la délivrance de l’esclavage du péché.
Alors comment vaincre le péché récurrent ?
Règle le problème de ta filiation ! Boum, qu’est ce qu’il raconte celui-là ? Je m’explique. Il y a un grave problème dans les églises protestantes évangéliques. Quand vous avez fait le tour de la théologie qui y est enseignée, vous vous rendez compte qu’en fin de compte la notion de salut par grâce qui leur est chère n’est pas claire. Systématiquement quand tu te découvres un péché dans ta vie ou quand tu découvres un péché récurrent chez autrui, tu t’interroges : mais alors était-il sauvé ? Suis-je sauvé ? Sous entendu, Dieu m’aime t-il ? Suis-je aimable ? Suis-je aimé ? C’est une question interminable et fondamentale. Une fois pour toute il faut être clair sur ce point. Oui, monsieur le Pasteur pécheur récurrent, comme tu l’écris sur le fronton de ton église, c’est bien par grâce que tu es sauvé.
Si tu as un problème de péché récurrent, règle le problème de ta filiation. Es-tu Fils de Dieu ? Si tu regardes à tes péchés, récurrents ou non, tu vas répondre non. Si tu regardes à l’œuvre de Jésus et à la foi que tu as placée dans cette œuvre, tu répondras oui, je suis Fils de Dieu, c'est-à-dire je suis créé à son image, pour être son reflet. C’est comme cela qu’il te voit. Tu ne peux pas vaincre ton péché récurrent si tu ne crois pas cela, qu’il t’aime alors que tu es encore pécheur. C’est cela con-naître Dieu, c'est-à-dire naître de Dieu, comme Nicodème, ce vieillard de l’évangile de Jean chapitre 3. Il faut naître de l’Esprit.
Un jour j’écrirai un article encore plus long pour montrer comment dans la bible on peut trouver des tas de versets qui permettent de s’auto flageller, de s’enfermer dans des prisons de doute et comment en entrant dans cette démarche de doute biblique, par une forme de littéralisme inintelligent, on manque le but qu’on s’assigne : soyez parfaits ! Et j’entends l’écho, « comme votre Père céleste est parfait !».
Notre propension à alimenter notre perversité naturelle est formidable. Si nous n’y prenons pas garde, on peut effectivement glisser rapidement dans la religiosité d’une bigote apeurée.
13:55 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, évangélique, église
mercredi, 04 juillet 2007
QUE TA GLOIRE REVIENNE DANS L'EGLISE
Je pense à un chant : « Que Ta gloire revienne dans l’Eglise ! ». On chantait ces paroles à s’égosiller dans mon église charismatique, il y a quelques années. Bah ! Tout cela, c’est du passé.
Ce chant est l’illustration d’une théologie fortement développée dans les églises évangéliques. Cette théologie se manifeste différemment selon qu’il s’agit d’une église charismatique ou qu’il s’agit d’une église anti-charismatique. (« Anti » est employé sciemment, car il y a un véritable antagonisme, voire une hostilité entre ces tendances dans les milieux évangéliques). Cette théologie concerne le rôle de l’Eglise : refléter la gloire de Dieu ! De ce concept découle tout le fonctionnement de ce milieu.
Il y a un avant, l’homme pécheur, un après, l’homme sauvé, qui entre par profession de foi dans l’église.
Avant, l’homme pécheur est l’objet de toutes les attentions du missionnaire ; c’est un perdu qu’il faut sauver.
Après, c’est un chrétien, assujetti au lourd tribu de la responsabilité du témoignage de la gloire de Dieu dans l’Eglise.
Lourd, très lourd…A cause de cela, j’ai toujours regretté d’avoir mentionné que j’étais devenu croyant en Jésus, car à partir de ce jour, les missionnaires attentionnés sont devenus exigeants. J’étais entré dans l’armée de Dieu, assujetti à la dîme, à l’obligation d’aller aux réunions de l’Eglise, à faire du porte à porte, à la fraternité du regard des autres sur ma vie personnelle, accessoirement à leur jugement sur mes choix. Je suis directement passé de la foi en Jésus à la pratique de ma nouvelle religion : j’étais sauvé !
Je vais démontrer dans ce billet qu’au-delà des différences qui nourrissent les divisions et les confusions dans le monde évangélique, la théologie du rôle de l’Eglise, bien commune aux deux tendances, découle de principes savamment tirés d’une interprétation ultra littérale de la bible et entraîne les mêmes conséquences. Finalement, nous verrons que dans la pratique, les différences théologiques avec l’Eglise Catholique s’estompent jusqu’à se confondre dans un idéal commun : le devenir de l’humanité par l’affirmation des valeurs morales.
Ce qui m’intéresse, ce qui compte, ce sont les conséquences de cette théologie sur l’individu.
