mardi, 08 janvier 2008

RESISTER

Résister à toute forme d'oppression est un impératif.

La résistance n'est pas violente, mais elle est ferme. Elle libère l'oppresseur. Oui, vous avez bien lu.

La révolte violente a pour objet la libération de l'oppressé. Face à une injustice subie, on peut se mettre en colère, ou user de violence, et penser être dans son bon droit. Cette attitude peut aller jusqu'à la destruction de l'oppresseur.

La résistance est "dangereuse" pour l'oppressé. En résistant, il coupe à l'oppresseur le plaisir qu'il trouve dans son acte pervers, mais celui-ci peut vouloir faire céder le résistant jusqu'à la mort.

Cependant, l'oppresseur est vaincu, même si l'oppressé meurt, car son acte pervers est sans effet, puisqu'il n'a pas rencontré la victime, c'est à dire qu'il n'a pu la soumettre et l'avilir.

La résistance est donc un acte d'amour envers l'oppresseur, car elle peut amener celui-ci à s'interroger et à convenir de son erreur.

Il y a dans la résistance les germes d'une renaissance.

dimanche, 23 décembre 2007

La femme de Lot

N'allez pas croire messieurs les religieux que j'ai choisi l'exemple de la femme de Lot pour fustiger La femme en général. Il y a dans les récits bibliques des histoires mettant en scène principalement des hommes et d'autres mettant en scène principalement des femmes.

La mienne, ce matin, met en scène une femme : la femme de Lot.

Lot, cousin d'Abraham, vivait dans une contrée riche mais dépravée dans ses moeurs. La violence règnait à tel point, que pour sauver la vie d'un visiteur que les habitant de la ville voulaient sodomiser, il offrit ses filles vierges à ses voisins pour les contenter d'une orgie sexuelle.

Imaginez un peu que nous vivions dans une société comme celle-là. On trouve de ces récits dans la bible !

 La vie, dans cette ville "Sodome", était devenue insupportable. L'insécurité règnait, la violence sous toutes ses formes. Et comme toujours, dans les situations difficiles, ce sont les plus exposés à des situations d'infériorité et de faiblesse, qui deviennent les premières victimes.

Ce ne sont pas les plus faibles qui sont victimes, mais ceux que l'on désigne comme tel. Ainsi, un visiteur étranger, parce qu'il est étranger et visiteur peut être considéré "faible"; une jeune fille, parce qu'elle est femme peut être désignée faible. Puis ceux qui s'assemblent comme forts s'autorisent à toutes sortes de brimades et vexations, jusqu'à la torture parfois.

Dans les sociétés sans contrôle, où des déséquilibres apparaissent, on retrouve à des degrés divers des gens qui oppressent, d'autres qui sont opprimés. ce qu'on a coutume d'appeler des forts et des faibles, des dominants et des dominés.

La classification des profils psychologues en classes de gagnants et perdants, forts et faibles, dominant et dominés, établit une hiérarchisation manichéenne. On loue volontiers le fort, alors que le faible est méprisé. 

Le mépris du faible, nous y sommes...un faible est considéré responsable de sa faiblesse. La victime l'a bien cherché, n'est ce pas ? 

Ainsi, les faibles et les dominés seraient en quelque sorte responsables de leur situation d'infériorité...

Mais voilà, une femme brimée parce qu'elle est femme, un apprenti dans une entreprise méprisé parce qu'il est apprenti, un étranger éconduit dans ses démarches sociales parce qu'il est étranger.

Et que dire d'un juif torturé par un médecin SS, parce qu'il est juif, d'un homme de couleur à qui on refuse la location d'un logement parce qu'il est noir... 

Le comble de la violence serait à mon sens de désigner les victimes comme étant coupables et responsables de leur situation. Le harcèlement moral existe, le viol existe, les brimades existent, à tous les niveaux. 

Les personnes en situation de souffrance morale ont un lourd travail à faire :

- identifier et reconnaître l'état d'oppression dans lequel on les a placées,

- dénoncer l'injustice,

- faire valoir leurs droits,

- faire en sorte que les équilibres soient rétablis.

Que vient faire la femme de Lot dans tout cela ? Rien, j'ai commencé à écrire avec une idée, et voilà ce que ça a donné! 

J'ajoute une dernière petite chose : Un dirigeant républicain peut user de violences morales pour imposer sa politique. Il en a d'autant plus les moyens aujourd'hui, par les médias, par lesquels quelqu'un de bien organisé et d'exercé peut agir.

