dimanche, 23 décembre 2007
La femme de Lot
N'allez pas croire messieurs les religieux que j'ai choisi l'exemple de la femme de Lot pour fustiger La femme en général. Il y a dans les récits bibliques des histoires mettant en scène principalement des hommes et d'autres mettant en scène principalement des femmes.
La mienne, ce matin, met en scène une femme : la femme de Lot.
Lot, cousin d'Abraham, vivait dans une contrée riche mais dépravée dans ses moeurs. La violence règnait à tel point, que pour sauver la vie d'un visiteur que les habitant de la ville voulaient sodomiser, il offrit ses filles vierges à ses voisins pour les contenter d'une orgie sexuelle.
Imaginez un peu que nous vivions dans une société comme celle-là. On trouve de ces récits dans la bible !
La vie, dans cette ville "Sodome", était devenue insupportable. L'insécurité règnait, la violence sous toutes ses formes. Et comme toujours, dans les situations difficiles, ce sont les plus exposés à des situations d'infériorité et de faiblesse, qui deviennent les premières victimes.
Ce ne sont pas les plus faibles qui sont victimes, mais ceux que l'on désigne comme tel. Ainsi, un visiteur étranger, parce qu'il est étranger et visiteur peut être considéré "faible"; une jeune fille, parce qu'elle est femme peut être désignée faible. Puis ceux qui s'assemblent comme forts s'autorisent à toutes sortes de brimades et vexations, jusqu'à la torture parfois.
Dans les sociétés sans contrôle, où des déséquilibres apparaissent, on retrouve à des degrés divers des gens qui oppressent, d'autres qui sont opprimés. ce qu'on a coutume d'appeler des forts et des faibles, des dominants et des dominés.
La classification des profils psychologues en classes de gagnants et perdants, forts et faibles, dominant et dominés, établit une hiérarchisation manichéenne. On loue volontiers le fort, alors que le faible est méprisé.
Le mépris du faible, nous y sommes...un faible est considéré responsable de sa faiblesse. La victime l'a bien cherché, n'est ce pas ?
Ainsi, les faibles et les dominés seraient en quelque sorte responsables de leur situation d'infériorité...
Mais voilà, une femme brimée parce qu'elle est femme, un apprenti dans une entreprise méprisé parce qu'il est apprenti, un étranger éconduit dans ses démarches sociales parce qu'il est étranger.
Et que dire d'un juif torturé par un médecin SS, parce qu'il est juif, d'un homme de couleur à qui on refuse la location d'un logement parce qu'il est noir...
Le comble de la violence serait à mon sens de désigner les victimes comme étant coupables et responsables de leur situation. Le harcèlement moral existe, le viol existe, les brimades existent, à tous les niveaux.
Les personnes en situation de souffrance morale ont un lourd travail à faire :
- identifier et reconnaître l'état d'oppression dans lequel on les a placées,
- dénoncer l'injustice,
- faire valoir leurs droits,
- faire en sorte que les équilibres soient rétablis.
Que vient faire la femme de Lot dans tout cela ? Rien, j'ai commencé à écrire avec une idée, et voilà ce que ça a donné!
J'ajoute une dernière petite chose : Un dirigeant républicain peut user de violences morales pour imposer sa politique. Il en a d'autant plus les moyens aujourd'hui, par les médias, par lesquels quelqu'un de bien organisé et d'exercé peut agir.
On assiste dans un petit pays que je crois bien connaître :
- à la culpabilisation des syndicalistes qui, en provocant des grèves, empêcheraient les autres de travailler,
- à la culpabilisation des salariés qui, en réclamant plus de pouvoir d'achat, refuseraient de travailler plus,
- à la culpabilisation des fonctionnaires qui, notamment des enseignants, grassement payés, seraient des nantis privilégiés.
Je vous laisse poursuivre la liste, étant pour l'heure à cours d'exemple. Cependant, quand les changements annoncés sont mis en oeuvre par le moyen de la manipulation mentale pour :
- renforcer les pouvoirs des plus forts et des riches (le MEDEF est aux anges),
- détruire des droits sociaux acquis de longue lutte (vive la mort des 35 heures et le travail le dimanche),
- réaliser des coupes budgétaires et affaiblir certains services publics...
Un pervers dispose d'une arme redoutable, il oppresse sa victime par la culpabilisation de celle-ci. C'est un mode d'action connu en psychologie, qu'il faut démasquer.
