samedi, 05 janvier 2008

Soyez vigilants

Les puissances dominatrices facilement identifiables sont :

-          un régime politique totalitaire,

-          un système économique et social injuste,

-          une relation de voisinage oppressante,

-          une situation familiale clairement tronquée (exemple relation extraconjugale clairement connue, violence conjugale avérée).

 

Les puissances dominatrices difficilement repérables :

-          une relation parents-enfants décalée (exemple : l’abus d’autorité, le chantage affectif, etc.),

-          un supérieur hiérarchique au travail qui vous dévalorise et vous fait croire que vous êtes incompétent,

-          une relation de couple mensongère,

-          la manipulation religieuse, forme la plus profonde et la plus dangereuse de la perversité.

 

Marie, la mère de Jésus, (évangile de Luc : 1-52) parle des puissances renversées de leurs trônes. L’apôtre Paul développe le même thème (1 Corinthiens 15-24). Jésus, le Christ, remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.

 

De quelles puissances et de quelles dominations parlent Marie et Paul dans ces textes ?


La Pâque est une institution juive qui remonte à l’époque où le petit peuple d’Israël était sous la domination de l’Egypte.

 

Livre de l’Exode Chapitre 1 :

«  Le roi d’Egypte dit à son peuple : Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons, montrons-nous habile à son égard !... »

« Les Egyptiens réduisirent les enfants d’Israël à une dure servitude. Ils leur rendirent la vie amère par de rudes travaux en argile et en briques, et par tous les ouvrages des champs ; et c’était avec cruauté qu’ils leur imposaient toutes ces charges».

 

Chapitre 2, verset 23 : « Les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion ».

 

Israël se trouve donc sous la domination de l’Egypte. Cette domination devient insupportable et de plus en plus dure. Il faut comprendre les causes de cet asservissement d’Israël. Un rapport de puissance est né entre l’Egypte et Israël. Il nous est rapporté qu’Israël devient nombreux et puissant et l’Egypte prend peur.

 

Le combat vers la liberté et l’autonomie de la conscience  est un combat dangereux pour ceux qui sont habitués à dominer. Dès que vous allez engager la démarche d’autonomie, il va y avoir un combat, le dominant va tout faire pour vous barrer le chemin de la liberté.

 

S’il s’agit d’un parent, il pourra utiliser le chantage affectif par exemple.

 

Dans une entreprise, ce pourra être le harcèlement moral, le chantage à l’emploi, la remise en cause de vos compétences.

 

On peut chercher dans notre environnement immédiat de vie toutes les manifestations des puissances qui veulent s’opposer à une libre marche vers Dieu. Ces manifestations de puissance sont nombreuses : par exemple la moquerie ; et toute forme de perversité que Dieu appelle tout simplement le péché.

 

Il nous est rapporté que Dieu entend nos cris, qu’il voit notre souffrance et qu’il veut nous libérer.

C’est ce qu’il fait à l’occasion de l’institution de la Pâque avec Israël. Il frappe tous les premiers nés d’Egypte.

 

Pourquoi Dieu frappe t-il les premiers nés d’Egypte. Qu’est ce que cela signifie ? En frappant, Dieu désigne les coupables, il s’agit d’un jugement.

 

Nous-mêmes sommes appelés à désigner la puissance dominatrice, à la démasquer. Il ne s’agit pas bien entendu de tomber dans les excès en frappant physiquement quelqu’un. Il s’agit de faire un travail de vérité et de prise de conscience.

 

Si quelqu’un souffre lorsqu’il pense à son père ou à sa mère, par exemple, il peut se dire qu’il est un enfant rebelle, qu’il n’aime pas son parent ; il se culpabilise et souffre de son mal, de plus en plus fort, comme Israël souffrait de plus en plus de l’oppression subie chez les égyptiens.

 

Ou alors, la personne souffrante peut chercher la cause de sa souffrance et démasquer par exemple un parent pervers, ou dominateur ou maître dans le chantage affectif. Faire monter et désigner en conscience le mal qui est cause de la souffrance, c’est se préparer à guérir. Comment guérir ? Par exemple en ne cédant plus au chantage affectif, en résistant aux pressions affectives ou culpabilisatrices.

 

Il ne s’agit pas de se rebeller en accusant le parent oppresseur ou le frère oppresseur ou la sœur, il s’agit de bien identifier pour soi le mal et de modifier son comportement en ne l’acceptant plus.

 

On voit que cette activité est « subversive », elle va mener au conflit, car le puissant va accentuer la pression, comme l’Egypte a poursuivi Israël dans le désert. Mais la mer rouge s’ouvrira pour celui qui se sera engagé sur le chemin de la liberté.

 

On peut avoir la même attitude dans son travail en cas de harcèlement moral. Par exemple, un supérieur ou un collègue peut systématiquement vouloir vous détruire parce que justement vous êtes compétent. Vous êtes perçu comme un rival dangereux à la manière dont le peuple égyptien craignait Israël qui devenait nombreux et puissant. Dans ce cas, l’oppression se met en marche pour vous asservir, vous avilir et finalement vous détruire. 

 

Il faut démasquer ce système dominateur, puis y résister.

 

La forme la plus aboutie de la perversion et de la tyrannie des puissants émane des systèmes religieux. Ils sont en effet les mieux à même de maintenir l’Homme dans la dépendance et la crainte, en s’opposant par un système intermédiaire clérical à la vraie liberté des Hommes devant Dieu.

