vendredi, 14 mars 2008

Parole de Dieu ou livre inspiré

La bible est une somme de livres plus ou moins anciens, regroupés dans un ensemble. Les livres écrits avant la venue de Jésus Christ sur terre appartiennent à l'histoire du peuple juif. Après la vie de Jésus sur terre, d'autres livres ont été écrits par des témoins oculaires, d'origine juive également, pour résumer l'essentiel de ses oeuvres et laisser un témoignage; ce sont les évangiles ou pour enseigner et encourager les premières communautés qui se réunissaient autour de la personne de Jésus-Christ. Des religions officielles se sont formées et se sont accaparées l'ensemble de ces écrits pour prendre de l'autorité. Même la plus petite communauté évangélique est marquée du sceau de cette prétention qu'elle partage avec d'autres plus puissantes : elle détient la vérité, l'interprète, en est dépositaire et responsable. On peut constater le manque d'humilité de ces religions face à un texte qu'elles appellent "Parole de Dieu". En réalité, ce sont des écrits "inspirés" de l'Esprit de Dieu, ce qui n'est pas exactement pareil. La preuve en est, la cacophonie concernant le sens à donner à ces écrits démontre qu'un travail de compréhension dans l'esprit reste nécessaire en permanence. Ceux qui s'arcboutent autour de la notion de Parole de Dieu voudraient pouvoir tirer du texte des doctrines claires, tranchantes comme l'épée et édicter des normes, mettre de l'ordre. L'esprit religieux habite non seulement les systèmes religieux, mais également les individus religieux. Face aux souffrances morales parfois insupportables, l'incertitude de l'avenir notamment, le besoin de sécurité est tel qu'il peut conduire à rechercher dans le livre la réponse à des problèmes concrets. On voit ainsi des croyants ouvrir le livre au hasard en demandant à Dieu de répondre lorsqu'une décision difficile est à prendre. C'est à peu près la même attitude qu'observe le pasteur qui, pour conduire son église et justifier de ses choix, triture le texte jusqu'à le déformer. Il peut ensuite justifier l'abaissement de la femme au second rôle, demander la soumission, prélever la dîme et culpabiliser les récalcitrants en les menaçant implicitement de s'opposer à la Parole de Dieu. C'est ainsi malheureusement que l'esprit religieux conçoit le livre comme Parole de Dieu, dont le fondamentalisme est la forme la plus aboutie. Les systèmes cherchent des réponses à l'organisation du monde, les Eglises élaborent des liturgies et des modes d'organisation de leurs assemblées et de leurs cultes; les individus attendent des réponses concrètes pour résoudre leurs problèmes. C'est pour cela que je préfère considérer la bible comme inspirée de l'Esprit de Dieu plutôt que Parole de Dieu. Le livre ancien et nouveau contient un témoignage de l'Histoire, appréhendée du point de vue d'une relation d'Esprit par rapport à Dieu. C'est de cet Esprit qu'il convient de se nourrir pour vivre selon l'Esprit.

mardi, 08 janvier 2008

RESISTER

Résister à toute forme d'oppression est un impératif. La résistance n'est pas violente, mais elle est ferme. Elle libère l'oppresseur. Oui, vous avez bien lu. La révolte violente a pour objet la libération de l'oppressé. Face à une injustice subie, on peut se mettre en colère, ou user de violence, et penser être dans son bon droit. Cette attitude peut aller jusqu'à la destruction de l'oppresseur. La résistance est "dangereuse" pour l'oppressé. En résistant, il coupe à l'oppresseur le plaisir qu'il trouve dans son acte pervers, mais celui-ci peut vouloir faire céder le résistant jusqu'à la mort. Cependant, l'oppresseur est vaincu, même si l'oppressé meurt, car son acte pervers est sans effet, puisqu'il n'a pas rencontré la victime, c'est à dire qu'il n'a pu la soumettre et l'avilir. La résistance est donc un acte d'amour envers l'oppresseur, car elle peut amener celui-ci à s'interroger et à convenir de son erreur. Il y a dans la résistance les germes d'une renaissance.

samedi, 05 janvier 2008

Soyez vigilants

Les puissances dominatrices facilement identifiables sont :

-          un régime politique totalitaire,

-          un système économique et social injuste,

-          une relation de voisinage oppressante,

-          une situation familiale clairement tronquée (exemple relation extraconjugale clairement connue, violence conjugale avérée).

