dimanche, 11 mai 2008

science divine et divine science

Bien que nous vivions dans un monde où la science a pris la place de l'autorité divine, !!!! C'est ainsi que je commençais ma note hier, citant E. Roudinesco, comme mes lecteurs assidus le savent. Je voyais déjà les fondamentalistes évangéliques s'exciter : "Le voilà qui fustige la science qui prend la place de Dieu, il revient dans le droit chemin ! C'est pas trop tôt...et patati et patata..." Et puis grosse déception. Non, il n'écrit pas pour décrier la science, non il ne perroque pas ce qu'il a entendu pendant des décennies dans les études bibliques du froid soir de janvier. La perdition, c'est ça !

samedi, 19 janvier 2008

C'était pourtant facile

C'était pourtant facile de comprendre pourquoi l'apôtre Paul après avoir largement démontré la nécessité absolue du salut par grâce concluait son épître par toutes sortes de recommandations. Il s'agissait bien entendu de conseils donnés aux croyants, destinés à leur facilité la mise en oeuvre dans leur vie quotidienne des principes de résistance au mal pervers qui nous atteint, soit de l'intérieur, soit de l'extérieur. Il connaissait bien les situations concrètes et particulières difficiles auxquelles étaient confrontés les hommes et les femmes, comme nous le sommes aujourd'hui. Mais l'homme religieux, le pasteur, le prêtre, l'esprit religieux en nous qui veut nous asservir à la loi, à partir de ces textes magnifiques, a voulu reconstruire un code parfait auquel il faut se plier pour mériter la grâce. Quelle absurdité ! D'autres conscients de cette absurdité cherchent les raisons qu'il y aurait d'obéir avec la rigueur du bon soldat aux impératifs de l'apôtre dont la parole serait parole d'évangile. L'écriture divinisée, religiosée...et qui devient jugement sur la conscience accusée. On y revient, n'est ce pas ? Alors on ne trouve plus comme raison que l'obéissance par amour pour le christ... Et si je n'obéis pas ou mal ? si je tombe ? Ah, je n'aimais pas vraiment...et ainsi de suite, je reste prisonnier des pièges de la conscience qui se défend et s'accuse. Fausse route ! Un lecteur qui n'est pas dans le contexte de la foi ne va rien comprendre certainement ou pas grand chose, il dira que nous sommes fous. Dans l'oeuvre de Jésus, c'est à dire sa vie, est contenu le message de libération de la conscience qui s'accuse et se défend, racine de tous nos maux, relationnels et comportementaux. Comprendre cette oeuvre, c'est se donner la possiblité d'engager une démarche personnelle de renouveau, non par contrainte, mais parce qu'ayant découvert ce qui donne la vie, le choix de vivre implique la mise en oeuvre par choix de ces principes de vie. Et si je n'y arrive pas ? J'ai un avocat. Libre ! J'irais même un peu plus loin. Dans l'épreuve, je suis curieux de voir comment Il va me délivrer. Les conseils donnés ne sont plus des ordres, mais des attitudes de vie qui permettent de résister au mal, à la perversion, à la soumission avilissante..Je me projette dans l'attente de voir comment Il va faire pour me sortir de l'impasse dans laquelle les pièges du pervers et de l'accusateur m'ont enfermé. C'est là qu'intervient la résurrection à laquelle personne ne croit. Mais dans la résistance pour motif de foi est compris le principe de vie, le passage par la mort, la souffrance résistante, qui ouvre à la victoire. Pessah ! C'est pour cela qu'il est écrit qu'avec l'épreuve, il prépare le moyen d'en sortir. Avant de vaincre la mort, pour peu que nous y croyions vraiment, apprenons à vaincre nos épreuves passagères avec les armes qui nous sont données dans l'épître aux Romains. Nous comprendrons alors peut-être ce que signifie renaître, vaincre, et peut-être un jour ressusciter... Comme Paul le dit : si Christ n'est pas ressuscité nous sommes les plus malheureux des hommes, mangeons et buvons. Mais il est ressuscité, puisque c'est nécessaire.

dimanche, 13 janvier 2008

POURQUOI LA SOUFFRANCE ?