On assiste dans un petit pays que je crois bien connaître :

- à la culpabilisation des syndicalistes qui, en provocant des grèves, empêcheraient les autres de travailler, 

- à la culpabilisation des salariés qui, en réclamant plus de pouvoir d'achat, refuseraient de travailler plus,

- à la culpabilisation des fonctionnaires qui, notamment des enseignants, grassement payés, seraient des nantis privilégiés.

Je vous laisse poursuivre la liste, étant pour l'heure à cours d'exemple. Cependant, quand les changements annoncés sont mis en oeuvre par le moyen de la manipulation mentale pour :

- renforcer les pouvoirs des plus forts et des riches (le MEDEF est aux anges),

- détruire des droits sociaux acquis de longue lutte (vive la mort des 35 heures et le travail le dimanche),

 - réaliser des coupes budgétaires et affaiblir certains services publics...

 

Un pervers dispose d'une arme redoutable, il oppresse sa victime par la culpabilisation de celle-ci. C'est un mode d'action connu en psychologie, qu'il faut démasquer. 

 Lorsqu'un gouvernement met en oeuvre des systèmes de culpabilsation de groupes sociaux pour imposer une politique de forts contre des faibles désignés, on n'est pas loin de glisser dans le totalitarisme.

Désolé pour mes excès de langage, excessif diront certains. Certes, on ne tombe pas dans la marmitte de l'oppression insupportable du jour au lendemain. On y glisse lentement, par négligence, manque de clairevoyance, mais un jour on se retrouve ficelé, esclave, oppressé.

samedi, 18 août 2007

Croire sur un coup de tête

Supposons que je m'appelle "Foot", qu'on insulte ma famille et que cela provoque en moi une colère soudaine et incontrôlable, que devant des millions de spectateurs, je donne un coup de tête vengeur.

Que s'est-il passé ? Une parole injurieuse a réveillé une blessure qui m'entraîne dans une colère que moi-même je réprouve et dont pourtant je suis incapable de m'affranchir.

Y a t-il une solution pour vaincre la colère que provoque la blessure ?

Oui, à condition que l'image que j'ai de moi soit plus forte que l'injure subie.

 
C'est pour cela qu'il nous faut réfléchir personnellement aux valeurs  mises en avant dans notre vie personnelle.

L'image que tu as de toi-même compte énormément. Comme cette image est déformée, tu souffres.

 
Ta souffrance est en fait le révélateur d'un manque qu'il faut combler. Tu voudrais être aimable et tu ne l'es pas, être aimé et tu ne l'es pas.

Cependant, c'est ici la foi, c'est à dire non pas ce saut dans le vide et l'inconnu, comme on  la décrit trop souvent, mais cette ferme assurance acquise par le regard conscient que je projette sur moi-même. Les aspirations à l'amour, à l'éternité, à la dignité, révèlent la nature de mon humanité. Lorsque ce regard se tourne vers Jésus, son oeuvre, ses paroles, je comprends que cela me rejoint dans mes attentes. Je comprends que je suis aimé, que j'ai de la valeur, que ma mort est vaincue.

vendredi, 17 août 2007

C'est notre héritage

Hier soir, j’assistais à un concert donné dans le cadre d’une académie musicale par un groupe de jeunes venus de tous les continents.

 

Ce spectacle s’est déroulé dans une petite église, représentative de l’impact de la religion catholique en France. Peu importe le mot catholique, c’est la religion, son symbolisme, son rôle dans l’histoire du développement politique et social qui m’intéresse.

 

Sur fond musical, Bizet, Bartók et d’autres, mon esprit s’est évadé. Je me voyais assis dans un endroit relativement confiné, en compagnie d’une cinquantaine de musiciens et de quelques centaines d’auditeurs.

Au-dessus de moi, la voute d’une église sans attrait architectural. Je m’interrogeais sur la longue suite d’évènements politiques, culturels, sociaux, qui menaient à cet instant précis.

 

La musique que j’entendais avait été composée il y a plusieurs dizaines d’années, elle-même héritée de savoir plus lointains. Les jeunes interprètes étaient enseignés par d’autres artistes, qui eux-mêmes faisaient référence à leurs prestigieux ainés, dont ils tiraient leur légitimité d’aujourd’hui.

 

Le bâtiment dans lequel nous avions pris place s’inscrivait lui aussi dans une histoire. Tous les objets religieux que nous voyions étaient chargés de signification. L’autel, les statues, les séraphins, les chandeliers, les tableaux du chemin de croix, le confessionnal, le baptistère. Tout cela a été construit et voulu par des hommes, pour structurer la vie sociale et politique.