 

Les puissances dominatrices difficilement repérables :

-          une relation parents-enfants décalée (exemple : l’abus d’autorité, le chantage affectif, etc.),

-          un supérieur hiérarchique au travail qui vous dévalorise et vous fait croire que vous êtes incompétent,

-          une relation de couple mensongère,

-          la manipulation religieuse, forme la plus profonde et la plus dangereuse de la perversité.

 

Marie, la mère de Jésus, (évangile de Luc : 1-52) parle des puissances renversées de leurs trônes. L’apôtre Paul développe le même thème (1 Corinthiens 15-24). Jésus, le Christ, remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.

 

De quelles puissances et de quelles dominations parlent Marie et Paul dans ces textes ?


La Pâque est une institution juive qui remonte à l’époque où le petit peuple d’Israël était sous la domination de l’Egypte.

 

Livre de l’Exode Chapitre 1 :

«  Le roi d’Egypte dit à son peuple : Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons, montrons-nous habile à son égard !... »

« Les Egyptiens réduisirent les enfants d’Israël à une dure servitude. Ils leur rendirent la vie amère par de rudes travaux en argile et en briques, et par tous les ouvrages des champs ; et c’était avec cruauté qu’ils leur imposaient toutes ces charges».

 

Chapitre 2, verset 23 : « Les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion ».

 

Israël se trouve donc sous la domination de l’Egypte. Cette domination devient insupportable et de plus en plus dure. Il faut comprendre les causes de cet asservissement d’Israël. Un rapport de puissance est né entre l’Egypte et Israël. Il nous est rapporté qu’Israël devient nombreux et puissant et l’Egypte prend peur.

 

Le combat vers la liberté et l’autonomie de la conscience  est un combat dangereux pour ceux qui sont habitués à dominer. Dès que vous allez engager la démarche d’autonomie, il va y avoir un combat, le dominant va tout faire pour vous barrer le chemin de la liberté.

 

S’il s’agit d’un parent, il pourra utiliser le chantage affectif par exemple.

 

Dans une entreprise, ce pourra être le harcèlement moral, le chantage à l’emploi, la remise en cause de vos compétences.

 

On peut chercher dans notre environnement immédiat de vie toutes les manifestations des puissances qui veulent s’opposer à une libre marche vers Dieu. Ces manifestations de puissance sont nombreuses : par exemple la moquerie ; et toute forme de perversité que Dieu appelle tout simplement le péché.

 

Il nous est rapporté que Dieu entend nos cris, qu’il voit notre souffrance et qu’il veut nous libérer.

C’est ce qu’il fait à l’occasion de l’institution de la Pâque avec Israël. Il frappe tous les premiers nés d’Egypte.

 

Pourquoi Dieu frappe t-il les premiers nés d’Egypte. Qu’est ce que cela signifie ? En frappant, Dieu désigne les coupables, il s’agit d’un jugement.

 

Nous-mêmes sommes appelés à désigner la puissance dominatrice, à la démasquer. Il ne s’agit pas bien entendu de tomber dans les excès en frappant physiquement quelqu’un. Il s’agit de faire un travail de vérité et de prise de conscience.

 

Si quelqu’un souffre lorsqu’il pense à son père ou à sa mère, par exemple, il peut se dire qu’il est un enfant rebelle, qu’il n’aime pas son parent ; il se culpabilise et souffre de son mal, de plus en plus fort, comme Israël souffrait de plus en plus de l’oppression subie chez les égyptiens.

 

Ou alors, la personne souffrante peut chercher la cause de sa souffrance et démasquer par exemple un parent pervers, ou dominateur ou maître dans le chantage affectif. Faire monter et désigner en conscience le mal qui est cause de la souffrance, c’est se préparer à guérir. Comment guérir ? Par exemple en ne cédant plus au chantage affectif, en résistant aux pressions affectives ou culpabilisatrices.

 

Il ne s’agit pas de se rebeller en accusant le parent oppresseur ou le frère oppresseur ou la sœur, il s’agit de bien identifier pour soi le mal et de modifier son comportement en ne l’acceptant plus.