On pense communément que si Dieu existait, il n'y aurait pas de souffrance. La souffrance est révélatrice, elle indique que quelque chose ne va pas. En matière relationnelle, les souffrances viennent des incompréhensions, mensonges, pressions, chantages.. Replaçons nos difficultés relationnelles dans la binarité vécue de la conscience : accusation - défense, c'est à dire que sans cesse notre conscience est habitée de sentiments de culpabilité et de désirs de justification, d'où par exemple les accusations qu'on se lance à la figure lorsque quelque chose ne va pas. C'est ta faute, je ne l'ai pas fait exprès ! Si ça continue ça ira mal (menace pour soumettre), je t'en prie ne me laisse pas (soumission qui renforce le pouvoir du pervers) etc... Lorsque Jésus a résisté sur terre aux pressions, chantages, manipulations, il a coupé le lien psychologique établit entre le pervers et la victime. Il ne s'est jamais positionné ni dans l'attitude de victime (l'attitude du faible qui se soumet), ni dans l'attitude du pervers (celui qui se défend en accusant). C'est pourquoi dans les églises évangéliques on chante benoitement, un sourire angélique au lèvres, "il n'y a plus de forts, ni de faibles. Quand je suis fort, c'est alors que je suis faible !" Pourquoi chantez-vous cela ? Le lien pervers/victime que nous entretenons dans nos relations mutuelles, nous le vivons en permanence entre Dieu et nous, entre nous et notre conscience. Qui ne fait pas du chantage affectif, qui ne s'infantilise pas lui-même à un moment ou à un autre ? sans réussite bien entendu, car en conscience, ce type de démarche mène à l'impasse. Qui ne se révolte alors pour obtenir par force, rebellion, ce que nous souhaitons obtenir, sans plus de succès. Il a résisté...et il résiste encore patiemment, jusqu'à mourir si nécessaire, jusqu'au sang, si nécessaire, mais il ne cède pas. Il rompt le lien de dépendance perverse, pour libérer. Il a résisté. L'épître aux Romains en parle très clairement, mais s'aventurer sur ce difficile chemin fait peur. Tu peux sortir de ta souffrance morale...Dans ce contexte, peux-tu encore te complaire dans la culpabilité qui te fait souffrir, et que vas tu faire de la révolte dans laquelle tu te détruis. En conscience dans le seul à seul avec toi-même tu peux t'engager sur le chemin étroit de la liberté. C'est pourquoi, comprenant la liberté (par rapport au lien de perversion), cette possibilité ouverte d'une nouvelle vie grâce à l'acte de résistance réalisé par Jésus pour tout homme, maintenant tu peux travailler à guérir des problèmes relationnels que tu vis autour de toi, dans ta famille, à l'école, au travail, dans ton église où tu retrouves les mêmes problèmes malgré les accolades et les appellations frère-soeur, malgré les claques dans le dos et les saints baisers. Ma souffrance m'amène à penser qu'il y a en Lui la délivrance.

vendredi, 28 décembre 2007

UBI CARITAS

Quand on écrit Dieu est amour, ce n'est pas un scoop et au moins, on est certain de ne pas se tromper. Là où ça se gâte, c'est lorqu'on regarde la manière dont on interprète cette caractéristique divine :

- le christianisme est expliqué et vécu comme une religion de la charité. Un bon chrétien doit :

     - tendre la joue droite si on le frappe sur la joue gauche et vice versa,

     - faire l'aumone aux pauvres,

     - être compatissant envers les faibles,

     -  etc...

Pensez au Dieu d'amour, vous aurez les yeux humides. Pas étonnant que dans une société où le fric se gagne à l'arrache, la vertu amour de notre société aux racines chrétiennes (si j'en crois mon Président), soit remisée au placard.