 

Dans ce lieu ce sont succédées et réunies plusieurs générations de familles, dans ce lieu chargé de symbolisme, les hommes et les femmes sont passés pour donner du sens à leur existence, ou pour satisfaire aux exigences d’une société qui s’est trouvée ses codes d’intégration sociale.

 

La religion a rempli sa fonction, mais comme tout cela paraissait dérisoire au regard du temps, court et futile, qui nous est imparti. La civilisation n’est qu’une suite d’héritages qui se transmettent de génération en génération. Ce dont nous jouissons aujourd’hui, serait-ce un concert musical, est le fruit de la lente élévation d’un domaine d’expression et de connaissance transmis et patiemment amélioré au fil des ans. C’est ce qu’on appelle culture.

jeudi, 09 août 2007

Des relations humaines nouvelles

Donner la vie, c’est ce qu’il y a de plus beau. C’est pourquoi la plupart des hommes et des femmes souhaitent avoir un ou plusieurs enfants.  D’autres choisissent de donner la vie d’une autre manière, en donnant de leur temps pour une cause ou un idéal. Mais le principe reste le même : donner la vie.

Jésus a souvent utilisé des exemples tirés des lois de la nature pour illustrer et rendre plus compréhensibles ses enseignements.

Il est possible que chacun de nous par ailleurs ait à sa disposition en y réfléchissant les éléments permettant de comprendre certaines lois « de Dieu », ces lois trouvant naturellement leur application dans le domaine spirituel.

N’est ce pas ainsi que les prophètes des temps anciens ont compris le plan de salut de Dieu et développé leur compréhension concernant Jésus-Christ et son œuvre ? Lire par exemple le chapitre 53 du prophète Esaïe.

Ainsi, en observant la mort en terre d’un grain de blé et la naissance d’un épi, on peut comprendre en partie comment Dieu va agir pour relever l’humanité de la mort.

De même, dans l’union physique de deux êtres, de l’unité de deux corps ne faisant plus qu’une seule chair et donnant naissance à une nouvelle vie, on peut comprendre un autre principe qui procure la vie.

Jésus insiste concernant la nécessaire unité « spirituelle » en Lui qu’il souhaite voir se développer dans l’assemblée des croyants. Le relationnel entre deux personnes est en réalité extrêmement important pour Dieu. C’est un des domaines de lieu de « création » de vie essentiel, tel qu’il l’a voulu.

C’est pourquoi il le dit : lorsque deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. Une autre traduction plus forte donne ceci et rend mieux cette pensée d’unité : lorsque deux ou trois sont réunis et intégrés dans ma personne, je suis présent par l’Esprit.

Ce vécu en « Jésus », en étant intégrés, attire nécessairement tout homme aspirant à une relation humaine vraie, dépoussiérée de tout malentendu : une relation qui donne la vie !

mercredi, 08 août 2007

Un chemin de victoire possible

La plus grande difficulté que nous rencontrons dans nos relations humaines, c’est notre incapacité à faire le premier pas vers l’autre. Nous sommes prêts à nous investir dans un projet ou dans une relation, mais à la première difficulté relationnelle nous sombrons : accusations d’un côté, justifications de l’autre et finalement on se retrouve dans l’impasse. Une relation meurt.

 

Pour contourner cette difficulté, le monde s'organise en ordre hiérarchisé. Des hiérarchies s’établissent, plus ou moins souples, pouvant cependant aller jusqu’à la tyrannie. Des soumissions plus ou moins facilent à supporter sont exigées. Ces modes de fonctionnement de la société sont nécessaires pour éviter les désordres incontrôlables qui se manifesteraient inévitablement compte-tenu du mal auquel se livre l'humanité.

Jésus délivre un message saisissant à ce sujet à ceux qui se réclament de son nom : « Il n’en sera pas de même au milieu de vous ! ». Ce que je comprends comme une invitation à renoncer à l'esprit de domination et à la soumission dans les relations fraternelles et dans l'Eglise. La plus belle illustration a été donnée par Jésus la veille de sa mort lorqu'il s'est déshabillé pour laver les pieds de ses amis.

 

Le message est clair, on ne peut pas se prétendre Pasteur, responsable d'Eglise en l'absence d'une réelle aptitude à appliquer ce message, sauf à n'être qu'un perroquet qui parle sans comprendre ce qu'il dit.

 

On ne peut pas non plus se dire chrétien si ce message n'a pas d'impact sur notre capacité à établir des liens relationnels différents, dépouillés d'autoritarisme et de soumission.

 

 

 

Cependant, les Eglises sensées être le lieu de vie de l'Esprit de Jésus, ne savent que reproduire des systèmes hiérachisés et autoritaires, qui, si on étudie bien leurs modes de fonctionnement, ne sont qu'une reproduction à l'identique de ce qui se passe dans le monde profane. Assistez simplement à un conseil d'administration d'église...