 

On voit que cette activité est « subversive », elle va mener au conflit, car le puissant va accentuer la pression, comme l’Egypte a poursuivi Israël dans le désert. Mais la mer rouge s’ouvrira pour celui qui se sera engagé sur le chemin de la liberté.

 

On peut avoir la même attitude dans son travail en cas de harcèlement moral. Par exemple, un supérieur ou un collègue peut systématiquement vouloir vous détruire parce que justement vous êtes compétent. Vous êtes perçu comme un rival dangereux à la manière dont le peuple égyptien craignait Israël qui devenait nombreux et puissant. Dans ce cas, l’oppression se met en marche pour vous asservir, vous avilir et finalement vous détruire. 

 

Il faut démasquer ce système dominateur, puis y résister.

 

La forme la plus aboutie de la perversion et de la tyrannie des puissants émane des systèmes religieux. Ils sont en effet les mieux à même de maintenir l’Homme dans la dépendance et la crainte, en s’opposant par un système intermédiaire clérical à la vraie liberté des Hommes devant Dieu.

 

L’apôtre Paul dans son épitre aux Thessaloniciens parle du mystère de l’iniquité qui agit déjà (chapitre 2, verset 7).  La perversion sera à son comble lorsque dans l’histoire de l’humanité se manifestera celui qui incarnera l’esprit de domination et de puissance, qui s’élèvera au dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, se proclamant lui-même Dieu.

 

Les systèmes religieux sont en réalité des moyens très aboutis permettant de dominer sur la conscience de chacun.

mardi, 25 décembre 2007

Whisky et bible

Ce matin, en m'éveillant, j'ai comme à l'habitude tendu mon bras sorti de sous la couverture pour tatonner et chercher. Mais surprise, je n'ai trouvé ni whisky ni bible. Rien à prendre pour nourrir mon esprit, ni poison ni parole bienfaisante.
 
Seul au dessus du vide, la conscience éveillée pour regarder, certains diront le néant, d'autres l'éternité. Heureux d'être là, de ne pas souffrir physiquement.
 
J'ai été tout de même ahuri de constater avec un brin d'incrédulité le nombre de visites reçues sur mon blog cette nuit de Noël. Tous les records sont battus. J'en crois pas mes yeux !
 
Du coup, je me sens penaud. Ai-je le droit d'écrire ? Noël est-il symbole d'espoir ? Faut-il en parler plus clairement ?
 
Mon blog tente maladroitement de faire la part des choses. Ne pas confondre foi et religion. Le message de Noël est une réalité incontournable. C'est le moment de se creuser les méninges effectivement, et de faire un effort immense :
 
- éliminer de ses pensées les préconçus religieux,
- oublier ce que mémé vous a chantonné dans l'oreille étant petit,
- ouvrir la bible et lire l'épitre aux Romains, 
- se regarder courageusement dans le miroir,
- ne pas avoir peur de l'enfer,
- ne pas quémander le paradis,
- garder les pieds sur terre,
- ne pas se faire trop d'illusion,
- se garder des loups déguisés en pasteurs,
- faire gaffe à son pognon,
- ne pas se croire le centre du monde,
- décrypter ce qu'aimer signifie (rentrez vos mouchoirs) 
- aimer son prochain, comme un bon samaritain,
- savoir qu'on est aimable,
- savoir finalement qu'on est aimé(e), c'est cela que Jésus est venu dire, mais pour l'assimiler, Dieu que c'est difficile. 
 
 

mercredi, 05 septembre 2007

L'Eglise obligée (2ème essai...)

Un ami visité récemment dans l'Est de la France, très engagé dans l'Eglise, m'a posé cette question : Je constate que je trouve la fraternité et le partage en dehors de l'Eglise. Je sens bien que ma vie de croyant se développe et trouve son épanouissement ailleurs, et pourtant je me sens obligé d'aller au culte le dimanche.

Point barre, ai-je envie d'ajouter. La messe est dite...

La relation à Dieu mobilise ce qu'il y a de plus intime dans l'Adam et Eve. Développer une relation personnelle avec Dieu serait incompatible avec la vie d'Eglise s'il y avait confusion dans mes pensées concernant le rapport entre libre marche devant Dieu et nécessité de se joindre à l'assemblée.