Moi qui suis resté deux ans à Taizé à la fin des années 70, à faire le service de l'accueil, on chantait dans l'église de la Réconciliation "Ubi caritas et amor, Deo si bi est" . Vous excuserez mon latin approximatif. Si on devait résumer le christianisme (et pas seulement le Catholicisme mon petit Nicolas...),on dirait que c'est la religion de l'amour. Comme c'est beau !

 1 corinthiens 13 est le texte biblique le plus célèbre concernant l'amour. Je vous le mets en ligne (1ère lettre de Paul aux habitants de Corinthe).

- être patient,

- ne pas chercher son intérêt,

- ne pas juger,

- croire tout,

- tout espérer (sous entendu, d'autrui),

- ne pas se vanter,

- tout supporter (même les blogguers impertinents)

- ne pas soupçonner le mal...

Bon j'arrête ici, j'en vois qui s'enfoncent de plus en plus dans leur siège.

On est bien d'accord, impossible à vivre. Alors autant avoir une compréhension de l'amour plus accessible (la charité chrétienne, dans son acception traditionnelle : donner au pauvre, tendre la joue droite, acheter le pain pour la voisine). C'est comme cela que le christianisme est devenu dixit ubuntu une coquille presque vide, une religion d'oeuvres de bienfaisance essentiellement. J'en connais des sincères qui se couperaient en 8 pour vous rendre un service, et c'est vrai que c'est appréciable et rare.

Mais l'Amour, ce n'est pas "faire" mais "être". Oh, la belle trouvaille ! 30 années de recherche perso pour écrire qu'on a compris la différence entre le faire et l'être. Mazette, il est fort celui-là ! 

 Et moi, être patient c'est pas mon truc; ne pas juger, encore moins  (hein pasteur, t'en sais quelque chose...); ne pas me vanter, c'est pas mieux, au pire je me dénigre moi-même, comme ça je suscite des louanges...mais si mais si, il est bien ton blog...Faussement modeste que je suis. Bon, où en étais-je ?

Ah oui, l'amour de Dieu, c'est pas comme on croit que c'est, c'est autrement. Voilà, c'est ma thèse du jour.

Comment tout supporter, être patient, ne pas se vanter, ne pas juger , Il faut un coeur nouveau ! un esprit nouveau ! on croirait entendre un pasteur évangélique. 

J'ajoute tout de même un dernier petit détail, ça sent le piège...Si vous lisez comme je le crois le passage biblique en référence, vous constaterez qu'on peut donner tous ses biens aux pôvres et ne pas être dans l'amour. Vous voyez que j'ai raison !!! vantard en plus.

lundi, 24 décembre 2007

Votre cadeau c'est moi


En cette belle veille de Noël, j'ai décidé de vous faire un cadeau ! un cadeau prétentieux : MOI.

Ah, tu parles d'un cadeau... un cauchemard oui, surtout pour mon pasteur. Ca me rappelle le film avec Pierre Richard, "Le jouet", dans lequel Pierre Richard est offert à un enfant en manque de père...

J'ai donc décidé d'offrir en pâture au monde entier une partie de mon histoire personnelle. Je m'imagine faisant la une des journaux, le blog de machin etc...ou bien condamné par la justice pour mes propos vengeurs...mis à l'index de je ne sais quel papiste immodéré, condamné à mort, comme cela arrive parfois. Bon mais je reviens sur terre, mon blog n'intéresse que peu de monde. A qui la faute ? à moi bien sûr, et ce n'est pas l'histoire que je vais vous raconter ce matin qui va changer quelque chose.

C'était en 1981, ouhhhh ! fait le loup, il y a bien longtemps. Je terminais la première partie de mon autoanalyse. J'avais définitivement remisé la bouteille de whisky qui désormais avait disparue de ma chambre au FJT. En ce mois de novembre, lorsque je tendais le bras au pied de mon lit, ce n'était plus pour attraper la bouteille, mais pour prendre une bible que j'avais déjà pas mal annotée.

