dimanche, 13 janvier 2008

POURQUOI LA SOUFFRANCE ?

On pense communément que si Dieu existait, il n'y aurait pas de souffrance. La souffrance est révélatrice, elle indique que quelque chose ne va pas. En matière relationnelle, les souffrances viennent des incompréhensions, mensonges, pressions, chantages.. Replaçons nos difficultés relationnelles dans la binarité vécue de la conscience : accusation - défense, c'est à dire que sans cesse notre conscience est habitée de sentiments de culpabilité et de désirs de justification, d'où par exemple les accusations qu'on se lance à la figure lorsque quelque chose ne va pas. C'est ta faute, je ne l'ai pas fait exprès ! Si ça continue ça ira mal (menace pour soumettre), je t'en prie ne me laisse pas (soumission qui renforce le pouvoir du pervers) etc... Lorsque Jésus a résisté sur terre aux pressions, chantages, manipulations, il a coupé le lien psychologique établit entre le pervers et la victime. Il ne s'est jamais positionné ni dans l'attitude de victime (l'attitude du faible qui se soumet), ni dans l'attitude du pervers (celui qui se défend en accusant). C'est pourquoi dans les églises évangéliques on chante benoitement, un sourire angélique au lèvres, "il n'y a plus de forts, ni de faibles. Quand je suis fort, c'est alors que je suis faible !" Pourquoi chantez-vous cela ? Le lien pervers/victime que nous entretenons dans nos relations mutuelles, nous le vivons en permanence entre Dieu et nous, entre nous et notre conscience. Qui ne fait pas du chantage affectif, qui ne s'infantilise pas lui-même à un moment ou à un autre ? sans réussite bien entendu, car en conscience, ce type de démarche mène à l'impasse. Qui ne se révolte alors pour obtenir par force, rebellion, ce que nous souhaitons obtenir, sans plus de succès. Il a résisté...et il résiste encore patiemment, jusqu'à mourir si nécessaire, jusqu'au sang, si nécessaire, mais il ne cède pas. Il rompt le lien de dépendance perverse, pour libérer. Il a résisté. L'épître aux Romains en parle très clairement, mais s'aventurer sur ce difficile chemin fait peur. Tu peux sortir de ta souffrance morale...Dans ce contexte, peux-tu encore te complaire dans la culpabilité qui te fait souffrir, et que vas tu faire de la révolte dans laquelle tu te détruis. En conscience dans le seul à seul avec toi-même tu peux t'engager sur le chemin étroit de la liberté. C'est pourquoi, comprenant la liberté (par rapport au lien de perversion), cette possibilité ouverte d'une nouvelle vie grâce à l'acte de résistance réalisé par Jésus pour tout homme, maintenant tu peux travailler à guérir des problèmes relationnels que tu vis autour de toi, dans ta famille, à l'école, au travail, dans ton église où tu retrouves les mêmes problèmes malgré les accolades et les appellations frère-soeur, malgré les claques dans le dos et les saints baisers. Ma souffrance m'amène à penser qu'il y a en Lui la délivrance.

samedi, 18 août 2007

Missionnaire, es-tu prêt ?

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Un de ces couples américains est arrivé un jour dans l’église. Manifestement, un accord, un « deal » avait été passé entre ce couple missionnaire et le pasteur, sans que l’Eglise en soit clairement informée, ni même le conseil. De temps en temps on les voyait venir à la tribune pour chanter, faire une petite animation et peu à peu ils prenaient de l’assurance. J’ai pensé à partir d’un certain temps que ce couple avait besoin de reconnaissance. C’est un sentiment normal, humain, surtout quand vous « travaillez » à plein temps pour le Seigneur, c'est-à-dire un ou deux dimanches par mois de dix heures à midi. Je m’imaginais le reste du temps ce couple passer des journées entières à genou et prier pour le salut des âmes. Que pouvaient-ils faire d’autres ?

 

Il était d’usage dans cette église de faire des appels lors des prédications. Les personnes présentes manifestaient à cette occasion leurs besoins spirituels en s’avançant, puis on leur imposait les mains en priant.