Je m'explique ou du moins vais-je tenter de m'expliquer sur ce point fumeux. 

Nous devons prendre garde à la manière dont nous envisageons notre rattachement à l'Eglise. S'il s'agit de s'inféoder ou de s'infantiliser, de se soumettre à un système sécurisant, nous sommes dans l'erreur.

L'Eglise a pour vocation de nous mener vers Dieu et non pas à le remplacer. Elle doit nous aider par l'enseignement, la relation aux autres, à mieux comprendre ce que signifie marcher avec Dieu.

C'est pourquoi nous devons toujours nous interroger sur nos motivations, quoi que nous faisions. Et si nous allons à l'Eglise, nous devons nous examiner et nous interroger, dans le seul à seul, sur les raisons parfois contradictoires qui nous y mènent.

 Les dirigeants des Eglises doivent s'examiner et ne pas tomber dans la facilité. Personne n'est à l'abri.

Ce qui signifie pour le croyant lambda que je suis se poser ce type de questions, et d'autres auxquelles je ne pense pas à l'instant :

- ma sécurité est-elle en Jésus ou ai-je dans un coin de ma conscience la superstition selon laquelle le fait d'aller à l'église m'apporte cette sécurité éternelle ?

- ma responsabilité personnelle se camoufle t-elle derrière l'illusion que représente un système religieux qui me prendrait en charge en ce qui concerne la conduite de ma vie ?

Pour ma part je suis quasiment certain d'être inconsciemment ou consciemment sans m'en rendre compte...tombé dans ces travers, plus ou moins gravement.

Ce qui explique par ailleurs la "violence" de ma réaction ou du moins sa radicalité.

J'aimerais bien retourner à l'église, voir mes amis et chanter avec eux, mais j'ai peur de retomber dans cette sorte d'infantilité que je ne peux supporter de moi-même.

 

Ah, la liberté, l'autonomie, que c'est dur à trouver... 

  

Je connais des croyants très engagés dans des Eglises officielles multi-centenaires, qui en même temps, vivent une relation personnelle avec Dieu très intense. On pourrait croire en lisant mon blog que les deux sont incompatibles, or ce n'est pas vrai et ce n'est pas ce que je souhaite exprimer. Certains, plus avancés que moi, sont parvenus, tout en développant une forte relation personnelle à Dieu dans la liberté, à mener une vie d'Eglise avec ses carcans apparents. Tout simplement, ces personnes ont développé au fil du temps une forte capacité d'autonomie. Ils savent que l'appartenance à l'Eglise visible, terrestre, humaine, officielle, normée, etc, n'est pas la condition d'une bonne relation personnelle avec Dieu. Ils peuvent donc d'autant mieux développer une vie sociale dans ce milieu.

mercredi, 29 août 2007

Pasteur, vous êtes virés !

Non, je ne vais pas m'en prendre au Pasteur, je vais pour une fois le défendre.

On m'a raconté cette histoire d'un Pasteur (ce n'est pas en France, mais l'info est certaine), qui, marié de longue date, avec enfants, un jour, est devenu veuf.

Puis, quelques mois après la mort de son épouse, paf, il rencontre une femme; c'est le coup de foudre et il se marie avec elle.

 

Convoqué par son conseil d'administration, le pasteur est viré : motif du licenciement, officiellement je ne sais pas, mais verbalement : veuf depuis seulement 1 an...

 

Tout ça me fait bien rire. Je regarde comme vous des reportages savants réalisés par des occidentaux bardés de diplômes, au sujet des tribus primitives ou des sociétés dites moins avancées.

On s'étonne des codes culturels, des obligations sociales, des formes que prennent le mariage, des rituels, bref de la vie en société. Et on se dit : oh, comme ils sont bizarres. Quelles lourdeurs, les pauvres, ils ne sont pas encore libérés de tous ces rituels supersticieux !

 

Nos sociétés dites avancées sont faites des mêmes obligations sociales, des mêmes rejets contre ceux qui ne s'y plient pas. La seule différence, c'est qu'on se croit intelligent.

 

mardi, 28 août 2007

MA PAYSANNE QUI SAIT LIRE

Etant plus jeune, j'ai exercé le métier de vendeur ambulant. J'allais de porte en porte proposer ma marchandise dans les villages.