A cette époque, j'avais rencontré une de ces sectes évangéliques (excusez moi, je parle à la manière des journalistes du "Monde"), secte évangélique faisant du prosélytisme à tout crin, par tous les moyens :

- jouer de la trompette dans les rues,

- distribuer des tonnes de tracts évangéliques,

- vendre des calendriers,

- ET.... monter sur le piler de la cathédrale Saint Mamès à Langres, patrie de Diderot, mais également des Lingons, siège historique de l'épiscopat du département, cité catholique s'il en est, dans cette bourgade paysanne.

Oui, mesdames et messieurs, je suis monté avec un fou-dingue évangélique, sur la base du pilier de la cathédrale Saint Mamès, pour arranguer la foule sur le parvis lors d'une soirée festive organisée par la municipalité. Mon copain missionnaire agitait la bible en tout sens. Les gens nous regardaient ahuris, certains criaient "on se croirait au moyen âge". Un moment j'ai pensé : "on va se faire lincher". Et bien non, une fois notre numéro terminé, nous sommes repartis, tranquillement, libres, heureux du travail bien fait.

DOUCE FRANCE !

Ci-dessous la cathédrale Saint Mamès et le fameux pilier, à droite face à la porte. imaginez un peu... 

 

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samedi, 15 décembre 2007

C'est le moment !

Oui, c'est le moment de ressortir les bibelots de Noël, les guirlandes, le sapin.

 Pendant ce temps là, lui, le Pasteur (mon copain), farfouille dans ses vieux papiers jaunis. "Voyons se dit-il, quel message de Noël vais-je choisir cette année ?"

Il a le choix, car Noël, dans les églises évangéliques peut être traité de différentes façons :

Le message indigné : dans ce cas, le pasteur s'insurge contre la société de consommation et un Noël artificiel où Jésus n'a plus sa place,

Le message angélique : il vous lit l'histoire des bergers dans la nuit suivant l'étoile pour adorer le joli bébé, puis il entonne "douce nuit",

Le message culpabilisateur : "En cette nuit de Noël, cette belle fête de famille, avez-vous pensé à inviter votre belle-mère qui vit seule ?"

Le message savant : il vous explique pourquoi Noël, pourquoi le 25 décembre, le symbole de la buche, les interprétations babylonienne (Pendant ce temps là, comme dans les lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet, vous pensez à la dinde farcie qui mijote),

Le message classique : il vous explique en long en large en travers le message biblique et la signification de la venue du Christ sur terre, en passant par sa mort, sa résurrection, son retour dans la gloire. (Ce genre de message dure 2 heures au minimum et à la fin vous avez les doigts rugueux d'avoir tourné les pages de votre bible à toute vitesse pour suivre les réferences bibliques indubitables qu'il vous a assénées),

Le message gynécologique : il vous explique, rouge de confusion, pourquoi Marie était vierge,

 Le message vivant : il arrive habillé en paysan pour faire vrai, suivi de l'âne et du boeuf et crie au scandale que pour la naissance du sauveur, il n'y a même plus une place à l'hôtel !

 Le message rapide :" Noël, c'est tous les jours, hurle t-il au micro, tous les jours y faut accueillir Jésus dans son coeur et faire plaisir aux zôtres".

Le message mercantile : à la fin, il passe la corbeille en appelant à la générosité,

Le message blasé : on est en présence d'un pasteur déprimé qui n'y croit plus vraiment,

Le message sincère : il pleure en pensant au salut annoncé par les anges,

Le message drôle : il espère captiver son auditoire en faisant des blagues, pour cela, il est allé sur hautetfort pomper des idées sur mon blog le petit malin...

Allez tchao bonsoir et bien sûr je ne terminerai pas en vous souhaitant un joyeux Noël (c'est trop tôt). 

 

 

 

 

samedi, 08 décembre 2007

Archi nul

Franchement quand je relis mon résumé de l'épître aux Romains, je m'aperçois combien transpire mon manque d'indépendance d'esprit, combien j'essaie au travers de ce pitoyable essai tout à la fois d'être original et consensuel vis à vis de la pensée évangélique. Ce qui fait bien entendu que le résultat est nul, archi nul.
 