 

Notre couple missionnaire était donc dans le questionnement, le besoin de reconnaissance. La justification de leur ministère commençait à pâtir à leurs propres yeux d’une absence de résultat. (J’aurai peut-être un jour l’occasion d’écrire sur ce besoin de résultats qui fait partie des rudiments du monde dont un missionnaire ou un pasteur peut rapidement tomber esclave). Il était temps de se prouver à soi-même d’abord puis à l’Eglise toute entière que le Seigneur confirme par ses actions d’éclat, le ministère ainsi confié.

 

Notre couple américain était donc à la tribune pour un chant, puis la dame prend le micro. On la sent hésitante, mais on sent qu’elle va faire quelque chose. Un petit silence s’installe puis elle commence à parler : « Le Seigneur est venu pour nous délivrer, beaucoup de personnes souffrent d’une enfance blessée, certains ont souffert et ne sont pas encore guéris du mal que leur père ou leur mère leur a fait. Oh Seigneur ! Je te prie pour toutes ces personnes, Seigneur ! Délivre-les ». Toute l’assemblée est en prière, l’émotion gagne peu à peu, nul doute, le Saint-Esprit agit. La dame reprend, un regard d’angoisse dans les yeux (j’observais le « manège » et croyez-moi, je n’en ai pas cru mes yeux que je n’avais pas baissés pour regarder mes chaussures) : « Si quelqu’un souffre et veut être délivré, qu’il s’avance ou qu’il lève la main et je prierai pour eux ! ».

 

La phrase était lâchée. On sentait que la femme désirait ardemment que beaucoup manifestent leur besoin de délivrance, car pour une première, ça ne pouvait pas être un flop. J’observais toujours. « Oh, Seigneur, délivre les âmes de leurs chaînes, viens guérir les cœurs malades. N’ayez pas peur, approchez pour recevoir la bénédiction ». Une main se lève, puis rapidement, plusieurs personnes quittent leur rang pour s’avancer sur le devant vers la dame. Instantanément, je vois notre missionnaire chargée du fardeau des âmes pousser malgré elle un soupir de soulagement et regarder son mari comme pour dire : « ça marche ! ». Bien sûr, nous avons assisté à une jolie séance de prières. Des personnes pleuraient, sanglotaient ; on avait réveillé en elles de vraies blessures. Mais de délivrance, de guérison, nenni…car chaque semaine pendant plusieurs années, j’ai vu quasiment sans cesse les mêmes personnes s’avancer pour crier leur souffrance et recevoir la foudre délivrante du ciel par l’imposition des mains.

 

Comme le Seigneur avait joliment confirmé le ministère de ce couple sympathique ! Mais savez-vous ? Mettez cent personnes dans une salle, dans un contexte religieux, c'est-à-dire en situation d’ouverture du cœur, propice au réveil de toutes les émotions profondes. Chantez, priez, faites vibrer les âmes et lancez un appel comme celui que j’ai décrit, et invariablement vous verrez des personnes s’avancer. Oui, ça marche ! Parce que les souffrances existent et qu’elles sont tellement graves que la responsabilité de chacun dans l’Eglise c’est d’y répondre clairement et non par des artifices destinés à satisfaire le besoin d’autorité « spirituelle » de quelques uns.

 

Les souffrances subies dans l’enfance provoquent invariablement des dysfonctionnements chez la personne concernée. Plus les faits subis sont graves et plus les personnes sont perturbées et affichent aux yeux de la société une vie déréglée. Ce que les religions ne manqueront pas de nommer « péché » : alcoolisme, adultère, colère, vices en tous genres, pauvreté, errance pour les plus touchés.

 

Alors, face à ces dérèglements visibles, les Eglises, qui se sentent le lourd fardeau de sauver les malheureux perdus, répondent de deux façons qui sont à l’opposé du message de l’évangile tel que je l’ai lu dans l’épître aux Romains.

 

Pour répondre à la lourde souffrance de la conscience blessée, vous rencontrez :

 

1 - d’une part les églises qui agissent comme celle de notre couple missionnaire américain. On ne culpabilise pas le souffrant, on lui promet la guérison, et en promettant, on espère soi-même que le Seigneur va agir de façon miraculeuse, évidente et que les problèmes vont être réglés de manière éclatante et indiscutable.