 

J'en tire deux conclusions, voire trois.

 

- quel intérêt y a t-il pour le croyant, du point de vue de la foi, à s'inféoder à ces systèmes religeux, si ce n'est en tirer quelques profits mondains et relationnels ?

 

- il ne faut pas s'étonner du rejet des églises par le monde profane, celles-ci n'ayant aucun témoignage de vie, et donc aucune solution au mal à proposer au monde.

 

- ceux qui vivent de la religion devraient s'interroger concernant leur responsabilité, et vite changer de boulot.

 

Ceux qui prêchent la croix sont-ils capables de :

  

  

 1 - Renoncer à l'esprit de puissance.

La volonté de puissance est fortement ancrée en chacun. La violence sous toutes ses formes, y compris la violence morale qui s'établit dans l'Eglise, est un bon moyen pour s’imposer comme puissance à la place du Tout-Puissant.

 

L’insécurité de notre situation, nous conduit à rechercher toutes sortes de sécurités : l’argent notamment, mais pas seulement, procure un sentiment de sécurité, mais à quel prix ! (C'est pourquoi Jésus dit qu'on ne peut aimer Dieu et l'argent).

La dépendance à un système peut procurer également un sentiment provisoire de sécurité (toutes formes d’organisations humaines dont les églises, pouvant aller jusqu’aux sectes délirantes qui captivent des personnes affaiblies par leur quête de sécurité). Dans ces systèmes les responsables sont dépendants du système pour vivre, et les soumis également pour les mêmes raisons.

 

C’est ainsi que se créent les rapports dominants/dominés, ce que d’autres ont appelé « le pervers et son complice ». Une volonté de puissance rencontre un besoin de sécurité. De cette fausse harmonie nait d’une part une suffisance orgueilleuse, d’autre part une soumission humiliante et les deux sont complices d’une situation décalée contraire à une relation équilibrée selon Dieu dans l’amour de soi-même et de son prochain.

 

Il nous faut renoncer à l’esprit de domination soit comme dominant, soit comme dominé. Cela n’est possible que dans un retour à Dieu, en plaçant à nouveau notre confiance en Lui et en sa capacité à satisfaire pleinement nos aspirations les plus profondes et les plus nobles : vivre ce que nous sommes, à savoir créés à Son image et à Sa ressemblance.

 

2 - Faire le premier pas.

Malheureusement, une question délicate nous est posée, quelque soit le niveau auquel nous nous plaçons. Qui fera le premier pas, qui va oser le premier tomber en terre et mourir pour que naisse un magnifique épi ?


Nous portons sur nous-mêmes et sur les autres un regard terrifiant. La méfiance dans les relations peut devenir paralysante voire destructrice.

 

Devant les déceptions à répétitions dans nos relations sociales, nous ne trouvons comme réponse que le repli. Il suffit d’observer la hauteur des murs séparant les propriétés des lotissements ou la hauteur des haies pour se faire une idée de nos craintes. « Chacun chez soi ! » ; ce raisonnement est d’autant plus compréhensible quand pendant une journée de travail, la pénibilité subie n’est pas physique, mais ressort de relations en permanence tendues.

 

Les situations deviennent souvent vite insupportables. Nous subissons tous inévitablement des échecs, malgré nos efforts, malgré notre désir de bien faire, malgré nos aspirations au bonheur.

 

POURQUOI ?

 

3 - Un chemin de victoire

 La Parole nous apprend que le grain de blé ne porte du fruit qu’ à condition qu’il tombe en terre ET qu’il meure ! (Il ne s'agit pas de rechercher la mort physique, mais d'apprendre à donner, à payer de sa personne, en premier).

 

La Parole est claire puisqu’elle énonce : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l’Eternel ».

 

Jésus nous a laissé un exemple. Il nous a montré le chemin de la vie. Nous ne pouvons pas rester à gémir dans notre coin, à pester contre la terre entière. Chacun, à son niveau, à sa place, peut commencer à changer sa manière d'être, selon le modèle qu'il nous a laissé.


Il nous donne l’exemple. Il nous a réconciliés avec Lui en faisant le premier pas. Il montre la voie de la réconciliation avec Lui, avec nous-mêmes et entre nous.

 

C’est pour cela qu’il est le chemin, comme il le dit. Ce chemin, si nous l’empruntons dans le cadre de nos relations sociales à tous niveaux, alors nous comprendrons réellement son message. La vie renaîtra entre nous. Il est revenu à la vie, la mort n’a aucun pouvoir sur Lui !