Tout cela me rappelle les soirs où j'allais stupidement aux réunions de mon pasteur fondamentaliste, croyant trouver un lieu de discussion, d'échanges et d'écoute mutuelle. Rien de tout cela. A cette époque, je croyais encore à la vitalité des partages vécus et à leur intérêt. Mais j'avais mal compris : quand on entre dans une église évangélique, c'est pour y recevoir la vérité. Ceux qui discutent deviennent très vite des opposants qu'il faut faire taire, comme l'écrit l'apôtre Paul, par la prédication de la croix. Mon pasteur l'a bien compris, c'est pourquoi, après que j'eus posé quelques questions, il ne faisait qu'anoner "Jésus est mort sur la croix, Jésus est mort sur la croix, Jésus est mort sur la croix". La troisième fois, j'ai enfin compris, il fallait que je la boucle. L'épée de l'esprit m'avait vaincu. Moi bêtement je croyais qu'il était vivant, ressuscité, et que cela pouvait vouloir dire quelque chose dans l'intimité du combat que tout un chacun nous menons sur cette terre de merde. Une victoire possible sur les peurs, les communications interpersonnelles tronquées, les souffrances d'amour propre irrésolues, les égoïsmes destructeurs. Mais il suffit, il est mort pour toi, lève-toi et mets toi dans l'alignement !
 
Comme je n'y arrive pas, je continue la discussion tout seul, sur le web, pour me donner l'illusion psychique qu'on m'entend. Ca me fait sourire d'y penser. 

dimanche, 25 novembre 2007

authentique !

Peut-on parler de sectes protestantes à propos des églises évangéliques. Laissons cela aux journalistes du"Monde".

Une chose est certaine, ces petites communautés, qui rêvent de devenir grandes vivent, ont leurs propres règles internes, leur système de pensée fermé et auto-centré. Chaque petite association cultuelle est chargée d'une conviction aussi forte que stupide : elle détient la vérité, et même chacune d'elle cultive par rapport à ses "soeurs" une ou plusieurs petites différences, qui fait d'elle l'église néo apostolique la plus authentique.

Ah ! l'authenticité. Si vous entrez dans le petit local qui rassemble les élus d'une de ces communautés, on ne manquera pas de vous jauger à l'aune d'un certain nombre de critères dont un jour je vous dresserai la liste , pour savoir si vous êtes un chrétien authentique.

samedi, 27 octobre 2007

DIEU M'A PARDONNE !

Un jour, un proche m'a dit : "Tu sais, Dieu m'a pardonné !" Cela voulait dire " n'en parlons plus !". Le contentieux avec ce proche n'était pas si lourd, une explication était possible, une vraie reconnaissance mutuelle également, bref, un pardon, pour employer le langage religieux, était réalisable.

 Cette fin de non recevoir, ce "Dieu m'a pardonné" a résonné  dans ma tête, comme si on m'avait dit "je m'en fiche de toi, j'ai trouvé ma petite solution, Dieu m'a pardonné". J'ai compris un peu plus ce jour là que ce proche n'était plus un proche. Effectivement, la relation, la vraie, la confiance, le respect, l'écoute, le dialogue, la confrontation amicale, ne s'est jamais rétablie. La platitude relationnelle équivaut depuis à peu près au fait d'exposer un portrait sur un buffet de salle à manger. Quand on se rencontre, on est content "on s'est vu !" La belle affaire "Dieu m'a pardonné, ton pardon à toi, je m'en fous".

C'est une plaie que de comprendre le sens de la mort de Jésus sur la croix ainsi. Son sang a coulé, je confesse ma foi, c'est à dire que je m'inscris sur la liste des sauvés. Je suis au bénéfice de son oeuvre par un acte volontaire,  une pirouette mentale qui est censée m'ôter la culpabilité, effacer, c'est à dire gommer le mal d'un coup de baguette magique, de façon unilatérale, sans que la question de ma relation à autrui soit réglée. C'est un peu comme si pour évacuer une pulsion sexuelle, au lieu d'avoir une relation d'amour avec quelqu'un, je passais mon temps au chiotte pour me masturber.

