mardi, 08 janvier 2008
RESISTER
Résister à toute forme d'oppression est un impératif. La résistance n'est pas violente, mais elle est ferme. Elle libère l'oppresseur. Oui, vous avez bien lu. La révolte violente a pour objet la libération de l'oppressé. Face à une injustice subie, on peut se mettre en colère, ou user de violence, et penser être dans son bon droit. Cette attitude peut aller jusqu'à la destruction de l'oppresseur. La résistance est "dangereuse" pour l'oppressé. En résistant, il coupe à l'oppresseur le plaisir qu'il trouve dans son acte pervers, mais celui-ci peut vouloir faire céder le résistant jusqu'à la mort. Cependant, l'oppresseur est vaincu, même si l'oppressé meurt, car son acte pervers est sans effet, puisqu'il n'a pas rencontré la victime, c'est à dire qu'il n'a pu la soumettre et l'avilir. La résistance est donc un acte d'amour envers l'oppresseur, car elle peut amener celui-ci à s'interroger et à convenir de son erreur. Il y a dans la résistance les germes d'une renaissance.
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mardi, 17 juillet 2007
MOURIR POUR DES IDEES
Franz Jagerstatter est mort à 36 ans en 1943, guillotiné par le régime nazi pour avoir refusé par motif de conscience de faire la guerre. Il était père de 3 enfants.
Le courage de cet homme revient dans l’actualité à la faveur d’une canonisation prochaine de l’Eglise Catholique.
Puisque j’ai cité récemment Georges Brassens, vous connaissez peut-être sa chanson, « Mourir pour des idées ». Je vous mets en lien les paroles.
Existe-t-il une raison supérieure pour laquelle il vaille la peine de mourir ? L’apôtre Paul lui-même est sceptique. Peut-être, dit-il, donnerait-on sa vie pour un homme de bien…Peut-être. (Romains 5 : 7). Car en effet qu’avons-nous d’autre que la vie ? Et si elle nous est ôtée, que reste-t-il ?
Or, Franz n’a pas choisi de mourir ; il a cependant pris le parti de résister à une forte puissance, pour suivre sa conscience, malgré le risque que cette résistance le mène à la mort.
En France, nous avons quelques « héros »…Par exemple, connaissez-vous l’histoire de Marie Durand, qui vécut au 18ème siècle et fut enfermée pendant 38 ans, à l’âge de 18 ans, dans la Tour de Constance à Aigues-Mortes, à cause de sa foi ? Sur la margelle du puits de la prison avait été gravé par les prisonnières le mot : « résister ».
Plus proche de nous, Nelson Mandela a résisté 28 ans en prison contre l’apartheid en Afrique du Sud.
On pourrait citer Gandhi et sa résistance pacifique mais active contre l’occupant anglais au début du 20ème siècle.
Pour ces deux derniers exemples, la résistance finit par une victoire, mais en ce qui concerne Franz et Marie, s’agit-il d’un sacrifice inutile ? Et si Nelson était mort en prison ?
Que faisons-nous lorsque notre conscience nous sollicite ? Résister à l’oppression, aux puissances de domination n’est jamais facile. « Luttes au dehors, crainte au-dedans » résumait merveilleusement bien l’apôtre Paul.
Céder au mal est toujours une défaite personnelle, avec des conséquences négatives qu’il faut ensuite réparer au mieux. Céder à une tentation est une forme de faiblesse, un déni de soi-même dont on porte la responsabilité. La jouissance d’une facilité passagère nous place dans la situation d’Esaü qui pour un plat de lentille vend son droit d’ainesse.
Mais lorsqu’il s’agit d’opposer à autrui le libre exercice de sa conscience, de son intime conviction…quitte à déplaire, à entrer en conflit, à risquer une rupture, une condamnation, un rejet ou dans les cas les plus graves, la mort.
On peut donc par motif de conscience être facteur de division…et on le sait, un diviseur n’est jamais bien vu. On le montre du doigt, c’est un fautif. En conséquence, résister par motif de conscience nécessite d’être bien au clair, car comme le dit Brassens, mourir pour des idées d’accord, mais de mort lente, surtout si l’idée avancée s’avère être une mauvaise ou fausse idée.
Et encore, là aussi on pourrait discuter, car que signifient les paroles de Paul : « tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché ? ». Cela signifie t-il que l’attitude et le respect de soi-même face à l’intime conviction de la conscience est supérieure à la cause ou à l’idée défendue ?
Cela pose par conséquent la question de la responsabilité personnelle face aux convictions affichées, notamment en matière de foi religieuse. La foi affichée est-elle le produit d’un catéchisme récité ? Ou bien est-elle de l’ordre de l’intime conviction ? C’est notre devoir de répondre personnellement.
Cela pose également la question du respect d’autrui. Il est bon d’avoir des convictions, il est encore mieux de comprendre que chacun est différent. Parler, échanger des idées, quel bonheur ! Vouloir imposer ses idées si bonnes soient-elles, quel désastre ! Pouvons-nous devenir la conscience d’autrui ? Franz est mort parce qu’il avait une conviction ferme, que le régime totalitaire n’a pas reconnu comme légitimité humaine. Marie est restée enfermée 38 ans pour la même raison.
Certes ces exemples sont extrêmes, mais réfléchissons à notre attitude devant quelqu’un qui ne partage pas nos convictions et nous serons surpris de constater que rapidement nous pouvons devenir le « tortionnaire » de notre prochain. Nos jugements deviennent vite lapidaires.
Le prosélytisme dans une compréhension péjorative peut mener à des attitudes d’irrespect face aux autres. Chacun doit être accepté dans sa différence, son histoire personnelle. Cela n’interdit pas de partager ses convictions, voire d’annoncer La bonne nouvelle, mais avec tact et respect pour l’auditeur, sans agressivité aucune, c'est-à-dire dans le respect de sa personne et de sa conscience. Le baratin outrancier est de la même veine que la conversion forcée des inquisitions.
Affirmer son désaccord par motif de conscience peut coûter cher. Si les églises sont arque boutées sur leurs confessions de foi, le monde profane lui aussi contient ses règles internes, ses non-dits communément admis. Et, contrevenir à l’ordre établi, qu’il soit ou non bien-pensant, coûte cher. Il est de bon ton d’être tolérant… mais gare à celui qui sort des rails, n’est ce pas ?
Alors dans ce contexte, que veut dire l’apôtre Paul lorsqu’il écrit d’être soumis ?
19:10 Publié dans Points de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, christianisme, évangélique, résistance