 

L’apôtre Paul dans son épitre aux Thessaloniciens parle du mystère de l’iniquité qui agit déjà (chapitre 2, verset 7).  La perversion sera à son comble lorsque dans l’histoire de l’humanité se manifestera celui qui incarnera l’esprit de domination et de puissance, qui s’élèvera au dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, se proclamant lui-même Dieu.

 

Les systèmes religieux sont en réalité des moyens très aboutis permettant de dominer sur la conscience de chacun.

dimanche, 23 décembre 2007

La femme de Lot

N'allez pas croire messieurs les religieux que j'ai choisi l'exemple de la femme de Lot pour fustiger La femme en général. Il y a dans les récits bibliques des histoires mettant en scène principalement des hommes et d'autres mettant en scène principalement des femmes.

La mienne, ce matin, met en scène une femme : la femme de Lot.

Lot, cousin d'Abraham, vivait dans une contrée riche mais dépravée dans ses moeurs. La violence règnait à tel point, que pour sauver la vie d'un visiteur que les habitant de la ville voulaient sodomiser, il offrit ses filles vierges à ses voisins pour les contenter d'une orgie sexuelle.

Imaginez un peu que nous vivions dans une société comme celle-là. On trouve de ces récits dans la bible !

 La vie, dans cette ville "Sodome", était devenue insupportable. L'insécurité règnait, la violence sous toutes ses formes. Et comme toujours, dans les situations difficiles, ce sont les plus exposés à des situations d'infériorité et de faiblesse, qui deviennent les premières victimes.

Ce ne sont pas les plus faibles qui sont victimes, mais ceux que l'on désigne comme tel. Ainsi, un visiteur étranger, parce qu'il est étranger et visiteur peut être considéré "faible"; une jeune fille, parce qu'elle est femme peut être désignée faible. Puis ceux qui s'assemblent comme forts s'autorisent à toutes sortes de brimades et vexations, jusqu'à la torture parfois.

Dans les sociétés sans contrôle, où des déséquilibres apparaissent, on retrouve à des degrés divers des gens qui oppressent, d'autres qui sont opprimés. ce qu'on a coutume d'appeler des forts et des faibles, des dominants et des dominés.

La classification des profils psychologues en classes de gagnants et perdants, forts et faibles, dominant et dominés, établit une hiérarchisation manichéenne. On loue volontiers le fort, alors que le faible est méprisé. 

Le mépris du faible, nous y sommes...un faible est considéré responsable de sa faiblesse. La victime l'a bien cherché, n'est ce pas ? 

Ainsi, les faibles et les dominés seraient en quelque sorte responsables de leur situation d'infériorité...

Mais voilà, une femme brimée parce qu'elle est femme, un apprenti dans une entreprise méprisé parce qu'il est apprenti, un étranger éconduit dans ses démarches sociales parce qu'il est étranger.

Et que dire d'un juif torturé par un médecin SS, parce qu'il est juif, d'un homme de couleur à qui on refuse la location d'un logement parce qu'il est noir... 

Le comble de la violence serait à mon sens de désigner les victimes comme étant coupables et responsables de leur situation. Le harcèlement moral existe, le viol existe, les brimades existent, à tous les niveaux. 

Les personnes en situation de souffrance morale ont un lourd travail à faire :

- identifier et reconnaître l'état d'oppression dans lequel on les a placées,

- dénoncer l'injustice,

- faire valoir leurs droits,

- faire en sorte que les équilibres soient rétablis.

Que vient faire la femme de Lot dans tout cela ? Rien, j'ai commencé à écrire avec une idée, et voilà ce que ça a donné! 

J'ajoute une dernière petite chose : Un dirigeant républicain peut user de violences morales pour imposer sa politique. Il en a d'autant plus les moyens aujourd'hui, par les médias, par lesquels quelqu'un de bien organisé et d'exercé peut agir.

On assiste dans un petit pays que je crois bien connaître :

- à la culpabilisation des syndicalistes qui, en provocant des grèves, empêcheraient les autres de travailler, 

- à la culpabilisation des salariés qui, en réclamant plus de pouvoir d'achat, refuseraient de travailler plus,

- à la culpabilisation des fonctionnaires qui, notamment des enseignants, grassement payés, seraient des nantis privilégiés.

Je vous laisse poursuivre la liste, étant pour l'heure à cours d'exemple. Cependant, quand les changements annoncés sont mis en oeuvre par le moyen de la manipulation mentale pour :

- renforcer les pouvoirs des plus forts et des riches (le MEDEF est aux anges),

- détruire des droits sociaux acquis de longue lutte (vive la mort des 35 heures et le travail le dimanche),

 - réaliser des coupes budgétaires et affaiblir certains services publics...

 

Un pervers dispose d'une arme redoutable, il oppresse sa victime par la culpabilisation de celle-ci. C'est un mode d'action connu en psychologie, qu'il faut démasquer. 

 Lorsqu'un gouvernement met en oeuvre des systèmes de culpabilsation de groupes sociaux pour imposer une politique de forts contre des faibles désignés, on n'est pas loin de glisser dans le totalitarisme.

Désolé pour mes excès de langage, excessif diront certains. Certes, on ne tombe pas dans la marmitte de l'oppression insupportable du jour au lendemain. On y glisse lentement, par négligence, manque de clairevoyance, mais un jour on se retrouve ficelé, esclave, oppressé.