 

2 – d’autre part, les églises qui elles sont sérieuses, rationnelles, qui ne se laissent pas atteindre par les émotions trompeuses ; ces églises après vous avoir enseigné le salut par grâce, vous avoir baptisé, s’attellent à la lourde tâche de vous faire rentrer dans le rang. Obéissez au Seigneur et à ses commandements maintenant que vous êtes sauvés ! Ne bois pas, ne drague pas, ne fume pas, ne, ne… Ces églises n’ont d’autre solution que vous replacer sous la dure rigueur de la loi. Or, que dit Paul au Romains, la loi ne sert de rien. Ces églises cherchent à s’améliorer par les œuvres. La foi sous la loi !

 

Les églises parviennent par ces moyens à organiser un semblant d’ordre. Certaines situations en apparence peuvent se rétablir. Mais vous voyez des gens, tristes, souffrants et n’osant l’avouer, attelés à paraître bon chrétien et à sauver les apparences. Un jour quelqu’un pète un plomb et on s’étonne, un autre s’en va…

 

Ainsi, on peut imposer les mains, invoquer le ciel et promettre et vouloir la délivrance, ou on peut rationnaliser, parquer, culpabiliser et contraindre : PAS DE LIBERTE !

 

Les églises vivent des échecs retentissants, car après avoir réveillé une grande soif, une promesse de grâce et de délivrance, les personnes souffrantes le sont toujours après plusieurs mois, voire plusieurs années. Pourquoi ?

 

Le principal problème que rencontre la personne, qui que nous soyons, c’est l’autonomie de la marche devant Dieu.

Chacun cherche le Père, pouvoir être consolé et guérir de blessures, être aimé, rassurés, sauvés pour employer le langage religieux. C’est à se niveau que se situe la pratique de la foi. Ce sont des besoins profonds de sécurité, d’amour qui sont contenus au plus profond de nos âmes. Ils prouvent si nécessaire notre attachement à Dieu.

 

Or, alors que les Eglises devraient être un lieu d'encouragement de l’Adam et Eve à une rencontre, à une relation personnelle avec le Père céleste, notre Père, elles apportent des réponses tronquées. Elles répondent en s'attribuant une responsabilité à être intermédiaire entre l’Adam et Eve et Notre Père. Ce qui est la plaie de tous les systèmes religieux. Au lieu de conduire la personne à une relation intime avec Le Père par la foi, les religions vous conduisent vers un directeur de conscience, un pasteur qui saura prier pour vous, une église qui vous imposera les mains, un autre qui vous édictera les normes à respecter.

 

samedi, 26 mai 2007

Faut-il mourir ?

La souffrance morale peut être tellement forte que le suicide peut être envisagé comme une solution. Certains malheureusement passent à l’acte.

Le sentiment d’être dans une impasse, de ne pas voir de porte de sortie, l’impression que tout est fichu, que la vie ne vaut pas le coup, qu’on souffre trop, peuvent susciter en nous le désir d’en finir.

 

En finir signifie souvent pour la plupart, « en finir avec la souffrance », par forcément avec la vie, mais comme la résolution des souffrances tarde ou semble impossible, on peut être tenté d’en finir avec la vie, pour abréger les souffrances.

 

Dans la souffrance, on se sent seul. Ce n’est pas forcément le cas, mais on le ressent ainsi.

 

En réalité, le message d’espoir de la bible enseigne que toute situation d’impasse peut être surmontée, que la vie est possible, un retour à la vie possible.

 

« Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance … » Cette parole merveilleuse se trouve dans le livre du prophète Jérémie ch.29 v.11.

 

Nous entrons ici dans une dimension nouvelle. Nous ne sommes pas seuls, Dieu voit nos souffrances. Il a encore et encore des projets d’avenir pour chacun.

 

Il se peut que nous ayons le sentiment d’être à bout de forces, et pourtant toutes nos forces doivent être mises en œuvre pour chercher…et trouver. « Vous me chercherez, et vous me trouverez ». Jérémie 29 : 13.

 

Nous pouvons vivre une Pâque. Nous pouvons, non pas mourir physiquement, mais, dit la bible, mourir à notre vieille nature, abandonner ce qui nous pèse ; cette mort à nous-mêmes mène à la vraie vie.