Jésus a bien expliqué l'importance de la relation à autrui, plus importante qu'une relation individuelle à Dieu. Lorsqu'il donne le pouvoir de pardonner à ses disciples " ceux à qui vous remettrez...ils seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils seront retenus...". (évangile de Jean chapître 20 verset 23) Aussitôt, l'esprit humain religieux traduit : une élite chrétienne, les apôtres, détiennent un pouvoir magique de pardonner au nom de Dieu. Le clergé a été institué pour perpétuer cette dérive débile d'un pardon sacramentel.

 

Quand Jésus dit : "ceux à qui vous les remettrez...(les péchés, pour ceux qui suivent encore), il n'instaure pas une religion hiérarchisée, il parle de la relation à autrui, celle qui va rétablir des ponts coupés, des histoires d'amour cassées, des relations humaines, sociales cahotiques. 

 

Chacun, sur la base du "message" de vie que Jésus donne, nous avons la capacité à retourner vers l'autre pour rétablir une relation coupée. Et si j'ai bien compris ma petite lecture biblique assidue de ma jeunesse, celui qui fait le premier pas, ce n'est pas celui qui est ensanglanté au bord de la route, c'est "le bon samaritain !" Ah... la parabole du bon Samaritain,l'homme charitable par excellence, le romantique aux yeux humides

dimanche, 21 octobre 2007

SECRET SUNSHINE, histoire d'une désillusion

C'est l'histoire d'une personne qui vit un premier drame personnel, mais qui le surmonte en quittant sa famille et sa région natale. Pour combler l'absence de l'être aimé, elle s'installe dans la ville de celui-ci avec son enfant qu'elle chérit plus que tout. Cette situation géographique et relationnelle nouvelle lui procure un sentiment de bonheur. Elle se sent bien. C'est alors que survient un second drame, horrible. Quelqu'un lui procure une souffrance, lui fait du mal. Ce mal est tellement grave, qu'elle ne peut pas le surmonter. Sans cesse sa souffrance l'habite. C'est alors qu'elle rencontre des chrétiens évangéliques (ou une secte protestante, c'est selon, d'après les journalistes).
 
L'amitié qu'elle trouve dans ce milieu, la gentillesse et l'attention qu'on lui porte, le message d'espérance qu'elle entend, lui permettent de trouver une solution à sa souffrance. Elle se convertit, c'est à dire qu'elle participe aux réunions, chante, prie, retrouve le sourire, évangélise.Un sentiment de bonheur l'habite à nouveau.
 
Un moment, elle comprend, à tort ou à raison (à débattre), qu'en bonne chrétienne, elle doit pardonner à celui qui lui a causé un si grand mal. Elle se rend à la prison où il purge sa peine et là, elle rencontre le monstre pour lui dire qu'elle lui a pardonné.
 
Mais le monstre lui assène un message qui la rend folle. "Dieu m'a pardonné" lui dit-il, "il m'aime, je suis sauvé et lavé de mes péchés". Peu importe pour lui ce que cette femme avait à lui dire, ce qu'elle ressent et vit. Réfugié dans une coquille qui le sauve, au mépris de sa relation à autrui, il trouve ainsi une raison pour continuer à vivre, et s'inventer une nouvelle réalité.
 
La femme devient folle, elle est privée du seul moyen de guérir sa souffrance si possible, d'au moins réparer ce qui peut l'être. Alors qu'elle ose affronter sa propre humanité et celle de son boureau pour tenter de rétablir un lien humain, se dresse face à elle une religiosité désincarnée, une verticalité illusoire et méprisante.
 
 
Finalement, elle surmonte sa folie, en effet, il faut vivre. Elle a bien essayé le suicide comme porte de sortie, mais en fait, non, elle ne veut pas mourir. Les mèches de cheveux coupés que le vent emporte se mêlent aux détritus de ce monde.