Que l’on soit évangélique, charismatique ou non, catholique, intégriste ou non, l’Eglise, pensée comme siège de la gloire de Dieu, et organisée pour cela, pose la question des moyens pour y parvenir et s’y maintenir. La défense de l’ordre et la discipline imposés comme moyen pour ce motif louable, mènent à l’enfermement légaliste et donc au désordre. Le système religieux devient l’enjeu, l’objet de toutes les attentions ; les individus qui le composent deviennent secondaires, instrumentalisés au service d’une cause supérieure. Alors que Jésus met l’individu au centre de ses préoccupations, la notion d’église, détournée de son sens, surexposée, idéalisée, broie l’individu, le renvoie dans l’enfermement de la loi.
Souvenons-nous simplement des paroles de Jésus : « mon royaume n’est pas de ce monde ». Puis réfléchissons aux objectifs assignés aux églises, d’être un vecteur de transformation du monde, une micro société en développement, un modèle destiné à engloutir le monde pour le sauver. Cette théologie de l’Eglise reflet de la gloire de Dieu est la racine de tous les intégrismes, elle prépare le lit de tous les excès menant au fantasme moraliste de la conquête du pouvoir politique, dans l’attente du retour du Christ.
C’est donc par une sorte de perversion intellectuelle que les Eglises, puisant dans la Parole de Dieu les ingrédients nécessaires, vont édifier une théologie de la gloire de Dieu :
1 – description de ce qu’est la gloire de Dieu,
2 – découverte du lieu où cette gloire veut se manifester :
- au milieu du peuple d’Israël, sous l’ancienne alliance,
- dans l’Eglise, sous la nouvelle alliance.
3 – conditions pour recevoir la gloire de Dieu
4 – conditions pour la garder et moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
1 – La gloire de Dieu est intimement liée à la notion de perfection.
Ce Dieu parfait ne peut pas être approché ni même regardé en face. C’est le buisson ardent avec Moïse, la montagne sacrée d’Israël dans le désert, qu’il ne faut pas toucher.
Cette notion de gloire de Dieu est donc invariablement mise en corrélation avec l’exhortation de Paul « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».
Sous la pression des églises, cette exhortation devient un ordre qui, par effet de boomerang, se mue en système de culpabilisation, et par un mécanisme que je décris par ailleurs, contribue à la domination perverse des systèmes religieux sur les croyants. La gloire de Dieu, mise entre les mains des religions, devient un motif de perversion et de domination des consciences.
2 – Toute la théologie du christianisme repose sur l’idée d’un Dieu qui veut habiter parmi les hommes.
Sous l’ancienne alliance, la gloire de Dieu repose sur le tabernacle, sorte de temple portatif utilisé pendant la pérégrination d’Israël dans le désert. Exode 33.
Il est utile de noter ici que le terme « tabernacle » est employé par l’église catholique pour désigner l’armoire dans laquelle est contenue l’hostie consacrée, sensée contenir, par pouvoir sacramentel des prêtres, la présence de Dieu ! On va alors jusqu’à adorer l’objet précieux…
Sous la nouvelle alliance, la gloire de Dieu est comprise comme devant se manifester dans l’Eglise. On trouve peut de justifications bibliques concernant ce thème. L’essentiel de cette théologie repose sur une transposition du culte décrit dans l’ancien testament, appliqué dans un sens renouvelé au travers de la notion d’église et de ses symboles, au culte néotestamentaire.
Il est ainsi convenu dans le monde évangélique que Dieu manifeste sa gloire au travers des croyants par le Saint Esprit. La notion d’Esprit Saint et son action est différemment développée selon les tendances. Cependant, quelque soit la théologie concernant le Saint Esprit et l’importance qui lui est attribuée, le croyant reste le vecteur principal de la manifestation ou non de la gloire de Dieu dans l’Eglise.
Cependant si Dieu veut habiter parmi les hommes, il peut en être empêché.
L’ancien testament montre comment la désobéissance d’Israël mène à la perte de la gloire de Dieu et par suite à la défaite devant les ennemis.
Par transposition, l’obéissance dans l’Eglise devient un thème essentiel, ouvrant ainsi, dans la prédication de la grâce, la porte au légalisme et à toutes ses conséquences, dont notamment le retour dans la vie du croyant du sentiment de culpabilité et donc, de l’enfermement que ce sentiment contient en lui-même : désir d’en sortir, efforts pour s’améliorer, révolte : tout sauf la grâce…
3 – Pour recevoir la gloire de Dieu, il faut donc être parfait ! La gloire de Dieu est incompatible avec le péché. A partir là, toutes les confusions sont possibles : si Dieu n’agit pas, si sa gloire n’est pas visible dans ce monde qui se perd, c’est à cause de l’Eglise pécheresse. Il faut donc débusquer les responsables…et mettre en place tous les systèmes de protection utile à la préservation de la gloire de Dieu.
On n’en finirait pas de décrire les conséquences de cette superstition effrayante dans les églises évangéliques.