Avec le temps, je connaissais bien mes clients et il m'arrivait d'avoir de ces conversations "approfondies" qui sortent de l'ordinaire "Ah ben, y fait beau aujourd'hui !"

J'avais une vieille cliente d'un âge avancé, édentée, et qui toute sa vie avait vécu à la campagne. Elle m'a parlé de sa jeunesse et des lectures qu'elle faisait secrètement dans un grenier (dans certaines familles la lecture était un acte de fainéantise).

 

Elle lisait la bible ! "Mais oui mon brave monsieur, il y a longtemps que j'ai lu la bible"

Elle avait parfaitement compris l'oeuvre de Jésus et je comprenais mieux la particularité que j'avais remarquée chez cette dame. Ses yeux étaient pétillants de gaieté.

En parlant avec elle, je me suis rendu compte qu'elle ne mettait jamais les pieds dans une église. Elle cultivait secrètement en elle le message de l'évangile...

Débarrassée des oripeaux de la religion, en rase campagne...Certes, elle ne faisait pas de longs discours, mais elle faisait  depuis longtemps la différence entre conscience et superstition, entre individu et puissance religieuse. 

 

vendredi, 17 août 2007

C'est notre héritage

Hier soir, j’assistais à un concert donné dans le cadre d’une académie musicale par un groupe de jeunes venus de tous les continents.

 

Ce spectacle s’est déroulé dans une petite église, représentative de l’impact de la religion catholique en France. Peu importe le mot catholique, c’est la religion, son symbolisme, son rôle dans l’histoire du développement politique et social qui m’intéresse.

 

Sur fond musical, Bizet, Bartók et d’autres, mon esprit s’est évadé. Je me voyais assis dans un endroit relativement confiné, en compagnie d’une cinquantaine de musiciens et de quelques centaines d’auditeurs.

Au-dessus de moi, la voute d’une église sans attrait architectural. Je m’interrogeais sur la longue suite d’évènements politiques, culturels, sociaux, qui menaient à cet instant précis.

 

La musique que j’entendais avait été composée il y a plusieurs dizaines d’années, elle-même héritée de savoir plus lointains. Les jeunes interprètes étaient enseignés par d’autres artistes, qui eux-mêmes faisaient référence à leurs prestigieux ainés, dont ils tiraient leur légitimité d’aujourd’hui.

 

Le bâtiment dans lequel nous avions pris place s’inscrivait lui aussi dans une histoire. Tous les objets religieux que nous voyions étaient chargés de signification. L’autel, les statues, les séraphins, les chandeliers, les tableaux du chemin de croix, le confessionnal, le baptistère. Tout cela a été construit et voulu par des hommes, pour structurer la vie sociale et politique.

 

Dans ce lieu ce sont succédées et réunies plusieurs générations de familles, dans ce lieu chargé de symbolisme, les hommes et les femmes sont passés pour donner du sens à leur existence, ou pour satisfaire aux exigences d’une société qui s’est trouvée ses codes d’intégration sociale.

 

La religion a rempli sa fonction, mais comme tout cela paraissait dérisoire au regard du temps, court et futile, qui nous est imparti. La civilisation n’est qu’une suite d’héritages qui se transmettent de génération en génération. Ce dont nous jouissons aujourd’hui, serait-ce un concert musical, est le fruit de la lente élévation d’un domaine d’expression et de connaissance transmis et patiemment amélioré au fil des ans. C’est ce qu’on appelle culture.

lundi, 06 août 2007

Il a dépouillé les dominations et les autorités

 Colossiens 2-15  

 

La relation à Dieu ne peut pas être déléguée.

 

Les puissances dominatrices s’opposent ou cherchent à s’opposer à la relation personnelle d’un Homme (homme ou femme) avec son Dieu. Ce combat contre les puissances dominatrices doit être mené avec la plus grande vigilance.

 

Qui est puissant ?

 


Les puissances dominatrices facilement identifiables sont :

-          un régime politique totalitaire,

-          un système économique et social injuste,

-          une relation de voisinage oppressante,

-          une situation familiale clairement tronquée (exemple relation extraconjugale clairement connue, violence conjugale avérée).