 

Si nous sommes désespérés, faisons ce retour sur nous-mêmes :

 

-          osons ce défi d’abandonner les fausses sécurités que nous avons érigées comme des remparts qui se lézardent, et sur ce chemin, nous verrons Dieu agir et nous mener sur un chemin de vie,

-          osons sortir des prisons que peut représenter une enfance maltraitée,

-          osons affronter et résister à la perversité des oppresseurs,

-          osons nous regarder comme Dieu nous voit lui-même : TU AS DU PRIX ET JE T’AIME  dit l’Eternel.

vendredi, 25 mai 2007

UN PASSAGE VERS LA VIE, UNE VIE APRES LA MORT

Jésus dit : « Je suis la vie ». Il puise à cet effet des leçons tirées de la nature. « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il ne porte pas de fruit ». Jean 12 : 24.

L’apôtre Paul, voulant expliquer, ou faire comprendre au mieux l’appartenance de l’Eglise au corps du Christ…, parle de l’exemple de l’union de l’homme et de la femme : les deux deviendront une seule chair. Ephésiens 5 : 32. Or, c’est par une union physique des deux corps homme et femme que naît la vie.

Ainsi deux exemples tirés de la nature, deux processus, deux « dynamiques », sont porteurs de vie.

Le premier concerne la Pâque. Le peuple Hébreux est sorti de l’esclavage de l’Egypte après avoir sacrifié l’agneau et porté « le sang sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera ». Exode 12 : 7.

L’Eternel Dieu délivre Son peuple, Israël, lui redonne la vie en tant que nation, par le processus de la Pâque. Le passage par la mort selon Dieu, appelle invariablement et immanquablement la résurrection.

Or, Dieu ne change pas, il est le même aujourd’hui comme hier, éternellement.

Cette « loi » de Dieu est réaffirmée et même accomplie définitivement pour le rachat de l’humanité toute entière par l’œuvre de Jésus, mort pour nos péchés et ressuscité parce que lui-même n’ayant pas connu le péché, son corps ne pouvait subir la corruption.

Par suite, l’apôtre Paul prêche avec détermination le salut gratuit acquis pour ceux qui se confient dans l’œuvre de Jésus.

Trop facile disent certains : pas si facile que cela ! Car en reconnaissant et en acceptant l’œuvre de Jésus, nous passons par le baptême.

Or quelle est la signification du baptême ?

Je suis plongé dans l’eau, c'est-à-dire je passe par la mort.

Je sors de l’eau : je suis vivant, je vis pour Dieu.

C’est pour cela que l’apôtre Paul dit : regardez-vous comme morts au péché et vivants pour Dieu ! Epître au Romains 6 : 11.

Croire en Jésus, c’est reconnaître la nécessité d’une Pâque pour le rachat de mes péchés, c’est aussi pour soi-même accepter sa propre mort. C’est pour cela qu’une réelle décision personnelle est nécessaire, difficile à prendre car elle implique pour chacun de renoncer aux œuvres mortes, de renoncer à la jouissance que procure le péché.

Le premier acte symbolique institué par Jésus concerne le baptême, ce baptême qui « officialise » la décision de cœur prise par une personne en conscience. Je reconnais l’œuvre de salut réalisée par Jésus, qui se concrétise dans ma vie par le renoncement aux œuvres de péché (je meurs au péché), et par une vie nouvelle cachée en Lui, dans la promesse de la résurrection. On est loin d'un système sacramentel.

Le second acte symbolique concerne la Cène, c'est-à-dire le pain et le vin partagés en souvenir de ce que Jésus a fait, l’acte majeur de sacrifice et de résurrection. Celui qui prend le repas du Seigneur reconnaît la portée inimaginable de Son œuvre, en s’éloignant lui-même du péché.

C’est pour cela que Jésus a dit « Je suis la vie » et nous ne sommes pas passifs dans ce processus de vie. Paul a pu dire : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Eglise » Colossiens 1 : 24. Non pas que l’œuvre de Jésus soit insuffisante, mais Paul en devenant le collaborateur de Jésus dans l’annonce de son message, accepte de passer par la Pâque, car il sait que ses souffrances, ses petites morts quotidiennes, sont le passage obligé qui donne la vie, qui rend vivant le message et permet à d’autres d’entrer dans ce chemin de vie.

 

Le deuxième exemple concerne l’union de l’Eglise et du Christ.