Lorsqu'un gouvernement met en oeuvre des systèmes de culpabilsation de groupes sociaux pour imposer une politique de forts contre des faibles désignés, on n'est pas loin de glisser dans le totalitarisme.
Désolé pour mes excès de langage, excessif diront certains. Certes, on ne tombe pas dans la marmitte de l'oppression insupportable du jour au lendemain. On y glisse lentement, par négligence, manque de clairevoyance, mais un jour on se retrouve ficelé, esclave, oppressé.
10:00 Publié dans Une société qui change | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sodome, harcellement, viol, christianisme, femme, société, sarkozy
dimanche, 11 novembre 2007
Humble, par force !
Mes lecteurs savent que j'ai beaucoup apprécié le film "Secret sunchine". Pour peu, j'en aurais écrit des pages et des pages de commentaires. Je me voyais faisant une thèse. Un film tellement riche, de mon point de vue, qu'une vie entière pouvait être consacrée à le commenter.
J'ai dit à la personne qui m'accompagne sur cette terre, va le voir, tu verras, c'est bien. Je l'ai tellement serinée qu'elle l'a fait. Du coup je l'ai accompagnée, et j'ai donc revu ce film.
Elle l'a trouvé très bien, comme moi, mais j'ai été obligé de lui poser des questions. Y a des trucs que j'avais pas bien compris, j'avais besoin de son point de vue. Du coup, elle m'a expliqué. J'étais passé à côté de quelque chose d'essentiel et sa conclusion sur la "morale" de l'histoire est à l'opposé de la mienne.
J'ai la trouille, la trouille qu'elle ait raison. Le film est bien mais mes commentaires sont discutables. Dieu, que les femmes sont redoutables ! La mienne surtout.
12:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, christianisme, femme
jeudi, 21 juin 2007
La femme de mon pasteur
Avez-vous déjà assisté à la prédication d’un pasteur concernant le rôle de la femme en notre société ? Moi oui et même souvent, c’est en effet un thème récurrent, dont raffolent certains, qui s’en délectent avec un plaisir gourmand.
En général, le Pasteur arrive cravaté, chargé d’une grosse bible bourrée de références, l’œil pétillant de malice ; il sait qu’il va délivrer LE message qui va transformer la face du monde. Il va de plus gagner des galons de persécuté car il sait qu’à contre courant de la pensée dominante, il sera critiqué pour ses propos rétrogrades. Mais qu’importe, le message de la bible est clair : « Femmes, soyez soumises ! ».
Je n’entrerai pas dans toutes les subtilités et précautions qui étayent les propos tenus en général sur ce sujet. Ce serait barbant. J’irai donc à l’essentiel, je vais faire dans la caricature, bref, je vais calomnier.
Comme toujours dans ces cas là, « Ames sensibles : quittez mon blog ! ».
Un pasteur fondamentaliste interprète la bible de manière littérale. Tout est simple et facile à comprendre. Lorsqu’on lit « Femmes, soyez soumises à vos maris…car le mari est le chef de la femme » Ephésiens 5 : 22. On entend immédiatement que Dieu a établi une hiérarchie, un ordre des choses, qui place la femme SOUS le mari. Parfois, ces propos sont accompagnés de gestes pour que tout le monde comprenne bien.
On trouve un texte dans le livre des Proverbes relatif à la femme vertueuse, dont ce verset : « elle pense à un champ et elle court demander à son mari la permission de l’acheter elle l’acquiert ! ». Proverbes 31 : 16. Je cite ce verset car il illustre assez bien le fait que notre pensée se laisse facilement entraîner vers les bas fonds des caniveaux. Comme il est facile pour un homme de se dire : c’est moi le chef ! Avec tous les abus qui accompagnent cette pensée vertueuse. Car qui n’a pas gueulé sur sa femme ? Or, la soumission dont il est question dans la Parole de Dieu ne se rapporte pas à la hiérarchisation militaire des rapports hommes-femmes, ni d’un ordre voulu pour compenser et pallier aux défaillances. Il s’agit au contraire d’un idéal, dont la barre est placée très haut. Dans ce monde idéal, pour ne pas dire idyllique, la femme est soumise au mari comme l’Eglise est soumise au Christ, le mari aime sa femme, comme le Christ a aimé l’Eglise. Soumise, c'est-à-dire dans une relation de respect et d’amour mutuels, qui n’admet, ni même n’envisage ni la contrainte, ni l’autoritarisme.