 

Les puissances dominatrices difficilement repérables :

-          une relation parents-enfants décalée (exemple : l’abus d’autorité, le chantage affectif, etc.),

-          un supérieur hiérarchique au travail qui vous dévalorise et vous fait croire que vous êtes incompétent,

-          une relation de couple mensongère,

-          la manipulation religieuse, forme la plus profonde et la plus dangereuse de la perversité.

 

Marie, la mère de Jésus, (évangile de Luc : 1-52) parle des puissances renversées de leurs trônes. L’apôtre Paul développe le même thème (1 Corinthiens 15-24). Jésus, le Christ, remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.

 

De quelles puissances et de quelles dominations parlent Marie et Paul dans ces textes ?


La Pâque est une institution juive qui remonte à l’époque où le petit peuple d’Israël était sous la domination de l’Egypte.

 

Livre de l’Exode Chapitre 1 :

«  Le roi d’Egypte dit à son peuple : Voilà les enfants d’Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons, montrons-nous habile à son égard !... »

« Les Egyptiens réduisirent les enfants d’Israël à une dure servitude. Ils leur rendirent la vie amère par de rudes travaux en argile et en briques, et par tous les ouvrages des champs ; et c’était avec cruauté qu’ils leur imposaient toutes ces charges».

 

Chapitre 2, verset 23 : « Les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion ».

 

Israël se trouve donc sous la domination de l’Egypte. Cette domination devient insupportable et de plus en plus dure. Il faut comprendre les causes de cet asservissement d’Israël. Un rapport de puissance est né entre l’Egypte et Israël. Il nous est rapporté qu’Israël devient nombreux et puissant et l’Egypte prend peur.

 

Le combat vers la liberté et l’autonomie de la conscience  est un combat dangereux pour ceux qui sont habitués à dominer. Dès que vous allez engager la démarche d’autonomie, il va y avoir un combat, le dominant va tout faire pour vous barrer le chemin de la liberté.

 

S’il s’agit d’un parent, il pourra utiliser le chantage affectif par exemple.

 

Dans une entreprise, ce pourra être le harcèlement moral, le chantage à l’emploi, la remise en cause de vos compétences.

 

On peut chercher dans notre environnement immédiat de vie toutes les manifestations des puissances qui veulent s’opposer à une libre marche vers Dieu. Ces manifestations de puissance sont nombreuses : par exemple la moquerie ; et toute forme de perversité que Dieu appelle tout simplement le péché.

 

Il nous est rapporté que Dieu entend nos cris, qu’il voit notre souffrance et qu’il veut nous libérer.

C’est ce qu’il fait à l’occasion de l’institution de la Pâque avec Israël. Il frappe tous les premiers nés d’Egypte.

 

Pourquoi Dieu frappe t-il les premiers nés d’Egypte. Qu’est ce que cela signifie ? En frappant, Dieu désigne les coupables, il s’agit d’un jugement.

 

Nous-mêmes sommes appelés à désigner la puissance dominatrice, à la démasquer. Il ne s’agit pas bien entendu de tomber dans les excès en frappant physiquement quelqu’un. Il s’agit de faire un travail de vérité et de prise de conscience.

 

Si quelqu’un souffre lorsqu’il pense à son père ou à sa mère, par exemple, il peut se dire qu’il est un enfant rebelle, qu’il n’aime pas son parent ; il se culpabilise et souffre de son mal, de plus en plus fort, comme Israël souffrait de plus en plus de l’oppression subie chez les égyptiens.

 

Ou alors, la personne souffrante peut chercher la cause de sa souffrance et démasquer par exemple un parent pervers, ou dominateur ou maître dans le chantage affectif. Faire monter et désigner en conscience le mal qui est cause de la souffrance, c’est se préparer à guérir. Comment guérir ? Par exemple en ne cédant plus au chantage affectif, en résistant aux pressions affectives ou culpabilisatrices.

 

Il ne s’agit pas de se rebeller en accusant le parent oppresseur ou le frère oppresseur ou la sœur, il s’agit de bien identifier pour soi le mal et de modifier son comportement en ne l’acceptant plus.

 

On voit que cette activité est « subversive », elle va mener au conflit, car le puissant va accentuer la pression, comme l’Egypte a poursuivi Israël dans le désert. Mais la mer rouge s’ouvrira pour celui qui se sera engagé sur le chemin de la liberté.