Je développerai ce thème plus tard. Déjà, on comprend la volonté de Dieu « d’utiliser » l’assemblée des croyants pour donner la vie. Il ne s’agit pas de développer un système tentaculaire destiné à concurrencer les puissants de ce monde. Il s’agit d’une relation de vie établie entre personnes nées de l’Esprit de Jésus.

dimanche, 20 mai 2007

Des hommes et des femmes nouveaux

medium_DSCF0133.JPGDans sa puissance, l'espérance ne rend pas confus. Dans sa puissance, nous nous glorifions de l'espérance et nous glorifions des tribulations. Dans sa puissance, nous avons la paix avec Dieu et nous sommes ce que nous ne sommes pas : des hommes nouveaux.

L'épître aux Romains de Karl Barth - Editions Labor et Fides

samedi, 19 mai 2007

Ma vie est remplie de roses

Lorsque je fréquentais l'Eglise, un chant disait ceci : "Ma vie est remplie de roses, c'est un grand jardin fleuri..."

Certains pensent qu'avec Dieu tout va bien se passer... tra la la, ma vie est remplie de roses. et puis paf ! une épine, puis deux.

Alors viennent les questions : pourquoi ?  les révoltes : ce n'est pas juste !

 

Notre vie est jalonnée d'épreuves, de souffrances, qui peuvent parfois être très lourdes à porter, même insupportables.

Comment traversons-nous ces épreuves ?

Souvent avec désespoir, rancoeur, révolte.

C'est un fait, nous vivons dans un monde difficile. Haines, maladies, guerres, deuils, séparations, dépressions, accidents, vieillesse, harcèlement, chômage, humiliations.

Partout autour de nous, des personnes souffrent; nous-mêmes sommes atteints par ces fléaux.

Certains se réfugient dans la religion pensant ou espérant ainsi échapper à ces maux. D'autres par la religion, trouvent une forme de résignation béate : fatalisme, déterminisme, système de castes...On espère un au-delà meilleur.

Mais en réalité, personne n'échappe aux tribulations, à la pénibilité de la vie. Quelques-uns s'en tirent pas trop mal, ils meurent vieux dans un lit sans souffrir. Le rêve pour une fin !

 

Jésus introduit un fait nouveau. Il est ressuscité. Certes, il est passé par les souffrances mais il a vaincu le mal, cause de nos souffrances.

Et la question que je me pose est celle-ci : la résurrection a t-elle un sens pour ma vie sur terre, ou est-ce seulement une espérance pour l'au-delà ?

Beaucoup de personnes comprennent le sens de la mort et de la résurrection de Jésus comme un sacrifice pour nos péchés. Ainsi, ils se repentent, demandent pardon et par la foi, c'est à dire une acceptation intellectuelle et une conviction de coeur, ils reçoivent Jésus et savent ainsi que d'après les Ecritures, ils ont la vie éternelle, ils sont sauvés, ils échapperont au jugement et à l'enfer auquel ils étaient destinés à cause de leurs péchés. Ils sont sauvés une foi pour toute !

Mais des centaines de personnes ayant un jour fait cette première expérience sont devenues des momies, des croyants qui ne connaissent aucune dynamique de victoire dans leur vie quotidienne.

Ils tombent malades et prient, sans réponse...

Ils ont un voisin qui les oppressent, ils prient pour que le voisin déménage.

 Ils prient pour que leur chef au boulot ne les harcèle pas et ils sont de plus en plus écrasés.

Alors on voit ces croyants arriver le dimanche le dos courbé, verser des larmes puis chanter que leur vie est remplie de roses. Ils se forcent à sourire pour une heure, à taper dans les mains, puis ils rentrent chez eux, glonflés à bloc pour continuer à subir leur condition une semaine supplémentaire.

C'est ce que j'appelle la pratique religieuse. 

 

En fait, la résurrection de Jésus et sa victoire sur la mort introduit une dynamique, une manière de vaincre le mal et la mort selon un processus que nous pouvons vivre pour connaître la même victoire sur nos petites morts quotidiennes.

L'épreuve n'est plus une fatalité, c'est une gloire dit Paul. Je me glorifie des afflictions (il ne s'agit pas de les rechercher par exemple en faisant dix kilomètres de chemin de croix à genoux; tout cela n'a rien à voir).

Pourquoi s'en glorifie t-il ? Parce qu'il sait qu'il ne peut pas y échapper à cause du mal qui règne encore sur terre, mais qu'il peut vaincre les maux qui l'atteignent, parce que Jésus est ressuscité.