Tout cela, je sais, est barbant. Que signifie « Aimer l’Eglise », « Eglise soumise au Christ » ? On n'en finirait pas de réfléchir à ces questions. On passerait la moitié de sa vie à vider les tonnes de poussière qui règnent dans nos pensées eu égard à la représentation que l’on se fait de l’Eglise telle qu’on la connaît historiquement et temporellement.
On imagine mal cependant une relation d’amour, puisqu’il s’agit tout de même du thème central (Dieu est amour), fondée sur des relations bilatérales infantilisantes. Peut-on imaginer une relation saine hiérarchisée, teintée d’autoritarisme pour l’un, de soumission obéissante pour l’autre. Non, mais je sais, ce n’est pas du tout ce que le pasteur a dit ! Très bien, que dit-il d’autre alors ? Personne ne sait. Car il n’en démord pas. Le mari est le chef de la femme, c’est clair n’est ce pas ?
Il peut même aller plus loin et sortir l’arme fatale : 1 Timothée 2 : 9 à 15. Que la femme se taise, ne prenne pas de l’autorité sur l’homme, car elle est coupable de s’être laissée séduire par le serpent. Qu’elle devienne mère et cela ira bien.
Ce texte est brutal, révoltant. Mettez-le dans les mains d’un fondamentaliste, il va en tirer un code, une règle qu’il va s’appliquer à enseigner et à mettre en œuvre dans son église et chez les couples qui ont le malheur de venir lui demander conseil.
Cependant, le pasteur fondamentaliste est un homme sage. Citez-lui les paroles suivantes de Jésus : « si ta main est une occasion de chute, coupe-là ! » Matthieu 5 : 30 ; il vous dira qu’il ne faut pas exagérer, un peu de bon sens, que diable ! Vous voyez ? Un relativisme sournois s’instaure dans l’église, quelle peste !
10:20 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, évangélique, femme
mardi, 22 mai 2007
NI PUTES NI SOUMISES
Les femmes vivent une discrimination du fait de leur statut de femme. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont elles.
Elles aspirent à la liberté et à l’émancipation. Quel beau combat !
Ce combat pour la liberté et l’émancipation plonge ses racines dans le Siècle des Lumières pour y trouver une source, la justification morale de ce qui paraît pourtant bien légitime : droit au respect, à l’intégrité physique et morale, au libre choix, à l’égalité des sexes.
Ainsi, ce combat si légitime se réduirait à un combat pour le progrès et la démocratie. C’est déjà beaucoup, j’en conviens, à considérer l’apport de la philosophie moderne en ce qui concerne les droits reconnus à l’INDIVIDU, la personne devenue entité, dotée du libre arbitre, reconnue, acceptée et respectée dans son identité.
Moi, je serais tenté de dire que leurs légitimes aspirations et affirmations renouvelées d’elles-mêmes trouvent naturellement leur source dans leur statut élevé de personnes humaines créées à l’image de Dieu.
Bien entendu, la plupart des femmes qui mènent ce combat sont empêchées d’élever leur statut jusqu’à la haute dignité que leur confère la Parole de Dieu, quand on considère dans l’histoire ce que la religion a fait des femmes.
Que dis-je « l’Histoire » ? « Femmes, soyez soumises ! » entend-on prêcher à tour de bras dans les églises. Imaginons un instant que par curiosité une militante de « ni putes ni soumises » entre dans une église…
Personnellement, je suis admiratif du nom que se sont données ces femmes militantes : ni putes, ni soumises.
Pourquoi l’ont-elles choisi ainsi ? Parce que la négation perverse de leur droit à l’autonomie, à la liberté, à l’égalité, les a historiquement remisées à l’esclavage soit comme putes, soit comme soumises.
Et entre les deux, il y a un chemin ; le chemin de la dignité totale : femme.
Dans mon billet intitulé : un directeur de conscience pour moi tout seul, j’ai parlé des comportements déviants générés par l’irrespect et la négation de la personne. Face au viol de l’identité, on génère deux types de comportements : la révolte et tous ses excès d’une part, la soumission angélique et passive, de l’autre.
Moi, je dis merci au Siècle des Lumières, il est bien plus intelligent que le Siècle de la Religion.
18:55 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, ni putes ni soumises, femme