 

On peut avoir la même attitude dans son travail en cas de harcèlement moral. Par exemple, un supérieur ou un collègue peut systématiquement vouloir vous détruire parce que justement vous êtes compétent. Vous êtes perçu comme un rival dangereux à la manière dont le peuple égyptien craignait Israël qui devenait nombreux et puissant. Dans ce cas, l’oppression se met en marche pour vous asservir, vous avilir et finalement vous détruire. 

 

Il faut démasquer ce système dominateur, puis y résister.

 

La forme la plus aboutie de la perversion et de la tyrannie des puissants émane des systèmes religieux. Ils sont en effet les mieux à même de maintenir l’Homme dans la dépendance et la crainte, en s’opposant par un système intermédiaire clérical à la vraie liberté des Hommes devant Dieu.

 

L’apôtre Paul dans son épitre aux Thessaloniciens parle du mystère de l’iniquité qui agit déjà (chapitre 2, verset 7).  La perversion sera à son comble lorsque dans l’histoire de l’humanité se manifestera celui qui incarnera l’esprit de domination et de puissance, qui s’élèvera au dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore, se proclamant lui-même Dieu.

 

Les systèmes religieux sont en réalité des moyens très aboutis permettant de dominer sur la conscience de chacun.

samedi, 04 août 2007

Il renverse les puissants de leur trône

Un des domaines où la domination des puissants s'exerce avec le plus de perversité est le domaine de la religion. Le pouvoir et l'autorité que donne un titre de représentant de Dieu est fabuleux. Depuis toujours, les puissants se déguisent en anges de lumière. Ils manipulent les consciences pour attirer dans leurs églises, leurs temples, leurs cercles, leurs communautés, mais pour leur propre profit. L'apôtre Pierre décrit ces hommes. "Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses" II Pierre 2-3.

Marie, la mère de Jésus, a prononcé ces paroles : Il renverse les puissants de leur trône (Luc 1-52).

L'apôtre Paul (colossiens 2-15) reprend le même thème. Jésus a dépouillé les dominations et les autorités en triomphant d'elles par la croix.

Par ailleurs, Dieu est appelé le Tout-puissant. (Marie encore, Luc1-49).

Quelles sont ces puissances et autorités dont il faut triompher et pourquoi Jésus a dû vaincre les puissants et les dominateurs ?

La force de la bonne nouvelle de Jésus s'oppose aux puissances dominatrices. En effet, nous sommes libres devant Dieu, nul n'est besoin d'intermédiaire, de système ecclésial. C'est cette liberté que combattent les puissants religieux par toutes sortes de ruses. Ils agitent le spectre de la condamnation ou bien ils vous bercent d'un sentimentalisme béat, ils se drappent de dignité. Divisés entre eux, ils sont en compétition pour baptiser, oubliant que l'apôtre Paul lui-même ne baptisait pas, ou très rarement, comme pour se prémunir lui-même de ce danger de devenir un puissant. 

L'appartenance au système a remplacé la foi, l'église devient la sécurité convenue, le certificat de baptême une assurance.

Ekklesia est un mot grec utilisé pour désigner l'assemblée des citoyens. Ce mot est utilisé dans le nouveau testament pour désigner l'assemblée des croyants. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet en considération des caricatures qui se veulent aujourd'hui l'expression et la reproduction à l'identique de ce que certains appellent le modèle néo-testamentaire, l'Eglise néo-testamentaire.

 

Les Eglises sont devenues des systèmes cléricaux, chacune avec ses particularités. Certaines sont fières de s'arroger le titre d'églises néo-testamentaires. Mais en réalité, toutes sont perverties par un esprit de puissance et d'orgueil, toutes prétendument dans la vérité. Mais toutes également amenant par la contrainte morale (qui remplace la contrainte physique historique de notre occident "chrétien") les croyants dans leur système temporel d'asservissement à la religion. Cette puissance d'asservissement est phénoménale, elle s'attaque directement à la liberté de la conscience en usant de tous les stratagèmes, y compris par utilisation et interprétation des textes bibliques, pour soumettre ceux qui entrent dans une démarche de foi.


Il renverse les puissants de leur trône !