Dans les églises charismatiques, une action forte et visible de l’Esprit Saint est attendue. Lorsque ces signes ne se manifestent pas, une énorme pression s’exerce sur les croyants. J’ai vu des croyants quitter leur église parce qu’ils se croyaient un obstacle pour l’action du Saint Esprit dans l’Eglise. Je peux citer des noms, car j’ai visité ces personnes et entendu de leurs propres aveux les motifs de leur éloignement. Je n’invente rien.
Dans les églises anti-charismatiques, on ne parle pratiquement pas du Saint Esprit. Du moins, la notion se veut-elle plus subtile…on n’en parle pas, pourtant on en parle toujours…Peu importe, dans ces églises, le témoignage du chrétien va devenir très important. C’est par le témoignage de l’Eglise que le monde va se tourner vers Jésus. Comme on ne trouve pas de conversions en masse en France comme dans d’autres pays, où est le problème ? Chez les croyants bien sûr, qui n’obéissent pas suffisamment à la Parole de Dieu ! Qui ne sont pas assez consacrés, qui ne vont pas à toutes les réunions, qui prennent la Sainte Cène alors qu’ils en sont indignes etc. Comment voulez-vous dans ce contexte que la gloire de Dieu agisse ? Soyez parfaits !
4 – A partir de là les pasteurs et responsables (pas tous, j’en connais des biens… faut pas exagérer) mettent en place des systèmes légalistes qui produisent les effets contraires à ceux recherchés. La boucle est bouclée.
La promotion de la gloire de Dieu, vue sous cet angle, est la porte ouverte à tous les abus au nom de Dieu !
Dans l’histoire de l’Eglise catholique, les conversions forcées, les inquisitions, pour la bonne cause de l’ordre moral et de l’action de Dieu sur terre ne sont plus à démontrer : tuons les tous et Dieu reconnaîtra les siens.
Dans l’histoire du protestantisme, et plus proche de nous, dans le milieu évangélique on trouve les mêmes racines justifiant les mises au bucher sous Calvin, les exclusions de la communion, la mise à l’index et j’en passe.
La gloire de Dieu est un joli sujet ; associé à l’esprit religieux, c’est un instrument redoutable pour les systèmes en mal de puissance et de domination. Continuez, Messieurs, ne vous gênez pas !
14:00 Publié dans CE MONDE, UN ROYAUME POUR LES EVANGELIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, évangélique, église
vendredi, 08 juin 2007
Une Eglise parfaite
Lorsque l'Eglise existe pour elle-même, elle cesse d'être l'Eglise, c'est à dire la communauté des croyants.
On voit des missionnaires bien intentionnés dont l'objectif est d'ouvrir une Eglise. Ils ont en tête un canevas, celui qu'on leur a enseigné dans les instituts, qui eux-mêmes ont puisé dans la Parole les éléments qu'ils ont rassemblés pour se construire une doctrine bien léchées concernant l'église néo-testamentaire.
L'Eglise est donc hiérarchisée, en Pasteurs, docteurs, anciens, prophètes, simples croyants...
Ces missionnaires ont un programme qu'ils appliquent dans le BUT de mettre en place une structure d'Eglise selon leur modèle.
Ainsi, tout ce qui n'entre pas dans "les clous", devient obligatoirement suspect.
On ne fait rien d'autre en réalité que reproduire ce qui se passe depuis la nuit des temps, à savoir construire un système de valeurs, hiérarchisé, autoritaire, moraliste, puissant, prétentieux.
Il ne faut pas pour autant "cracher dans la soupe" ou "jeter le bébé avec l'eau du bain". Personne ne parvient à la vie ex-nihilo; il nous faut reconnaître l'apport des uns et des autres dans la connaissance du message biblique :
merci, les écrivains prophètes, merci les traducteurs, les bibliothécaires, merci les évangélistes...
Il faut certes s'organiser et en même temps rester vigilant face aux excès inévitables que génère l'orgueil, par exemple, des mouvements et institutions qui peuvent être tentés par la jouissance que procure le pouvoir et la reconnaissance des autres.
Le message biblique est simple, Luther l'a redécouvert en son temps, bien que lui-même asservi dans un système religieux qu'il a cru pouvoir réformer : " c'est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi".
Ce message s'adresse à des individus, hommes et femmes et dit :
- tu as besoin d'être sauvé,
- le salut est un don gratuit,
- la foi, c'est à dire l'assurance des choses qu'on espère, la démonstration de ce qu'on ne voit pas, la foi seule suffit.
Lorqu'une personne entend ce message et se l'approprie par elle-même, se pose alors pour elle, immédiatement, la question de l'EGLISE...et les confusions qui vont avec.
Certes oui à la relation entre croyants,
Mais cette église dans laquelle il FAUT entrer, de laquelle, il faut subir les regards de jugements, à laquelle il faut se conformer, de laquelle il faut tout recevoir et tout donner ? NON.
06:40 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : église, christianisme, évangélique