Comment fait-il ?

Il ne regarde pas le mal comme une fatalité à subir. Il lui résiste tout en la traversant, et supporte patiemment l'épreuve. Il ne sombre ni dans le désespoir, ni ne s'égare dans la révolte. Il lutte patiemment, reconnaissant que le mal et la souffrance, malgré sa foi, l'atteignent encore. Il a la ferme assurance que Dieu va lui ouvrir un chemin de délivrance, un passage, une pâque, une pessah. 

Sa foi devient une arme offensive, il obtient la victoire, parce que Jésus est revenu à la vie. Avec l'épreuve dit la Parole, Dieu prépare le moyen d'en sortir.

Nous aussi devons apprendre à devenir victorieux; plus nous saurons sortir vainqueurs de nos afflictions temporelles, plus notre espérance grandira, et le dernier ennemi qui sera vaincu, c'est la mort. 


jeudi, 17 mai 2007

Pourquoi la souffrance ?

Qui peut dire qu'il ne souffre pas ou n'a jamais souffert ?

La souffrance peut s'étaler dans la rue ou faire l'objet de reportages télévisés.

La souffrance peut également être cachée, insidieuse et  lancinante.

Certains bébés souffrent tant dans leur corps, qu'ils ne pleurent plus, ne manifestent plus. Ils regardent, les yeux vides, et supportent en silence une souffrance qui en réalité est devenue insupportable.

 

Serions-nous de ces nouveaux-nés qui souffrent sans plus manifester ?

ou bien 

Serions-nous témoins aveugles de souffrances autour de nous?

 

Le journal "Le Monde" du 16 mai 2007 relate un fait de société concernant l'homophobie passive. Eric Verdier, psychologue, est cité pour ses études sociologiques concernant le taux anormalement élevé de suicides chez les homosexuels qui s'explique par le "déni de souffrance et non la souffrance elle-même". Pour remédier à cette situation, il a créé dans plusieurs villes des espaces de paroles.
 
Le sous titre de cet article est éloquent : la société est empreinte d'une homophobie passive qui touche les plus fragiles, homos ou hétéros.
 
La société, c'est nous, c'est moi, c'est toi.
 
Quel regard je porte sur l'autre ? L'intransigeance d'un jugement peut faire souffrir énormément.
 
Quel regard je porte sur moi-même ? Suis-je devenu mon proche juge ? L'apôtre Paul a écrit : "Je ne me juge pas non plus moi-même, car je ne me sens coupable de rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis justifié. 1 corinthiens 4 : 4.
 
Jésus pouvait dire publiquement "moi, je ne juge personne" Jean 8 : 15.
 
Imaginons vivre auprès de cette personne. Nous nous sentirions libres. 
 
 
Comparons maintenant, ce que nous voyons autour de nous de la religion. Nous nous sentons immédiatement blessés, jugés.
 
 
Un pasteur de ma connaissance était fier d'un de ses "fidèles". "Il a tellement confiance en moi qu'il fait tout ce que je lui demande" me dit-il un jour. Quelques mois plus tard, ce même "fidèle" était tombé dans le chômage et traversait une période de grave dépression.
 
Le pasteur commença alors à m'expliquer les difficultés de cet homme, à m'en dresser un portrait "psychologique" sans concession. Le pire disait-il, c'est que dans les difficultés "il n'écoute plus ce qu'on lui dit !".
 
Que sait-on d'un homme et des difficultés qu'il traverse ? Le couperet du jugement que l'on fait tomber ne relève personne.
 
Voilà ce que j'appelle une attitude religieuse, c'est exécrable ! Tous les pasteurs ne sont pas comme ça. Ce pasteur n'est pas toujours comme ça et il peut rectifier ces comportements. Personne n'est malheureusement exempt de telle ou telle attitude...Dans ces conditions, veiller devient plus que nécessaire.
 
Doit-on pour autant, par rejet de la religion, éliminer la possibilité d'une relation avec le Dieu qui ne juge pas ? Nous devons absolument faire cet effort de distinction entre le Dieu de la bible et l'image de Dieu que les religions colportent.
 
"Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d'autrui ? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur (Jésus, qui ne juge pas), a le pouvoir de l'affermir". Epître aux Romains 14: 4